CHAPITRE U
ins un désir extrème de voir l’accomplissement de la rande prophétie de la Reine du ciel, contenue en ces aroles : £surientes implevit bonis, et divites dimisit inaés: « Il a rassasié ceux qui sont affamés, et il a dépouillé eux qui sontriches.» Qui sont ces affamés ? Ce sontlous $ Saints du ciel, qui sont dans une faim extrême et ans une soif très ardente du salut des àmes. Et qui sont es riches ? Ce sont les démons, qui possèdent une innité de trésors en la terre, c'est-à-dire une infinité lâmes qui ont coûté le très précieux sang d'un Dieu.
0 mon Sauveur, quand sera-ce que ces divines paroles lé votre sacrée Mère seront accomplies ? O très sainte ère de Dieu, quand sera-ce que l'on verra l’accomissement de votre grande prophétie ? Quand sera-ce que les démons seront dépouillés des richesses imnenses qu'ils possèdent en la terre, et qu'ils ont dérobées Lvotre Fils bien-aimé, et à vous par conséquent ? Quand séra-ce que la faim extrème que vos enfants ont du salut des âmes sera rassasiée ? Oh! que toutes les créatures du Giel et de la terre se prosternent avec vous devant le trône de la divine miséricorde, pour obtenir d'elle cette
grande faveur ?.
M Luc, 1, 53.
: M. Cousin a retranché ce passage dans son édition du Bon Con- | fésseur. I] ne croyait pas sans doute que l'interprétation donnée par le P. Eudes aux paroles de la sainte Vierge fût soutenable. Il se refusait à y voir une prophétie. Telle n'est pas notre opinion. Nous pensons que le sens qu'on donne d'ordinaire à ce passage du Magnificat n’en épuise pas la portée, et nous ne voyons pas pourquoi on ‘ne pourrait pas les entendre dans le sens que leur donne le P. Eudes. IL est impossible, d'ailleurs, de ne pas être frappé de la beauté des ISentiments exprimés ici par le Vénérable. Voir notre Introduction au Mémorial de la vie ecclésiastique, p. LXHL. Voir aussi Hérambourg,
Vertus du P. Eudes, p. 306.
SECTION IV
Le grand œuvre des personnes les plus dignes qui soient en la terre, qui sont les Prêtres et les Pasteurs-
A tout ce que j'ai dit ci-dessus pour faire voir l'excellent de l'œuvre dont il est question, j'ajouterai encore que c'est le grand œuvre des personnes les plus dignes, les plus sacrées et les plus relevées qui soient en la terre, c'est-à dire des prêtres et des pasteurs : puisque le sacerdoce nX été établi en la terre que pour ce sujet, et que c'est id la grande et l'unique affaire des pasteurs. Oh ! que lé obligations qu'ont les pasteurs de travailler au salut dé âmes que Dieu leur a commises, sont grandes et formi dables ! C'est une charge qui serait capable de faire plier et trembler les épaules mêmes des Anges : Onus etian angèlicis humeris formidandum . Quelle est l'obligation d'un pasteur ? Il est obligé, quod ægrotum est curare, quod infirmum est consolidare, quod confractum est alligare, quod abjectum est reducere, quod perit quærere, quod pi que el forte est custodire ? : « de guérir ce qui est malade, d fortifier ce qui est faible et infirme, de bander et lier ce qui estrompu, de ramener ce qui a été rejeté, de recher cher ce qui est perdu ou égaré, de conserver ce qui est fort et en bon point. » Pour s'acquitter de ces obligations, ils doivent faire cinq choses principales, qui en contienne plusieurs autres.
! Concil. Trid., sess. 6, cap. 1, De Reform.
? « Quod infirmum fuit non consolidastis, et quod ægrotum no sanastis, quod confractum est non alligastis, et quod abjectum est, non reduxistis, et quod perierat non quæsistis. Ego pascam ovyés. meas, dicit Dominus meus. Quod perierat requiram, et quod abjeetum erat reducam, et quod confractum fuerat alligabo, et quod in firmum fuerat consolidabo, et quod pingue et forte custodiam.» Ezech. XXXIV, 34, 16. Fl