CHAPITRE II
Il doit leur apprendre à connaître leur Dieu et leur Dréateur, à le craindre et à l'aimer, à l’honorer et à obéir } ses divins commandements.
Il doit leur apprendre à connaître leur Sauveur et les mystères principaux qu'il a opérés pour leur salut.
11 doit leur apprendre à connaître leur père et leur mère, Jésus et Marie, et les choses principales qui se sont passées en leur vie. Car c'est une chose bien honteuse \ des enfants de ne savoir pas la vie de leur père et de leur mère.
Il doit leur apprendre à connaitre l'Église, qui est. aussi leur mère, et à connaître les Sacrements de l'Église etses saints Commandements.
Il doit encore leur apprendre à prier Dieu, et à lui rendre leurs devoirs au matin et au soir, en se mettant À genoux pour l’adorer, pour le remercier de tant de biens qu'il leur fait incessamment, pour lui demander pardon de tant d'offenses qu'ils commettent contre lui, pour se donner à lui et pour lui offrir toutes leurs actions, pour se recommander à la bienheureuse Vierge, à leurs bons Anges et à leurs saints Patrons ; puis à dire l'Orai- Son dominicale, la Salutation angélique, le Symbole des Apôtres, et le Confiteor.
. Pour leur apprendre tout ceci, il faut y employer les exhortations, les prônes, les catéchismes en public et en particulier, les instructions dans le confessionnal, et ne les admettre point ni au mariage, ni à nommer des enfants au baptême. qu'ils ne sachentles choses susdites. Noilà la seconde chose que doitfaire un pasteur qui veut satisfaire àson devoir.
| La troisième est de retrancher, autant qu'il le peut, tous les désordres qui sont dans les personnes dont il a la charge. Pour cet effet, il doit, à limitation de saint Charles, connaître toutes ses ouailles, avoir leur nom par écrit, prendre connaissance de leur vie et de leurs mœurs,
s'informer s’il y a des blasphémateurs, des usuriers, des ivrognes, des concubinaires, des discordes; si les diman*
exhortations en publie, les instructions et avertissements en particulier, non pas une fois, ni deux, ni quatre, mi douze seulement, mais cent et mille, s'il en est besoin. sans se lasser ni rebuter jamais : y employer aussi l’auto* rité de ceux qui ont quelque pouvoir, et tous les autres moyens qui peuvent servir à cela.
Outre cela, visiler de fois à autre les petites écoles, pour voir si on enseigne les enfants comme il fau et si on leur apprend le catéchisme, et à bien servit à la sainte Messe, et à prier Dieu le matin et le soir genoux.
Ne souffrir point du tout que les filles aillent à l’école chez des hommes. | Surtout, faire en sorle qu il ne se fasse rien dans les églises, qui soit contraire au respect qui y est dù à la di vine Majesté de Dieu ; qu'on n'y voie point de chiens, n d'enfants courir, crier badiner, tourner le dos à l'aus tel ; ni de pauvres demander l'aumône, mais les obliger de demeurer aux portes des églises selon les décrets des saints Conciles, et exhorler le peuple à faire leurs a mônes en ce lieu là, et non pas dans l'église ; qu'on n# voie point aussi de personnes se promener, Où causer ou en des postures indécentes, mais les exhorter den tendre la sainte Messe, non pas étant perchées sur des bancs ou des chaises, mais les deux genoux en terre, & quelque infirmité ne les en dispense.
Enfin tâcher de retrancher toutes les autres irrévé reuces et profanations des lieux saints, et avoir grand soin d'y conserver toutes choses, spécialement celles qui servent aux autels, dans la nettelé et propreté qui est convenable ; et que le service divin y soit fait avec la ré vérence, modestie et piété avec laquelle on doit parler à,