‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 119 sur 309 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La seconde qualité d’un Confesseur, qui est la puissance judiciaire.

Tous les hommes étant nés enfants d'ire et de maléiction, et portant en eux la racine de toute iniquité, sont apables de commettre toutes sortes de péchés ; mais jus les hommes et tous les Anges n’ont pas le pouvoir ‘eux-mêmes d'effacer le moindre péché. Celui qui se récipite dans le péché, se plonge dans un goufire effoyable de malheurs et de malédictions, duquel non seu- “ment il ne pourra jamais sortir par soi-même, quelques forts qu'il fasse ; mais quand toutes les puissances du el, de la terre et de tout l’univers emploieraient toutes turs forces pour l’en tirer, elles n’en viendraient jamais à but. Il n'y a que le bras tout-puissant d'un Dieu qui Mpuisse faire. De là vient que l'Église parlant à Dieu, Ans une prière qu'elle lui fait, dit qu'il n’y à rien en

oi sa toute-puissance paraisse tant, qu'en pardonnant effaçcant nos péchés : Omnipotentiam tuam parcendo laxime, et miserando manifestas.

De sorte que la destruction du péché est un effet qui appartient qu'à la puissance infinie d'un Dieu. Mais le re des miséricordes a tant de bonté pour les misébles hommes, quoiqu'ils en soient infiniment indignes, il a voulu en choisir quelques-uns d’entre eux auxiels il a communiqué sa divine puissance, afin qu'ils issent détruire le péché dans les âmes des pécheurs. 1 s'était réservé à lui seul immédiatement l'abolition nos crimes, qui serait le criminel qui, après s'être volté contre son Créateur, oserait se présenter devant face d'une Majesté si redoutable, pour obtenir la réssion de ses rébellions ? S'il avait donné ce pouvoir

aux Anges, comme ce sont des Esprits célestes, d' nature beaucoup plus relevée que la nôtre, avec lesquel nous n'avons point de commerce sensible et visible, qui ne connaissent point par expérience la misère dek fragilité humaine, leur accès nous serait encore difficile et trop formidable,

Voilà pourquoi la bonté incomparable de ce Père 1 u aimable l'a obligé de choisir des hommes entre Me hommes, fragiles et pécheurs comme les autres honme qu'il a revêtus de sa puissance et qu'il a associés avec lu pour faire mourir avec lui le péché dans les âmes. Qu sont ces hommes, que Dieu a tant honorés, que del rendre participants de sa divine puissance, et de leu donner un pouvoir qu'il n’a pas donné ni à aucun de princes et des monarques de la terre, ni à aucun d Anges et des Archanges du ciel, ni à pas un de tousle Patriarches et de tous les Prophètes de l'ancienne H non pas même à Moïse, ni au grand-prêtre Aaron, Élie, ni à saint Jean-Baptiste ? Ce sont les prêtres Nouveau Testament, qu’il a ainsi relevés par-dessus les hommes et tousles Anges, et auxquels il donne a puissance si admirable, lorsqu'il leur dit, par la boul des Évêques qui les ordonnent : Accipile Spiritum sam tum : quorum remiserilis peccala, remittuntur eis, et qu rum relinuerilis, retenta sunt'. .

Mais remarquez qu'il y a deux sortes de puissance première est la puissance de l'ordre, qui est donnée tous les prêtres lorsque, après avoir reçu le sacremte de l'Ordre sacerdotal, l'Évêque leur dit les paroles dites : Accipite, etc. La seconde est la puissance ju ciaire, qui s'exerce actuellement, dans le jugement € se fait au tribunal de la Pénitence. La puissance de Pot

est comme suspendue et arrêtée dans ceux qui l’ontr

Joan. XX, 22,23.

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