CHAPITRE IV
La troisième qualité d'un Confesseur, qui est la science.
“C'est une vérité très constante, que le confesseur qui la pas la science nécessaire pour-bien exercer son miistère est très coupable devant Dieu, en état de perdion, et incapable d'absolution jusqu’à ce qu'il ait quitté et exercice, ou qu'il ait acquis la capacité qu'il doit woir.
Qu'est-ce qu'un homme qui se mêle de pratiquer la nédecine et d’ordonner des remèdes à toutes sortes de naladies, n'ayant point la science requise ? Ce n'est pas in médecin, c'est un meurtrier qui tue plus de maades qu'il n'en guérit. Jugez de là ce que c’est qu'un rêtre qui s’ingère de faire des actions de médeciu des imes, et qui est plus capable de les faire mourir par son
nmorance que de les guérir.
MNest-il pas vrai qu'un homme qui fait l'office de juge ans avoir les connaissances convenables à cette profesfon, ignorant les lois et les coutumes, est tout à fait conmnable devant Dieu et devant les hommes ? Combien vantage un prêtre qui exerce le jugement de Dieu
w tribunal de la Pénitence, sans avoir étudié raison-
äblement la doctrine de la morale chrétienne, est-il ffiminel devant sa divine Majesté ! Car il est imposfible qu'il ne fasse une infinilé de fautes, qui vont à
ruine des âmes. Il met du péché là où il n’y en a point; ét il n’en met pas là où il y en a. Il oblige à restituer, | 6 on n'y est pas obligé ; et il n’y oblige pas, quand
n y est obligé. Il refuse l’absolution à ceux à qui
AL la faut donner ; et il la donne à ceux à qui il la faut lefuser. Enfin il tombe en mille précipices, et y fait tom-
ber les âmes qu’il en devrait retirer, selon ces parol du Fils de Dieu: Si un aveugle conduit un autre aveugi lous deux tombent dans la fosse}.
La science est dorc absolument nécessaire à un co fesseur. C'est la troisième qualité qu'il doit avoir.
Mais en quoi consiste celte science ? Qu'est-ce qu'il obligé de savoir ? Huit choses principales. | 4. Il doit savoir l'étendue de sa juridiction, et quel sont les cas réservés au Pape et à l'Évêque, afin dem passer pas les bornes de sa puissance, et de ne donne pas des absolutions qu'il n’a pas le pouvoir de donner: 2. Il doit savoir quelle est la matière et la forme dus crement de Pénitence, et quelles sont les choses qui peuvent rendre valide ou invalide.
3. Il doit savoir les péchés qui se peuvent commeth contre les commandements de Dieu et de l'Église ; cé qui sont compris dans les sept péchés capitaux ; c@ qui règnent davantage dans le pays où il est; et spéel lement ceux qui obligent à restitution.
4. IL doit savoir discerner entre la lèpre et la lèpre c'est-à-dire entre le péché et le péché ; entre le péel mortel et le péché véniel ; et connaître les circonstan@ qui aggravent notablement le péché, et qui le f changer d'espèce. Il n'est pas obligé néanmoins de porte un jugement déterminé sur chaque péché qu'il enten en confession, jugeant qu'il est mortel ou véniel. Il suff qu'il sache en général ce qui de sa nature est mortel véniel.
5. Il doit savoir du moins les plus ordinaires des cé sures et des irrégularités.
6. Il doit savoir les empêchements qui rendent 1e 1h ne invalide, et qui seront marqués vers la fin de ce liw 7. Il doit savoir ce qu'il faut dire aux pénitents, p ; ea *
l« Cæcus autem si cæco ducatum præstet, ambo in fow cadunt. » Matth., XV, 14.
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