‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 126 sur 309 · CHAPITRE V A · texte numérisé non relu

CHAPITRE V A

chants, sans aucune acception ni préférence, excepté és malades et incommodés, des nourrices et femmes nceintes, des serviteurs et servantes qui ne peuvent ftendre, et de ceux qui viennent de loin ; le tout néannoins avec grande discrétion, se gardant bien d’offenser Jersonne, mais le faisant trouver bon aux autres, en leur donnant à entendre doucement les raisons pour lesquelles on le fait.

Ne prendre point d'argent de personne, ni autre chose, parce qu'ilen procède plusieurs mauvais effets!. Cela est cause que les pauvres ne viennent pas si facilement à la confession. Cela affaiblit beaucoup la force et la vigueur d'esprit, qui est nécessaire au confesseur pour exercer dignement celte fonction, pour parler librement aux pénilents, pour leur faire voir l'énormité de leurs péchés, pour leur imposer des pénitences salutaires, et pour les obliger à faire ce qu'ils doivent. Cela fait que le confes- Seur se précipite et se hâte de confesser beaucoup de personnes, afin de gagner davantage.

M Enfin, si les juges séculiers qui prennent des présents pour exercer la justice, sont répréhensibles, combien “davantage les ecclésiastiques, qui doivent faire toutes 4 fonctions, spécialement celle-ci, avec un esprit tout fait désintéressé ? Car depuis qu'un ecclésiastique à la réputation de se conduire par l'intérêt, on n'a plus de créance à lui, et il n’est plus capable de servir utilement les âmes.

… Prendre la peine d'examiner charitablement ceux qui | ne savent pas se confesser d'eux-mêmes.

| Se souvenir que les pénitents, au commencement de Ja confession, nous appellent leur Père, et qu'en effet

Î La coutume de recevoir de l'argent pour l'administration du | sacrement de Pénitence était très répandue du temps du P. Eudes. . Le saint missionnaire ne cessa d'attaquer ce déplorable abus. Cf. Martine, Vie du P. Eudes, 11, P-. 218 ; Faillon, Vie de M. Olier,

| tom. 11, p. 9, Edit. 1873.

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nous devons les traiter avec un cœur vraiment patern c'est-à-dire avec une très grande cordialité, bénigni et compassion, supporlant patiemment leur rustici ignorance, imbécillité, tardiveté et autres imperfection ne nous lassant jamais de les aider et de leur parler ami blement, sans toutefois les flatter ; car il leur faut faire voi l’énormité de leurs fautes, mais cela ne se doit faire que sur la fin de la confession, non pas avec aigreur et âpret mais en esprit de mansuétude et de charité, se garda bien d'user de paroles rudes, ou qui témoignent quelque mépris du pénitent, et faisant en sorte, autant qu'il est possible, qu'il s'en retourne content, édifié, consolé, avec un grand désir de commencer une vie toute no velle!. |

Se garder de la fausse charité, qui dégénère en lâche é et flatterie, ou en des affections humaines et sensuelle ou qui se rend trop familière avec les pénitents, soit a le confessionnal, soit hors le confessionnal, ce qui leur Ôte la liberté de se confesser. V

Si on voit un pénitent qui soit rempli d’une crainte excessive, et-en quelque défiance d'obtenir le pardon dé ses péchés, le fortifier et encourager, lui montrant que Dieu a un très grand désir de lui pardonner, qu'il prend un grand plaisir dans la pénitence des grands pécheurs* que, plus notre misère est grande, plus la miséricorde de Dieu est glorifiée en nous ; que Notre Seigneur a prié so Père pour ceux qui l'ont crucifié, pour nous apprendré que, quand nous l’aurions crucifié de nos propres mains: il nous pardonnerait très librement, si nous lui demans dions pardon ; qu'il fait tant d'estime de la pénitence, que la moindre pénitence du monde, pourvu qu’elle soit vraie, lui fait oublier toute sorte de péché, de facon que

! La première partie de ce paragraphe est empruntée aux Avertissements aux Confesseurs de saint Francois de Sales. Il en est de même de plusieurs autres passages du Bon Confesseur. Nous les signalerons en renvoyant à l'opuscule du saint.

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