‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 127 sur 309 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

si les damnés et les diables mêmes la pouvaient avoir, tous leurs péchés leur seraient remis ; que le plus grand tort qu'on peut faire à la bonté de Dieu, et à la mort et passion de Jésus-Christ, c'est de n'avoir pas confiance d'obtenir le pardon de nos fautes ; et qu'enfin par article de foi nous sommes obligés de croire la rémission des péchés, afin que nous ne doutions point de la recevoir lorsque nous avons recours au sacrement que Notre- Seigneur a institué à cet effet, avec les dispositions requises.

Si on le voit en perplexité, pour ne savoir pas bien dire ses péchés, ou pour n'avoir su examiner sa conscience, lui promettre son assistance, et l'assurer que, moyennant l'aide de Dieu, on ne laissera pas pour cela de lui faire faire une bonne et sainte confession. Et dans les choses où on reconnait qu'il a peine à s'accuser, l’encourager fortement, lui disant de fois à autre telles ou semblables paroles : « Or sus, courage, mon cher frère, ou ma chère sœur, croyez-moi que Dieu vous fait une grande grâce de vous bien confesser ; poursuivez généreusement et ne laissez rien du tout, pour l'amour de Notre-Seigneur Jésus- Christ qui est mort pour l'amour de vous. Donnez gloire à Dieu et confusion au diable. Oh! quelle consolation Nous aurez à l'heure de Ja mort, et incontinent après celte action, de vous être si bien confessé. Ne le faites

as néanmoins pour votre satisfaction particulière, mais 4 donner contentement à Notre-Seigneur et à sa très sainte Mère, qui se réjouissent avec tous les Anges et les Saints, quand une âme s'accuse humblement de ses péchés, avec résolution de les quitter et de se donner parfaitement à Dieu?. »

L S'il s'accuse de lui-même, et qu'il se serve de quelques paroles peu honnêtes, ou qu’il embrouille son accusation

Of. S. François de Sales, Avertissements aux Confesscurs. | ACF. S. François de Sales, Avertissements aux Confesseurs.

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d’excuses, de prétextes, d'histoires ou d'autres imperti nences, avoir patience un peu de temps, puis l’arrète doucement, et lui faire entendre que l’on connaît bie

et qu’on l’examinera beaucoup mieux qu'il ne pourra pas faire ; et qu'il n'a qu’à écouter et à répondre sincèr ment à ce qu’on lui demandera ; et qu'après qu'on l'a interrogé, s’il a encore quelque chose à dire, il la dira et que par ce moyen il fera, Dieu aidant, une fort bonn confession. Et après cela commencer à l’examiner, pou lui faire déclarer ses fautes plus parfaitementet plus dis tinctement ; et ensuite lui enseigner une façon plus ho nête de s'exprimer, s'il en est capable, et lui faire co: naître amiablement les superfluités, impertinencesn imperfections qu'il a commises en s excusant, pallia et déguisant ses péchés. S

Quand on trouve des personnes affligées, compal avec elles, et s'appliquer avec grande charité à les con soïer et à leur apprendre à faire bon usage de le affliction, à y glorifier Dieu et en tirer le fruit pot leurs âmes qu'il désire d'eux : en s’humiliant devanb divine Majesté, en prenant toutes choses de sa mai paternelle, en se soumettant et abandonnant à sa tri sainte volonté, et en souffrant pour l'amour de cel qui a tant souffert pour l'amour de nous. |

‘ Cf. S. François de Sales, L. c.

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