‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 152 sur 309 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

ainte messe avec dévotion, pour demander à Dieu la srâce de leur conversion : assister aux prédications et aux satéchismes ; faire quelque aumône, s'ils en ont le pou- Yoir, et quelques jeùnes, s ils peuvent jeùner ; et surtout avoir recours à la très sainte Vierge.

Ensuite leur prescrire le temps auquel ils reviendront, qui ne doit être que de huit ou quinze jours au plus, sauf à le prolonger encore par après, s’il en est besoin. Puis les congédier après avoir dit le Misereatur et l’Indulgenliam, comme si on leur donnait l’absolution, afin que personne ne s'aperçoive qu'on ne la leur a pas donnée; leur faisant entendre par après, que ce n’est pas l’absolution, mais une simple bénédiction.

S'il s’en trouve quelques-uns qui ne reviennent pas au temps que vous léur aurez marqué, vous devez être fichés de leur mauvaise disposition, mais non pas de eur avoir refusé l’absolution. Car n'étant pas revenus, ils font voir qu'ils n'avaient pas les dispositions requises pour la recevoir.

“ils reviennent, vous verrez s'ils auront pratiqué les moyens que vous leur aurez donnés pour vaincre leurs mauvaises habitudes, et s'il y aura quelque changement enleur vie. Si vous y trouvez un entier changement, Vous leur donnerez l'absolution, les exhortant à la per- Sévérance par la pratique des susdits moyens. Si le léhangement est médiocre, vous les remettrez encore pour Iquelque temps, les consolant et encourageant tant que ous pourrez. S'il est notable, mais non pas entier, VOUS pouvez leur donner l’absolution, et leur différer la com-

Hunion jusqu'à un certain temps, les obligeant de revenir à confesse auparavant que de communier. C'est le Mmeilleur néanmoins, pour l'ordinaire, de remettre l'abso- Mution jusqu'à un parfait changement.

Enfin, pour bien réduire en pratique cette doctrine, il Mfaut se garder de deux extrémités, à savoir d'être trop lindulgent, et d'être trop sévère ; et tenir le milieu, c’est-

Lis

à-dire, tempérer la rigueur par la douceur, et joindre la miséricorde avec la justice, de telle sorte que l’on donné pourtant davantage aux sentiments de la miséricorde qu'à ceux de la justice: se souvenant que ce sacrement a été établi par notre Sauveur plutôt pour exercer Ja miséricorde que la justice.

Mais pour bien faire ceci, je dirai derechef ce que ja déjà dit, et qu'on ne saurait assez dire, qui est qui importe infiniment que nous ayons une très grande dé fiance de nous-mêmes, que nous renoncions entièrement à notre propre esprit, et que nous nous donnions sou: vent à l'esprit de Dieu, reconnaissant que nous avont un besoin infiai de ses lumières et de sa grâce, afin qui nous conduise et qu'il nous garde dans un chemin S difficile et si périlleux, et où il est si facile de ségarer e de se perdre.

Bienheureux les confesseurs qui en useront ainsi, @ qui suivront ces règles. Car le Saint-Esprit sera avec eux il les éclairera, il les fortifiera, il les conservera ; et avec son aide et sa conduite, ils rendront de grands ser vices à Dieu, ils coopéreront au salut de beaucou] d'âmes, et ils attireront de très grandes bénédictions su eux. | Mais malheureux les confesseurs qui négligeront ce choses, et qui, au lieu d'être les fidèles dispensateurs de! grâces que la divine miséricorde a renfermées dans sacrement de la Pénitence, s’en rendront les dissipa teurs. Car, si le Fils de Dieu condamne le serviteur inu tile à être jeté dans les ténèbres extérieures : /nutile servum ejicite in tenebras exteriores, c'est-à-dire dan l'enfer,parce qu'il n'a pas fait bon usage d'un talent, c'est à-dire de quelque grâce qu’on lui avait donnée : quell sera la condamnation d'un prêtre qui aura fait mauvai usage d’un sacrement, lequel est la source d'une infi

1 Matth. XXV, 30.

dr >

Page 1