CHAPITRE VI
700 que celui qui a été renvoyé pour quelque emps sans absolution, et qui meurt en cet état, ou bien est soumis à l'ordonnance de son confesseur, qui a jugé qu'il était nécessaire d'en user ainsi pour son salut, ou jien ne s'y est pas soumis. S'il ne s’y est pas soumis, et qu'il soit mort dans son péché, il est la seule cause de sa jerdition, et le confesseur n'y à aucune part, car il n’a ait que ce qu'il devait faire ; et s’il l'avait absous dans ja mauvaise disposition, cette absolution n’aurait servi qu'à le plonger plus avant dans l'enfer. S'ils y est soumis, il est mort dans l'exercice de l’obéissance à Jésusdhrist en la personne de son confesseur, et dans l’état de pénitence. À raison de quoi il y a tout sujet de croire jue la divine miséricorde a suppléé au défaut de l’absolufon, et qu'elle lui a fait la grâce de mourir dans la conrition de ses péchés. Ç'a toujours été le sentiment et la sroyance de l'Église, tant au regard des pénitents que des catéchumènes, ainsi qu'on le peut voir dans le quarième Concile de Carthage, dans le second d'Arles, et dans l'Oraison funèbre de saint Ambroise sur la mort de l'empereur Valentinien.
Mroisièmement, que pour obvier à ce péril de mort, léconfesseur qui diffère l'absolution à quelqu'un, doit tà- “her de lui faire produire un acte de contrition avant que
e le renvoyer.
hs SEcTioN VII La manière de réduire cette doctrine en pratique.
“Noici comme il faut s’y conduire. Quand vous {rourez des personnes engagées en des péchés d’habitude, Mfaut premièrement leur faire entendre, avec toute la louceur possible, qu'il n’est pas expédient de leur donner maintenant l’absolution ; que vous n'avez point de us grande joie que quand vous la pouvez donner ; que
vous ne la leur refusez pas absolument, mais que WOu la leur donnerez de grand cœur, pourvu qu'ils veuille revenir dans quelques jours et tâcher de faire ce vous leur allez dire pour se convertir à Dieu ; que cause pour laquelle vous êtes obligé d'en user ainsi, es parce qu'ils sont engagés en tels et tels péchés, dans les quels ils retombent toujours sans s'en corriger aucune ment ; que le péché mortel est une chose si énorme, qu ak trefois l'Église ordonnail que celui qui avait commis péché mortel fût privé de l'absolution et de la comm nion, non pas quelques jours seulement, mais les trois les sept, les quinze, les vingt ans tout entiers, et quelq fois jusqu'à la mort, selon la qualité du péché. Que en ayant commis quantité, on les prive de cette grât pour quelques jours seulement, c'est afin de la le donner par après plus efficacement ; que c'est pour let donner le loisir de considérer et ressentir les offens qu'ils ont faites contre Dieu, d'en faire quelque pénitencé d'en obtenir de la divine miséricorde une véritable repeñ tance et une grâce puissante pour s’en Corriger ; qu'e ne veut pas se rendre participant de leurs crimes, € leur donnant l’absolution trop légèrement, et auparax à que de s'être assuré s’ils sont dans une véritable volont de les quitter ; qu'on a grand sujet d'en douter, vu qu l'ayant promis tant de fois à leurs confesseurs, ils © toujours néanmoins persévéré dans leurs vices; qu c'est pourquoi on n'ose plus s’en fier à leurs parole mais qu’on veut voir par effet et par le témoignage « leurs actions, s'ils sont dans un vrai désir de renon@ au diable et au péché, et de se convertir à Dieu ; et pa tant qu’on les prie de revenir dans quelques jours,, qu'on reconnaitra par là s'ils sont vraiment pénitents dignes de la sainte absolution. $ Après cela, il faut leur donner quelques moyens pol vaincre leurs méchantes habitudes : comme la prière genoux du matin et du soir ; entendre tous les jours %