CHAPITRE X
Sept choses que le Confessseur doit faire dans la Confession.
— Je ne m'étonne pas si le Saint-Esprit, qui a composé le sacré Symbole par les saints Apôtres, y a mis, entre les plus hauts mystères et les plus grandes merveilles de la | religion chrétienne, celui qui est exprimé en ces paroles : | Credo remissionem peccatorum : « Je crois la rémis- “sion des péchés. » Car c’est ici la fin, le but, l'accom-
Mplissement et le fruit de tous les autres mystères ste omnis fructus, ul auferatur peccatum!. C'est ici une | qui surpasse tous les miracles visibles que Notre-Seigneur a opérés sur les corps, pendant qu'il était en la terre ; et qui les surpasse autant comme l'âme exicelle par-dessus le corps. et comme la vérité est élevée au-dessus de la figure. Car tous les miracles qu'il a faits | Sur les corps ne sont que les ombres de ceux qu'il fait | tous les jours sur les âmes par le sacrement de la Péni-
1 Jsa. XX VIT, 9.
#1 QYTETVRRNRET Me no 268 LE BON CONFESSEUR
tence. C’est ici que les aveugles sont éclairés, que 1 âmes infectées de la lèpre du péché en sont purgées, que celles qui étaient mortes sont ressuscitées.
0 Dieu! quel admirable changement il se fait dans un âme, par le moyen de ce sacrement | En un moment ellk passe d’une extrémité de malheur à une extrémité de bo heur, de la mort à la vie, de l’enfer au Paradis. En un m ment celui qui était esclave du diable, est fait enfant de Dieu ; celui qui était héritier de Satan, devint héritier d | Père céleste ; celui qui était le partage du Prince des t nèbres, passe en la possession du Monarque du ciel ; celui qui était l'habitation des démons, habitatio dæmoniorum devient la demeure du Roi des Anges. En un mot. lep cheur sort d’un abime de misères et de malédictions pour entrer dans un océan de bonheur et de bénédictions O mon Sauveur, quelle grâce vous nous avez faite, d'& voir établi ce sacrement dans votre Église ! Combiet sommes-nous obligés d'en rendre grâces à votre infini bonté ! |
Cette grâce est si grande que, quand le sacrement d Pénitence n'effacerait en nous qu’un péché véniel, nous en serions plus obligés à celui qui l’a institué que si nous délivrait de tous les maux corporels quon pe souffrir en ce monde et en l’autre, puisque le moindm mal de coulpe surpasse tous les maux de péine. |
Mais ce qui rend encore cette faveur très signalée & très avantageuse pour nous, c'est que Notre-Seigneur n se contente pas de nous pardonner nos péchés par lui même ; mais il donne puissance à des hommes comm nous, pécheurs comme nous, fragiles comme nous, di nous en donner l’absolution. Admirable bonté de not Sauveur d'avoir donné une telle puissance à un misé rable homme : puissance divine, qui n'appartient quk Dieu ! Quis potest dimittere peccata, nisi solus Deus *?
l 4poc., XVII 2: — 2? Marc. Il, 7:
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