CHAPITRE XVIII
mariage, dans lesquels ilse commet quantité de péchés véniels, et quelquefois même de mortels, à savoir quand ces choses-là sont cause de quelque pollution, ou qu'elles empêchent la génération.
Le quatrième estce péché exécrable, qui tire son rom de cette ville abominable que Dieu a foudroyée pour son sujet, et qu'il permet quelquefois entre les personnes mariées, en punition de leurs autres dérèglements, ainsi qu'il est marqué en ces paroles deS. Paul : 7radidit illos in passiones ignominiæ : immutaverunt naturalem usum in eum quiest contra naturam.
Il faut interroger sur ces quatre choses avec grande retenue et modestie, en cette manière :
- Touchant le premier, il faut demander aux femmes Sielles n’ont point eu de querelles avec leurs maris. Quand elles disent que non, il n’est point besoin de passer outre. Quand elles disent que oui, il faut leur demander si cela a point été cause qu’elles leur aient dé- Sobéi en ce qui est de l’usage du mariage, leur faisant entendre au même temps, qu'elles sont obligées d’obéir ä leurs maris, et par conséquent qu'elles pèchent d'y Eu sans raison et excuse légitime, parce qu’elles Sont cause de leur faire offenser Dieu, par colère, ou par impureté, non pas seulement au regard d’autres femmes, Mais en se corrompant eux-mêmes.
M Touchant le second, il faut demander tant aux hommes | u'aux femmes, s'ils ont des enfants. S'ils disent que on, il ne faut point passer outre ; s'ils disent que oui, faut leur demander s'ils ont point eu crainte d'enavoir rop. S'ils disent que non, il ne faut pas les interroger Havantage ; s’ils disent que oui, il faut leur demander ïils ont point usé de quelque breuvage, ou de quelque iutre invention, dansles actions du mariage, pour empêcher d’en avoir.
Rom. I, 26.
de conscience, les exhortant encore une fois à se co fesser entièrement, sans omettre quoi que ce soit, comme s'ils devaient mourir à l'heure même et allë rendre compte devant Dieu. S'ils disent que oui, il faut lei exciter de dire ce que c’est, ou d'en dire quelque chose afin qu'on puisse les aider à se déclarer plus parfaite
ment. S'ils demandent qu'on les instruise et éclaireiss sur ce sujet, et quand ils ne le demanderaient pas, si trouve qu'il soit à propos de le faire au regard de ce qu'on en jugera capables, afin de les tirer de scrupule de leur faire discerner ce qui est mal d'avec ce qui l'est pas, il faut se donner à l’esprit de Dieu, puis le dire, avec les termes les plus honnêtes quil sera p sible, ce qui leur est permis et ce qui ne l’est pas. À ce pourra servir ce que dit le bienheureux François Sales, évêque de Genève, au chap. 38 de la 3° partie sa Philothée, qu’il est bon de lire pour ce sujet, et d' en horter ceux qui en sont capables de le lire.
Outre cela il faut encore demander : | Aux femmes mariées : Si elles ont point mis des s& vantes à coucher dans leurs chambres, et les exhorlen ne le faire plus, parce que souvent cela est cause de fait commettre beaucoup de péchés aux susdites servantes comme aussi de mettre des serviteurs et des servante coucher dans une même salle ou dans une même chamb Aux pères et mères: 1. S'ils ont point fait cou leurs enfants dans leur lit, ce qui est encore cause, trop souvent, de beaucoup de péchés dans les enfants 2, S'ils ont point mis leurs garcons et leurs filles coucher dans un même lit. | 3. S'ils ont point baillé leurs filles à instruire à hommes, chose très dangercuse.