AVEC
La Manière de bien examiner les Pénitents, et . de les aider puissamment à faire une bonne Confession.
Ego libentissime impendam, et superimpendar ipse pro.
animabus vestris.
IT Cor. XII, 45.
INTRONUCTION
Le Bon Confesseur n’est que le développement “d'un opuscule que le P. Eudes avait publié « vingt- “deux ans » auparavant', et qu il avait intitulé Aver- “tissements aux Confesseurs missionnaires.
… Cetitre n'était pas nouveau. Dès le début de son “épiscopat, saint François de Sales avait publié,sur les devoirs du prêtre au tribunal de la Pénitence, une sorte de « mémorial » auquel il avait donné le titre “l'Avertissements aux Confesseurs. Voici comment le “saint évêque s'explique sur l'origine de cet opuscule, “dans la Préface du Traité de l'Amour de Dieu : « À “même que l'on imprimait cette oraison?, J'appris que “avais été fait évêque, si que je revins soudain ici (à Annecy) pour être consacré et commencer ma rési- “dence. Et d'abord on proposa lanécessité qu'il y avait “d'avertir les confesseurs de quelques points d'impor- “tance, et pour cela j'écrivis vingt-cinq Avertissements, que je fis imprimer pour les faire courir plus “aisément parmi ceux à qui je les adressais ; mais depuis, ils ont été réimprimés en divers lieux. » Ces Avertissements sont la sagesse et la douceur mêmes.
1 Cf. le Bon Confesseur, Avis au lecteur. Ce détail aide à fixer la “date de la publication des Avertissements. Le Bon Confesseur ayant “été publié en 1666, les Avertissements durent paraître en 1644. Nous en donnerons plus loin une autre preuve, absolument décisive.
» » L'oraison funébre de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, prononcée à Paris en 1602.
Le P. Eudes en faisait grand cas; il y conforma $ conduite et les recommanda sans doute bien souven aux prêtres qui l’accompagnaient dans ses missions
Toutefois, il avait également en haute estime les Instructions données par: saint Charles aux confesseurs de son diocèse. L’archevêque de Milan y recommande la bonté envers les pécheurs ; mais il veu aussi qu'on se montre ferme à leur égard, et qu'on sache au besoin, dans certains cas qu'il indique, leur refuser ou leur différer pour quelque temps le bien fait de l’absolution. L'expérience avait convaincu le P. Eudes que les règles données par le saint arche vêque étaient très sages et conformes aux véritables intérêts des pénitents. Il voulait qu'on les suivit dans la pratique. Sur ce point, le Vénérable s’éloignait un peu, croyons-nous, des principes de saint François de Sales. 11 est vrai que l’évêque de Genève ne traite pas expressément du délai d'absolutions mais à lire ses Avertissements, il semble qu'il se con tentait d’une promesse, alors que le P. Eudes, à la, suite de saint Charles, conseille d'en attendre l'exé=2 cution avant de donner l'absolution. i
Aussi, malgré l'estime qu'il avait pour l’opuscule de saint François de Sales, il se décida de bonne heure à écrire à son tour des Avertissements aux Con fesseurs missionnaires, dans lesquels on trouverait à la fois les principes de l’évêque de Genève et les règles tracées par l'archevêque de Milan. Il rêvait d’unir la douceur du premier à la fermeté du second, et nous pensons qu'il y à réussi en recommandant. une bonté et une tendresse sans limite dans les pro- ; cédés,et une sage fermeté dans les décisions. Il ajoutan d’ailleurs aux Avertissements un long examen dem conscience qui forme comme la seconde partie de son livre, et qui en fit un manuel très commode pour les confesseurs.