‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 270 sur 309 · F, PEN · texte numérisé non relu

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nous sommes assis pour exercer sOn jugement, — que nous devons écouter ces paroles du Saint-Esprit qui frappent à nos oreilles : Videle quid agatis ; non enim hominis exercetis judicium, sed Domini! : « Prenez-garde

attentivement à ce que vous faites ; car vous exercez un jugement non pas humain, mais divin. » |

2. De sa qualité de Sauveur. Car-c'est là que nous con-« tinuons l’œuvre de la Rédemption du Fils de Dieu, rachetant les âmes de la captivité du péché, du diable et de l'enfer, leur appliquant le précieux Sang du Rédempteur et Le fruit de sa sainte Passion.

3. Desa Puissanceet Majesté divine. Car nous sommes là comme de petits Dieux, revêtus de la puissance de Dieu et faisant une chose qui n'appartient qu’à Dieu, c'està-dire effaçant le péché, conférant la grâce el communiquant le Saint-Esprit aux âmes.

Ces trois qualités dont nous sommes ornés dans l'administration de ce Sacrement, nous GBPEEES à choses grandes. Car :

1. Étant ici comme Juges et comme exerçant le jugement du grand Dieu, et un j1ement où il y va non pas seulement d'une chose temporelle, comme d’une pièce de terre, ou d’une maison, ou de la vie du corps, mais d'un royaume éternel, du salut ou de la damnation des âmes : nous devons y apporter un soin très particulier et une très grande application.

2 Étant ici comme Sauveurs et pour continuer l’œuvre de la Rédemption du monde, nous devons agir dans la charité, palience et humilité avec laquelle le Fils de Dieu l'a accompli. L'action que nous faisons est pénible. Mais nous devons nous souvenir qu'il [en] a beaucoup coûté à notre Maître pour sauver les âmes, pour détruire le péché et pour acquérir la grâce qui leur est appliquée par les Sacrements : etqu'il est bien raisonnable qu'étant

1 Il Paralip., XIX, 6.

associés à sa qualité de Sauveur, nous participions aux travaux et souffrances qu il a portées pour opérer le salut du monde, et que nous imitions sa grande patience, ne témoignant jamais d'être pressés, ni d’avoir hâte, ni de ressentir aucune peine.

3. Étantici comme Dieux, revêtus de l'autorité et puissance de Dieu, et agissant au nom et de la part de Dieu, nous devons considérer les intérêts de Dieu, ne regarder rien que Dieu, faire observer les lois et maximes de Dieu, établir la vie et le règne de Dieu dans les âmes, en un mot nous conduire dans l'esprit de Dieu.

Or l'esprit de Dieu est un esprit de paix et d'unité. C’est pourquoi les Confesseurs de la mission doivent extrèmement prendre garde de ne se contrarier ni condamner pas les uns les autres ; mais de se lier et maintenir, autant qu’il sera possible selon Dieu, en l'esprit de charité ;

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