PREMIÈRE PARTIE
de supporter, couvrir et excuser les défauts les uns des
autres ; comme aussi de marcher par une même voie et suivre une même conduite et les mêmes maximes : afin que le Saint-Esprit régisse, bénisse et sanctifie leur travail ; et que les pénitents, trouvant une parfaite uniformité dans les sentiments et dans les paroles de tous les Missionnaires, soient édifiés et obligés de les suivre, s'ils veulent se rendre dignes de jouir des fruits très salutaires de la Mission.
A cette fin, il sera bon que les susdits Confesseurs observent les Avertissements suivantsi.
I. — Ayant à travailler pour le salut des autres, nous sommes obligés, avant que de nous y engager, de nous mettre au meilleur état que nous pouvons, afin de nous rendre [de] dignes instruments de la main de Dieu, et de ne mettre pas empêchement à la grâce qu'il veut communiquer aux âmes par notre entremise.
‘Le Vén. P. Eudes les a mis au nombre de trente-quatre, en l'honneur des trente-quatre années de la vie de Notre-Seigneur.
C'est pourquoi, auparavant que d’entrer dans le con-. fessionnal, nous devons nous souvenir que nous allons faire une action des plus grandes et importantes qui se puissent faire en ce monde, à savoir: effacer le péché dans les âmes, détruire en elles Je royaume de Satan, les délivrer de sa-tyrannie, les retirer de l’enfer, leur ouvrir le ciel, leur communiquer la grâce de Dieu, leur appliquer le précieux Sang du Fils de Dieu, et le faire vivre et régner dedans elles; et que cette action étant si sainte, si divine et si éminente, elle doit être faite saintement, divinement, et avec un soin et une attention très particulière.
Pour cet effet, avant que de la commencer, nous devons nous mettre aux pieds de Notre-Seigneur pour la lui offrir, avec protestation que nous n’y voulons chercher que sa gloire et le salut des âmes créées à son image et semblance, et rachetées de son sang ; comme aussi pour invoquer son Saint-Esprit, afin qu'il nous . donne les lumières et les grâces requises pour bien faire cette même action ; et implorer l’aide de la très sainte Vierge et des bons Anges de ceux quis’adresseront à nous. Et même il faut se confesser, si on en sent quelque be- Soin, quoiqu'il ne fût pas pressant et absolument nécessaire ; ou tout au moins faire un acte de contrition, et bien purifier son cœur de toute affection qui ne serait pas droite devant Dieu.
Car c'est à nous à craindre de ressembler au flambeau qui se consomme et se perd en éclairant les autres, ou bien au balai qui se salit et s'use en nettoyant les ordures de la maison. C'est pourquoi, il est nécessaire d'élever souvent notre esprit et notre cœur à Dieu dans cette action, afin qu’il nous conserve, et que nous ne périssions pas en coopérant au salut des autres.
IT. — Ceux qui sont employés aux confessions, soit dans la mission, soit hors la mission, doivent savoir dis-"