PREMIÈRE PARTIE
il ne rendra compte d'aucune chose si étroitement que des mauvaises confessions qu’il aura faites.
XIIL — Sion le voit crainlif et en quelque défiance d'obtenir le pardon de ses péchés, il faut le relever et fortifier, lui montrant que Dieu a un très grand désir de lui pardonner ; qu’il prend un grand plaisir dans la pénitence des grands pécheurs ; que tant plus notre misère est grande, tant plus la miséricorde de Dieu est glorifiée en nous ; que Notre-Seigneur a prié son Père pour ceux qui l'ont crucifié, pour nous apprendre que, quand nous l'aurions crucifié de nos propres mains, il nous pardonnerait très librement, si nous lui demandions pardon ; qu'il fait tant d'estime de la pénitence, que la moindre pénitence du monde, pourvu qu'elle soit vraie, lui fait oublier toute sorte de péché : de facon que, si les damnés et les diables mêmes la pouvaient avoir, tous leurs péchés leur seraient remis ; que le plus grand tort qu’on peut faire à la bonté de Dieu et à la mort et passion de Jésus- Christ, c'est de n'avoir pas confiance d’obtenir le pardon de nos fautes ; et qu’enfin, par article de foi, nous sommes obligés de croire la rémission des péchés, afin que nous ne doutions point de la recevoir, lorsque nous avons recours au sacrement que Notre-Seigneur à institué pour cet effet, avec les dispositions requises ?.
XIV. - Si on le voit en perplexité, pour ne savoir pas bien dire ses péchés.ou pourn’avoir su examiner sa COnScience, il faut lui promettre son assistance et l'assurer que, moyennant l’aide de Dieu, on ne laissera pas pour cela de lui faire faire une bonne etsainte confession. Et dans les choses où on reconnaît qu’il a peine à s’accuser. il faut l’encourager fortement, lui disant de fois à autre telles ou semblables paroles : « Or sus, courage, mon cher Frère
4 Cf. Saint Francois de Sales, Z. c.
2 Cf. S. François de Sales, L. c.
ou ma chère Sœur, croyez-moi que Dieu vous fait une
grande grâce de vous bien confesser. Poursuivez géné-"
reusement, etne laissez rien du tout, pour l’amour de
Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour l'amour de
vous. Donnez gloire à Dieu et confusion au diable. Oh ! quelle consolation vous aurez à l’heure de la mort, et incontinent après cette action, de vous être si bien con-
fessé ! Ne le faites pas néanmoins pour votre satisfaction “ particulière, mais pour donner contentement à Notre-«
Seigneur et à sa très sainte Mère, qui se réjouissent avec tous les Anges et les Saints quand une âme s'accuse humblement de ses péchés, avec résolution de les quitter et de se donner parfaitement à Dieu‘. »