‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 273 sur 309 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

| VIII. — Ne sortir point du confessionnal que le péni-

«tent n'ait achevé sa confession, si ce n’est pour quelque

| urgente nécessité, comme pour dire la messe ou pour se retirer avec la communauté. Et en ce cas, il faut tâcher

“de le] lui faire trouver bon ; et le meilleur serait de le prévenir et l'en avertir au commencement de la confession, quand on prévoit qu'on sera obligé de sortir.

IX. — L'office d'un juge étant d'examiner diligemment le criminel sur toutes les circonstances et dépendances de ses crimes, c’est au Confesseur, qui porte ici la qualité de juge, d'apporter une grande diligence à bien examiner les pénitents, selon la diverse condition des personnes, les encourageant à se confesser parfaitement, et ne les renvoyant pas pour avoir été trop longtemps sans aller à confesse, ni pour ne s'être pas suffisamment préparés et examinés, s'ils ne sont pas capables de le faire, mais tàächant de suppléer à leur défaut.

X. — Sur toutes choses, nous souvenir que les pauvres pénitents, au commencement de leur confession, nous appellent leur Père, et qu’en effet nous devons les traiter avec un cœur vraiment paternel, c’est-à-dire avec une très grande cordialité, bénignité et compassion ; supportant patiemment leur rusticité, ignorance, imbécillité,

- tardiveté et autres imperfections ; ne nous lassant jamais de les aider et de leur parler amiablement, sans toutefois les flatter ; car il leur faut faire voir l’énormité de leurs fautes ; mais cela ne se doit faire que sur la fin de la confession, non pas avec aigreur et âpreté, mais en esprit de mansuétude et de charité, se gardant bien d'user de

… paroles rudes ou qui témoignent quelque mépris du pé-

- nitent, et faisant en sorte, autant qu’il est possible, qu'il s'en retourne content, édifié, consolé, et avec un grand désir de commencer une vie toute nouvellet.

1Cf. S, Francois de Sules, Avertissements.

XI. — Une des principales choses que doit faire le Confesseur, c'est de considérer attentivement la disposition du pénitent, pour le traiter conformément à cela. Si, par exemple, on le voit travaillé de honte, il faut lui” donner assurance, lui remontrant que nous ne sommes pas anges non plus que lui ; que nous sommes tous pécheurs ; que l'on ne s'étonne pas d'entendre de grands péchés, parce que l’on sait bien que la fragilité humaine est grande, que les tentations de l'esprit malin sont fréuentes et violentes ; que c'est chose humaine de pécher, mais que ce serait une chose diabolique de demeurer dars son péché, faute de le confesser ; que c'est ure chose si secrète que la confession, que le Confesseur qui craint tant soit peu Dieu, aimerait mieux être brülé tout vif que k de révéler la moindre faute qu’il a entendue en confession ; qu'enfin Dieu nous commande dé confesser nos. péchés aux Prêtres, et partant qu'il le faut faire pour l'amour de lui et en l'honneur de la confusion qu'il a portée en la croix à raison de nos crimes ; et qu'il vaut bien mieux avoir la honte de confesser son péché à l'oreille d'un seul homme, que d'être confondu devant tous les Anges et les hommes et devant Dieu au jour du Jugement, et après cela d’être damné éternellement. |

XII. — Siau contraire on voit le pénitent effronté et. sans appréhension, il faut lui représenter fortement, mais « toujours avec douceur, qu'il est devant Dieu ; que c'est aux pieds de Jésus-Christ, son Juge souverain, et non pas d'un homme seulement, qu’il vient se prosterner; qu'il doit se regarder comme un criminel de lèse-majesté divine, qui a mérité la damnation ; qu'il est question ici d'une action très importante, en laquelle il s’agit de son salut éternel, et d'appliquer à son âme le fruit du sang et de la mort de Jésus-Christ ; et qu’à l'heure de la mort, «

1 Cf. Saint François de Sales, Avertissements.

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