PREMIÈRE PARTIE
légèrement, et auparavant que de s'être assuré s'ils sont: dans une véritable volonté de les quitter : Qu'on a grand sujet d'en douter, vu que, l'ayant promis tant de foisà leurs Confesseurs, ils ont toujours néanmoins persévéré dans leurs vices : Que c’est pourquoi on n'ose plus s'en fier à leurs paroles, mais qu'on veut voir par effet et par le témoignage de leurs actions s’ils sont dans un vrai désir de renoncer au diable et au péché, et de se convertir à Dieu. Et partant, qu'on les prie de revenir dans quelques jours, et qu'on reconnaîtra par là s'ils sont vraiment pénitents et dignes de la sainte absolution.
Cependant il faut leur donner des remèdes efficaces pour guérir les maladies de leurs âmes, leur imposer une pénitence salutaire et conforme, autant qu'il est possible, à leurs péchés et à leur condition, ainsi que nous dirons sur la fin, lorsque nous parlerons de l'imposition de la pénitence : les exhorter à entendre les prédications et catéchismes de la mission ; et tâcher de leur faire produire quelque acte de contrition.
C'est encore un des avertissements que saint Charles donnait aux Confesseurs en ces termes!: Les Confesseurs, dit-il, seront avertis de différer l'absolution, jusqu'à ce que l'on voie amendement, à ceux dont ils jugeront probablement qu'ils retourneront dans le péché, quelques promesses et quelques protestations qu'ils fassent de n'y plus retourner. Et à ceux encore qui sont demeurés et sont reltombés plusieurs années dans les mêmes péchés, sans avoir eu soin de s'en corriger.
C'était aussi un des principaux avis que saint François Xavier, l'apôtre des Indes, donnait aux Confesseurs, selon le rapport de Turcelin en sa vie, lors principalement qu'ils confessaient des personnes engagées dans les affaires et dans la corruption du monde, à savoir de ne
L Act. p.4, Instr. Conf. Voir ce que nousavons ditci-dessus, page 393.
les absoudre pas aussitôt qu'ils se seraient confessés, mais de différer quelques jours, pour préparer leurs esprits par quelques exercices de piété et de bonnes œuvres: Afin, disait-il,! que durant ce temps ils effacent les taches de leurs âmes par des larmes et par des peines volontaires. S'ils doivent quelque chose, qu'ils le rendent ;
s'ils ont quelques inimitiés, qu'ils les quittent et qu'ils se réconcilient avec leurs ennemis ; qu'ils se détachent de l'habitude des vices de la chair et des autres auxquels ils sont sujets. Il vaut mieux que toutes ces choses PrécAtens l'absolution, Que Ron PESUtE ‘elles la suivent.
Mais, soit qu'on diffère, soit qu'on refuse entièrement l'absolution à ceux qui ne sont pas en état de la recevoir, | il faut bien prendre garde que cela ne paraisse pas, dem peur de les scandaliser ; comme aussi, lorsque n'ayant | pas le pouvoir de les absoudre de quelque cas réservé, on est obligé de les renvoyer à ceux qui ont cette puissance dans la mission. |
XXIX.— Il faut avoir grand soin de faire voir à chaque, l personne les devoirs et obligations de sa condition, et. leur donner les instructions nécessaires là-dessus ; par | exemple, sur les devoirs des pères et mères, maîtres et
maîtresses vers leurs enfants et serviteurs, des enfants vers leurs pères et mères, des serviteurs vers leurs maîtres, des maris vers leurs femmes, des femmes vers | leurs maris, etc. Mais pour l'ordinaire ces instructions se doivent donner là où le sujet s’en présente, et non
pas les remettre à la fin de la confession, de peur qu'en remettant trop de choses on n’en oubliât quelqu’une.
XXX.— Quand ontrouve des personnes affligées, il faut s'appliquer avec soin, et avec grande douceur et
1 Ces paroles se trouvent en substance dans la Lettre de S. François Xavier au P. Gaspard Barzée, imprimée à la suite des Znstructions aux Confesseurs de saint Charles, dans l'édition de l’Assemblée du Clergé de France, 1657.