‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 281 sur 309 · XXVI. — Les ecclésiastiques mal pourvus de leurs · texte numérisé non relu

XXVI. — Les ecclésiastiques mal pourvus de leurs

bénéfices, ou qui en ont des incompatibles sans légitime

dispense, ou qui ne résident pas sans suffisante excuse, ou qui font métier de ne point dire l'office et ne se vêtir ecclésiastiquement : tous ceux-là semblablement ne doivent point recevoir d'absolution, qu'auparavant ils n'aient fait pénitence et restitution, là où il faut la faire, et qu’on ne les voie dans une véritable disposition de corriger ces défauts.

XXVII. — S'ilse trouve quelqu'un qui, par violence ou par tromperies et fausses promesses, ait ravi l’honneur de quelque fille ou femme, il ne faut point lui donner l’absolution qu'il ne promette et assure, ou qu'il

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l'épousera, si elle est de sa condition et qu iln’y ait point " d'empêchement ; ou qu’il lui donnera de quoi la marier « honnêtement, si elle est de condition inégale. Noire même il faut lui différer l’absolution jusqu'à ce qu'il ait fait la chose, ou qu'il ait donné des assurances certaines qu'il la fera. ;

XX VIIL. — L'expérience que nous avons eue depuis plusieurs années dans les missions, nous à appris que, lorsqu'on trouve des pénitents qui sont chargés de plu- ” sieurs grands péchés, ou qui sont engagés dans les ha-” bitudes vicieuses, comme de jurements, de blasphèmes, d'impudicité, d'ivrognerie, de larcin et d'autres semblables, ou qui paraissent avoir peu ou point de douleur el de ressentiment de leurs fautes : c'est une chose très bonneet très salutaire de différer quelques jours à leur donner l'absolution et à leur permettre la sainte com-" munion, conformément à l'usage et à la discipline ancienne de l’Église, tant recommandée par l'Écriture sainte, par les saints Conciles et par les saints Pères.

Mais il faut tâcher de [le] leur faire trouver bon, leur représentant que le péché mortel est une chose si énorme, qu'autrefois l'Église ordonnait que celui qui avait commis un péché mortel fût privé de l’absolution et de la communion, ñon pas quelques jours seulement, mais les trois, les sept, les quinze, les vingt ans tout entiers, et quelquefois jusqu'à la mort, selon la qualité du péché. Que si, en ayant commis quantité, on les prive de cette grâce pour quelques jours seulement, c'est afin de. [la] leur donner par après plus efficacement et plus, parfaitement : Que c’est pour leur donner le loisir de con- | sidéreret ressentir les offenses qu'ilsont faites contre Dieu, . d'en faire quelque pénitence, d'en obtenir de la divine. miséricorde une véritable repentance et une grâce puis-. sante pour s’en corriger : Qu'on ne veut pas se rendre participant de leur crime en leur donnant l’absolution trop

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