CHAPITRE I A
D. — Pourquoi ?
R. — Parce que l'ordre d’Acolyte, qui donne droit de servir la sainte Messe, précède celui de l’Exorciste, qui donne pouvoir de chasser les diables, et par conséquent est plus digne. Tout Acolyte est Exorciste ; mais tout Exorciste n’est pas Acolyte. La puissance de chasser les esprits malins. est dans l'Acolyte; mais la dignité de servir à l'autel n’est pas dans l'Exorciste.
D. — Que dites-vous davantage de la sainteté de cet office ?
R. — Le martyre est une chose grande. Néanmoins servir la sainte Messe est une chose en quelque facon plus digne.
D. — Comment prouvez-vous cette proposition ?
R. — Je la prouve en deux raisons.
D. — Quelleest la première ?
R. -- C'est parce que celuiqui endure le martyre,rend
témoignage d’une vérité par l'effusion de son sang seulement et par la perte de sa vie, qui, à proprement parler, n’est pas un sacrifice, n'étant pas institué de Dieu en cette qualité ni à cette fin. Mais celui qui sert la sainte Messe
. et qui coopère avec le Prêtre dans ce divin mystère, rend
témoignage de toutes les vérités de Dieu par le Sang de Jésus-Christ et par le plus grand Sacrifice qui puisse être.
D. — Quelle est. la seconde raison ?
R. — C'est parce que le sacrement de Confirmation, qui dispose au martyre et qui donne la grâce et la force de le souffrir, est donné à tous les chrétiens indifféremment. Mais le sacrement de l'Ordre, qui donne la grâce pour servir la sainte Messe, n'est pas conféré à tous, mais seulement à des personnes de choix et d'élite, qui se veulent consacrer à Dieu d'une manière spéciale, et qui désirent mener une vie parfaite.
D. — Quel est le fruit el la grâce que recoit celui qui sert la sainte Messe ? es R. — Il est indicible et inconcevable. Car celui qui
fait cet office a la principale part, après le Prêtre, à tous les fruits, grâces et bénédictions de ce grand Sacrifice,” qui est la source de toute sainteté.
D. — Dites-mot encore quelque chose qui me fasse con« naître l’importance de cette action, et qui m'oblige à la bien faire.
R. — Ne savez-vous pas que c’est un office des plus honorables dans le palais des princes, que de servir sur leur table, et que cela n'appartient qu'à leurs maîtres d'hôtel, qui apportent toute la diligence et circonspection possibles pour s’en bien acquitter ? Jugez de là combien c’est chose grande de servir à la table céleste et au saint” autel du Roi des rois, et combien on doit s'étudier à n'omettre aucune des dispositions et cérémonies qu'il y faut observer.
D. — Avez-vous point encore quelque chose à me dire sur ce sujet ?
R. — Sachez qu’en servant la sainte Messe, vous êtes
au milieu d’une grande troupe d’Anges qui environment l'autel de tous côtés, et qui s’estiment trop heureux de regarder avec un profond respect et d’adorer avec tremblement les mystères redoutables auxquels vous servez et participez d'une facon particulière.
D. — V'oubliez rien à me dire de tout ce qui peut exciter la dévotion avec laquelle se doit faire eette action.
R. — Si Notre-Seigneur était maintenant sur le Calvaire, s'y offrant en sacrifice comme il a fait autrefois, et que vous eussiez le bonheur de vous trouver au pied de sa Croix, avec sa sainte Mère et saint Jean l’'Évangéliste, avec quel respect et dévotion vous rendriez-vous attentif à un tel objet ? Or sachez que le même Jésus qui” était alors sur la croix, est maintenant sur les autels où l'on célèbre la sainte Messe, et qu'il y estoffrant à son. Père pour nous le même sacrifice qu'il lui a offert sur le Calvaire. Avec quelle ferveur et sainteté devez-vous donc assister et servir à un mystère si admirable !