‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 31 sur 309 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

“été prêchées par d'autres prédicateurs, quoiqu ils soient

‘de son temps.

—… Citer souvent le grec, l’hébreu et le chaldaïque, ne sert

“pour l'ordinaire qu'à faire parade de sa science. On peut néanmoins en aliéguer quelques mots, quand ils cou- “tiennent uue signification particulière ; mais rarement.

“et jamais pour faire paraitre sa doctrine.

—… J1 faut prendre garde de ne faire pas des descriptions “curieuses, vaines et basses, comme font plusieurs écoliers, lesquels en parlant par exemple du sacritice “d'Abraham, s’amuseront à décrire les beautés d'Isaac, Tépée tranchante d'Abraham, la situation du lieu du “sacrifice, et semblables choses impertinentes".

Mn [1 faut se garder aussi de faire des introductions de “colloques entre les personnes dont on parle dans un mystère, ou en quelque autre sujet, si elles ne sont bien fondées, solides et très probables ; comme par exemple, “ceux qui voudraient introduire Isaac se lamentant sur Yautel et implorant la compassion de son père, ou Abraham disputant en soi-mème et se plaignant, parleraient mal à propos *.

! Si en prèchant il vient quelques pensées-ou conceptions qu'on n'ait pas étudiées et préméditées, il les faut rejeter : Near l'esprit malin forme quelquefois de semblables idées Maux prédicateurs, pour les mettre hors des gonds et les

porter à avancer des choses dont ils ont sujet de se repen- LE . 3 sr 2 HE. - Miirpar après. Si néanmoins On se sent Si vivement poussé et si clairement convaincu de la vérité et bonté de la pen-

Msée qui se présente, que non seulement on n'en doute

qu'on la possède assez clairement et distinctement, et Mqu'on ait assez de facilité de s'exprimer pour la bien exposer, alors on le peut faire.

} Cf. Saint Francois de Sales, L. e.

? Cf. Saint Francois de Sales, / €.

Ms. |

Prêcher à un auditoire populaire des matières spirituelles trop élevées, leur faire voir la perfection chré-, tienne si haute et si difficile qu'on n’y puisse atteindre, leur parler des sublimes degrés de l'oraison et de la contemplation, c'est perdre le temps, s'exposer au péril de la vanité, laisser ses auditeurs vides, secs et sans fruit, et les jeter même dans le découragement, parce que, se. voyant bien éloignés de cette perfection, ils s’imaginent que tout est perdu pour eux et que tout ce qu'ils font n'est rien qui vaille. |

C'est pourquoi il est très important de s’accommoder à la portée et à la capacité de la plus grande partie de l’auditoire, tant pour la doctrine que pour les mœurs. Car il serait ridicule de prècher, par exemple, à de pauvres gens, contre le luxe et l'excès des habits, des festins ou semblables désordres.

Il faut prècher des vérités qui soient intelligibles et utiles à tous, et remplir son sermon de bonnes, solides et puissantes maximes, pour imprimer l'horreur du vice, l'estime et le désir des vertus chrétiennes, la crainte et l’amour de Dieu.

Mais il se faut garder de deux extrémités, dont la première est de débiter trop de matière. Car plus le prédicateur en met en avant, moins les auditeurs en pratiquent; et moins il en dit, plus ils en font. La trop grande multitude des viandes est plus capable de donner du dégoût que de l'appétit, et si on en mange trop, on ne les peul pas digérer.

L'autre extrémité est d’en dire trop peu, les étendant et dilatant beaucoup, et remplissant sa prédication de paroles et d'amplifications : ce qui fait que les auditeurs s'en retournent vides et sans fruit. |

On ne doit jamais annoncer la venue de l’Antéchrist prochaine, ni faire d’autres prédictions.

Ni publier des indulgences, sans la permission de Monseigneur l'Évèque diocésain.

D QC

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