CHAPITRE XXVIII
D'où il s'ensuit que, comme on ne doit pas s'approher de la sainte Eucharistie sans préparation, äussi ne boit on pas venir à la prédication sans disposition; qu'il bfaut apporter un grand désir d'en faire un bon usage ; Lil faut l'entendre avec récollection et attention, non las comme la déclamation d'un orateur qui haranguerait (Our les affaires du monde, ni comme une lecon d’un litre qui enseigne ses écoliers pour les rendre saants, mais comme la vraie parole que Dieu nous jréche par la bouche du prédicateur ; qu'il la faut soineusement garder dans son cœur, à l’imitation de la acrée Vierge, la considérer attentivement, et souvent y éfléchir après l'avoir entendue.
“Qu'après le sermon, on doit s’entretenir avec ses amis tses domestiques des vérités que l'on aentendues, pour daider les uns les autres à se sauver.
“2. Il faut leur montrer qu'au regard de Dieu, ils sont ibligés d'entrer dans un profond sentiment de recon-
aissance pour la grâce très grande qu’il leur a faite d’ax envoyé son Fils en ce monde pour leur enseigner ui-même le chemin du ciel : lequel continue à leur faire ni faveur par la bouche des prédicateurs.
“Qu'ils ne doivent pas sortir de l'église, après avoir enéndu la prédication, sans lui rendre grâces des instrucions qui leur ont été données de sa part. Et que manuer à ce devoir, c’est se rendre coupables d’une grande Le envers sa divine Majesté.
M Car si ceux-là sont répréhensibles qui ne remercient Joint Dieu après avoir reçu de lui la nourriture de leurs JOrps : combien sont condamnables ceux lesquels, après voir été repus à la table de Dieu du pain céleste de sa divine parole, sortent de sa maison qui est l’église, sans de en rendre grâce ? Certainement c’est faire bien peu
tat et du don que l'on a recu, et de celui qui l’a donné.
3. Qu’au regard des saints lieux où l'on entend la prédication, il faut avoir pour eux une singulière vénéra-
ion, n'y entrant qu'avec tremblement ; y adorant D avec dévotion ; y prenant sa place pour le sermon à modestie et sans bruit ; n'y parlant point que par né sité, encore ce doit être peu et tout bas : et s'y comp tant avec tout le respect que demande la sainteté de maison de Dieu, la présence de sa divine Majesté & ronnée d’un million d'Anges qui tremblent devant face, et l'édification que les chrétiens se doivent dom les uns aux autres.
4. Qu'au regard du prédicateur, ils doivent avoir P dence, respect et charité.
Prudence, pour choisir celui qui prêche le plus ut ment : ainsique fait un malade, lequel voulant être gu cherche le médecin non pas qui lui dira de plus bd choses, qui le divertira mieux, ou qui condescendra\ vantage à ses appétits et désirs, mais celui qui le guéri
Respect, comme à celui qui leur apporte des lettres. ciel de la part de Dieu ; et qui est l'ambassadeur de Jés Christ. tenant sa place, représentant sa personne, ét: revêtu de son autorité et parlant en son nom, ou plu étant l'organe par lequel il parle lui-même : Von vos es qui loquimini, sed spiritus Patris vestri, qui loquitur in : his, dit le Fils de Dieu‘. /n me loquitur Christus, dit sa Paul*. Et ailleurs : Deo exhortante per nos.
Charité, pour ne pas concevoir d'indignation con les prédicateurs qui reprennent les vices: mais au co traire les écouter plus volontiers que ceux qui les flatt ou qui s’en taisent.
Charité, pour ne se rendre pas les censeurs et les jug de ceux qui prêchent, et pour n’expliquer pas leurs P roles en mauvaise part, ni juger mal de leurs intention
Charité encore, pour ne se plaindre pas de ce qu’ disent des choses communes, populaires, et que tout monde sait: puisqu'on ne peut rien proférer qui n”:
| Matth., X, 20. — ©? II Çor., XII, 3. =" IT Cor., V, 20.