DE LA CANDEUR ET SIMPLICITÉ, ET DU COMPTE DE TOUS LES MOIS
Les Filles qui auront désir de servir à Notre-Seigneur en cette Congrégation, doivent diligemment s’étudier à une candeur innocente, et à une sainte simplicité, qui bannisse entièrement de leur bouche et de leurs actions toutes feintises, artifices et déguisements.
Elles n'auront rien tant à cœur que leur intérieur soit bien connu de leur Supérieure ; et pour cet effet?, « tous
Û 0 … 1. Const. de la Visit. c. XXI.
2. Dans l'édition de 1737, la phrase est simplifiée et se poursuit ainsi : « et pour cet effet, tous les mois elles lui ouvriront leur cœur comme à leur bonne Mère, lui manifestant tant leur avancement, etc. » Le décret Quemadmodum du 17 décembre 1890, a réformé toutes les prescriptions des Constitutions religieuses relatives au compte de conscience.
« de dégoût ou de défiance,se gardant néanmoins de mêler »
en leurs avis aucune censure ni murmure sur leurs imperfections, ni celles des autres.
« Et parce que la coutume est que non seulement les Surveillantes, mais aussi les autres Sœurs fassent les avertissements au réfectoire, après Grâces, des fautes qu’elles auront remarquées, ce qui est de très grand profit, elle sera gardée et observée inviolablement, comme aussi celle de dire les coulpes et faire les mortifications devant le Benedicite !.
« Pour ce qui est des pénitences et châtiments, comme « le glorieux Père saint Augustin témoigne assez qu'il veut que la justice punitive soit employée au service et à la conservation de la charité en la Congrégation : aussi il laisse au jugement de la Supérieure la qualité et quantité des pénitences et punitions qu'elle doit imposer, selon la diversité des coulpes.
« Ce sera donc à elle de proportionner les châtiments avec les fautes, enjoignant des pénitences petites ou grandes, à mesure que les fautes le mériteront. « Mais si les fautes sont grièves, et qu'il y aït de la malice, opiniâtreté et obstination, alors elle conférera avec ses coadjutrices, pour prendre leur avis sur la correction convenable ; et, s’il est besoin, elle fera paraître la coupable devant elle pour la convaincre, et s il est jugé à propos, devant le Confesseur ou devant le Père spirituel ;: et là, on lui fera sa sentence, pour lui donner la sainte confusion qui réduit à pénitence.
« Mais s’il arrivait, ce que Dieu ne veuille jamais permettre, que quelqu’une se rendit tout à fait incorrigible et incurable en son obstination, alors il faudrait as-. sembler le Chapitre devant le Père spirituel, pour pourvoir de remèdes ; et s’il était expédient, on en confére-