‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 146 sur 394 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

\ De leur réception ?.

—. Comme cette Communaulé, dont le corps n'est composé que de Filles et Femmes veuves, dont la vie est sans reproche, n'est érigée que pour y recevoir les filles et femmes qui, étant tombées dans le péché déshonnète, “s'en veulent retirer pour se convertir à Dieu, on y recevra autant que la commodité de la maison le permettra toutes celles qui s’y présenteront, pourvu qu'on “reconnaisse en elles les qualités suivantes : 1. Qu'elles paraissent touchées de Dieu, et veuillent se | convertir.

(ne 2. Qu'’elles entrent volontairement dans la dite maison : Wear on n'y en recevra aucune par force, ni par contrainte. | 3. Qu'on n'ait aucun doute qu'elles soient grosses, ou infectées de maladie qui pût causer du mal aux autres. L. Quand elles seront dans le Monastère, on les tiendra séparées pendant quelque temps des autres Pénitentes, “afin de reconnaître leur humeur, les motifs qui les font

loire spirituel.

— 2. Le commencement de ce chapitre est supprimé dans l'édition de

1. Dans l’édition de 1737, ce Règlement est reporté après le Direc- 4737. I1 a été reporté à la fin de la Constit. I.

entrer, et s’il n'y a rien en elles qui les puisse empêche d'être mises parmi les autres.

Pendant qu'elles seront dans le Monastère, elles gar deront parfaitement la clôture.

On ne permettra point à aucune personne du dehors qui soit suspecte, soit homme, soit femme, de leur par ler, non pas même à leurs parents. Elles auront leur ré fectoire, dortoir, chapelle, jardin, cour et tout le rest entièrement séparé des Religieuses par une muraille dans laquelle sera posé un tour, par lequel on leur pas sera ce qui sera nécessaire pour le boire et le manger et autres nécessités : de sorte que, quoiqu'elles soien dans un même Monastère, elles n'auront aucune com: munication avec les Religieuses, sinon avec celles qui le gouverneront, ainsi qu'on verra ci-après.

Il y aura une porte en cette muraille, par laquelle deu Religieuses, par l’ordre de la Supérieure, entreront les matins au lieu où seront les Pénitentes, pour & avec elles durant le jour, dans une salle où elles sero: toutes ensemble, afin de veiller sur leurs déportemen de les faire prier Dieu, et de leur faire quelques lecturt spirituelles aux heures qui seront marquées, et de. obliger à travailler le reste du temps. Puis le soir, aprè les prières et l'examen, les Pénitentes se retireront dan leurs cellules, etles deux Religieuses fermeront la ported la dite muraille, et en porteront la clef à la Supérieure puis elles se retireront dans leur chambre qui doit éh joignant l'appartement des Pénitentes, et en laquelle“ doit y avoir une porte, dont les Religieuses garderont clef, afin de pouvoir entrer dans leur Dortoir, s'il arriwa quelque accident.

De plus il doit y avoir, dans la même chambre, une pe+ tite fenêtre grillée fermant du côté des Religieuses, une lampe allumée vis-à-vis d’une image de la sain]

Vierge, laquelle image sera dans le Dortoir des Péri tentes, à l'opposite de la grille.

—… Si la Supérieure juge à propos, la Maîtresse pourra garder la clef le long du jour, pour entrer et sortir elle et ‘Sa compagne, quand il en sera besoin.

“ Entre les Religieuses, on choisira les plus anciennes “d'âge et de mœurs, pour les envoyer durant le jour avec les Pénitentes, et il ne sera point loisible à d’autres d'y “entrer que par l’ordre de la Supérieure.

Et on n'y enverra pas toujours les mêmes, mais on changera tantôt l’une des deux, tantôt l’autre, pour une - plus grande sûreté.

—… S'il y a quelqu'une des Pénitentes qui soit suspecte, ‘on l'enfermera à la clef dans une cellule pendant la nuit. Elles ‘ rendront toute sorte de respect et d'obéissance à leurs Maïîtresses, c’est-à-dire aux Religieuses qui les | “gouverneront, lesregardant et honorant comme personnes “qui leur tiennent la place du Sauveur, et qui coopèrent “avec lui au salut de leurs âmes.

Lorsqu’elles entreront dans la maison, on fera un mémoire de toutes les hardes et meubles qu'elles y apporon, qu'on leur fera signer.

Étant entrées, elles quitteront tous les apanages de la “vanité, et on fera en sorte qu’elles soient toutes habillées simplement et modestement.

Elles n’entreront point dans les cellules les unes des “autres sans permission.

On pourra avoir en la maison quelque honnête veuve hou fille déjà âgée et de bonne vie, qui soit résolue d'y

demeurer toujours, pour aider à les gouverner, laquelle “couchera dans leur dortoir, afin de veiller sur elles en Mabsence des Maïitresses, et qui aura aussi la liberté de + du Monastère, pour aller chercher du travail, et | reporter celui qu'elles auront fait.

| P. C'est ici que commencele chapitre premier, dans l'édition de 1737,

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