‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 16 sur 394 · CT. Œuvres complèles, tom. IV, p · texte numérisé non relu

CT. Œuvres complèles, tom. IV, p

2. Voir au Cérémonial de la profession les prières pour la bénédiction du cœur. Cf. Martine, Vie du P. Eudes, tom. 2, p. 150 ; Gostil, Annales de la Congrégation de Jésus el Marie, tom. 41, p. 62.

; l'appartenance des Sœurs à la Reine des Vierges, et - de l'éminente pureté que réclame leur vocation :. En plus des Sœurs de chœur et des Sœurs con- - verses, laCommunauté-admet quelques Tourières qui « sont chargées du service extérieur. Elles portent le cœur d'argent, mais elles sont vêtues de noir.et ne . font que le vœu d’obéissance*.

- La fête titulaire de | Ordre est celle du saint Cœur de Marie, qui a lieu Le 8 février ; mais les Sœurs célèbrent également avec la plus grande solennité la . fête du sacré Cœur Ge Jésus fixée par le Bienheureux au 20 octobre. |

Enfin, par dévotion pour la sainte Vierge, les Sœurs portent toutes le nom de Marie, auquel elles ajoutent, pour se dislinguer les unes des autres, le nom d'un myslère ou d'un Saint.

2. Saint François de Sales avail renvoyé à la suite des constitutions relatives aux récréalions, aux repas et aux habits, ce qui concerne l'Office divin et la sainte Communion. Par esprit de religion, le B. P. Eudes crut devoir modifier ce plan. Cest au début des Constitutions, mème avant celles qui fixent l’ordre des exercices journaliers, qu'il placa les prescriptions relatives à l'Office divin et à la samte Communion ; et il les fit suivre d'une constitution sur la prédication, qu on ne trouve pas dans l'œuvre de saint François de Sales.

En traitant de l'Office, le Bienheureuxcommence, comme il le fait toujours *, par en rappeler l'excel-

4. Voir, dans le tome VIII des Œuuwres, à la note de la page 603, le symbolisme de ce costume, indiqué par la sainte Vierge elle-même à Marie des Vallées.

2. Actuellement, chez les Sœurs du Bon-Pasteur, les Tourières font les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

3. Cf. Royaume de Jésus, part. 6, XXXI; Constitut. de la Congile Jésus et Marie, part. 3, ch. 6 : Mémorial de La vie ecclésiastique,

Hatroduction, p. XEVI.

lence et l'importance. « Une des plus saintes occupations des Sœurs, écrit-il, est de réciter ou de chanter les louanges de Dieu. Cet exercice leur est commun avec les Anges, avec les Saints, avec la bienheureuse Vierge, et aussi avec leur divin Epoux et leur très adorable Chef, qui -est Jésus, lequel, non seulement dans le ciel, où il est assis à la droite de son Père, mais aussi dans la terre, là où il est avec nous dans le très saint Sacrement, loue, adore et glorifie sans cesse son Père éternel. C'est pourquoi elles tâcheront de faire cette action saintement. »

Toutefois, pour que les Sœurs aient le temps de s'occuper de leurs pénitentes, au lieu de l'office canonial, elles ne récitent, d'ordinaire, que le petit office de la sainte Vierge. Les dimanches et jours de fêtes, elles chantent Tierce et Vêpres. Les jours ordinaires, elles ne chantent que le Magnificat ct V'antienne à la sainte Vierge qui termine Complies. Le reste de l'office se récite « à droite voix », mais le P. Eudes veut que les Sœurs apportent à le dire tout le recueillement et toute la dévotion intérieure dont elles sont capables.

A la place de l'office, les converses récitent quelques prières déterminées ; toutefois, celles qui savent lire disent en particulier le petit office .du S. Cœur de Marie composé par le Bienheureux.

Les jours de communion sont, comme à la Visitation, le dimanche et le jeudi ; mais la Supérieure est chargée de partager les communions de telle sorte qu'il y ait tous les jours quelques Sœurs à communier à la messe conventuelle. * TL

Il lui appartient aussi de procurer aux Sœurs, quand elle le juge bon, les conférences et instructions dont elles ont besoin, et auxquelles toutes doivent assister.

Dans la distribution du temps, et én tout ce qui touche à la vie matérielle, le B. P. Eudes n'a guère

fait qu’adopter les Constitutions de la Visitation. Pour mettre la vie religieuse à la portée de tout le monde, sans pourtant l’affadir, saint François de Sales avait réduit les austérités corporelles que les personnes faibles: ou âgées ne peuvent pas supporter ; mais en retour, par le morcellement du temps, la multiplication des exercices communs et l'obligation imposée aux Sœurs de se présenter deux fois par jour à la

‘Supérieure pour prendre ses ordres, il s'était ingénié P ,

à rendre complète la mortification de l'esprit propre et de la volonté propre’. Le P. Eudes estima que c'é-

1. Mg Bougaud s’est appliqué à mettre en lumière ce côté de la législation de saint Francois de Sales. « En même temps, dit-il, que saint Francois de Sales relâchaït certaines chaînes de la vie religieuse, il en resserrait d’autres, afin que la nature ménagée du côté de la chair, fût brisée et broyée du côté de lesprit et de la volonté.

« Le premier frein qu'il serra fut celui de la pauvreté. Elle est plus effrayante peut-être dans certains cloitres ; nulle part elle n'est plus stricte qu'à la Visitation, où tout est mis en commun, où chaque Sœur ne peut avoir en propriété aucune chose, pour petite qu’elle soit et sous quelque prétexte que ce puisse être ; où non seulement les chambres et les lits, mais les médailles, les croix, les chapelets, les images elles-mêmes sont changées chaque année, afin que les Sœurs vivent dans une abnégation complète des choses dont elles se servent, et ne puissent pas s’y attacher.

« Saint Francois de Sales resserra également le lien de l’obéis- ‘sance. C'est peu de ne rien faire sans permission générale ou particulière, comme dans les autres Ordres ; c’est peu d’obéir « soigneusement, fidèlement, promptement, simplement, franchement et cordialement » à la Supérieure ; le saint Évêque ordonna que chaque jour, après la récréation du diner, toutes les Sœurs se présenteraient à la Supérieure pour lui demander ce qu'elles devaient faire jusqu'au soir ; et que, le soir, elles viendraient de nouveau, comme des enfants, lui demander ce qu'elles feraient jusqu’au matin : exercice d'humilité et d’obéissance, qui ne laisse pas à une religieuse la libre disposition d’une minute de son temps.

« Pour achever de détruire la nature, saint Francois de Sales s’appliqua aussi à rendre plus douloureuses les mortifications de la vie commune. On ne les soupconne pas quand on vit'chez soi, libre et sans règles ; mais on peut s’en fier au témoignage des Saints. « Ma plus grande pénitence, disait l’un d’eux, c’est la vie commune ». Le bienheureux évêque de Genève le savait. Obligé derenoncer aux pénitences de la chair, ils’empara de la vie commune

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tait là le genre de vie qui convenait aux Religieuses de Notre-Dame de Charité, et c'est pourquoi, sur ce sujet, il s'en tint aux prescriptions de l'Evêque. de Genève.

Comme les Visitandines, les filles du P. Eudes se lèvent à cinq heures en:été, à cinq heures et demie ne hiver, et se couchent à dix heures; elles disent Matines Le soir à huit heures et demie, etne se lèvent pas la nuit; elles ne couchent pas sur la dure, ne jeûünent, en plus du Carème et des Quatre-Temps, que le vendredi et la veille de quelques fêtes, ne font abstinence qu'aux jours fixés par l’Église ; et par ailleurs, en fait de macérations corporelles, elles ne sont tenues qu'à prendre la discipline une fois par semaine: Mais elles trouvent, dans la vie commune, dans les exigences de la pauvreté etde l’obéissance, et plus encore dans les services qu’elles ont à rendre aux pénitentes, une occasion continuelle de renoncement et de mortification.

3. Après les constitutions. relatives aux divers exercices de la vie religieuse, viennent celles qui traitent des. vertus.

comme d’une discipline non sanglante; il est vrai; mais:très douloureuse. et ils’étudia à lui donner des épines qu'elle n'avait pas encore eues. Jusque-là, sans-doute; les lésislateurs de la vie monas tique avaient imposé aux religieux l’obligatiomde faire en commun un certainnombre d'exercices pendant le cours d'une journée: mais ces exercices, d'ordinaire, éfaient peu nombreux et placés: à de longs intervalles. De grandes heures: iibresétwent laissées chaque religieux qui les employait à prier à médifer. àéerire, à travailler dans sa cellule. On passait ainsi de la vie commune à la vie’ solitaire par-une succession qui les rendait l'une et l'autre plussaimables. Saint Francois de Salessupprima (ous-ces temps libres, qui sont d'une grande douceur dans-la vie religieuse: Ib partagea la journée depuis cinq heures du matin jusqu'à dix heures dinsoir, en une multitude d'exercices très courts, qui, se suecédant:sans cesse, s'enchainant les uns aux autres, ne laissent! pas: lat religieuse tranquille un instant, rompent sans: cesse sa volonté: et. lui imposent de demi-heure en demi-heure de: nouveaux sacrifices: » - Histoire de sainte Chantal, ch. XVII.

INTROPUCTION D!

Le P. Eudes ne revient pas sur le zèle pour le salut des âmes, qui est la vertu propre de l'Institut. H en avait suffisamment parlé dans la première constitution. Les vertus dont il s'occupe sont, outre Fobéissance, la chasteté et la pauvreté, qui sont les vertus caractéristiques de l'état religieux, la charité, la reconnaissanee, l'humilité, Ia modestie, la simplierté, et le silence qui, sans être une vertu proprement dite, mérite d'être rangé à la suite des vertus, dont il est bien souvent la sauvegarde.

Il est rare que, dans cette partie des Constitutions, le B. P. Eudes s’en tienne au texte de saint Francois de Sales. Presque toujours il y mèle ses vues personnelles et y ajoute des prescriptions de détail, dont l'expérience lui avait montré l'importance. C’est ce qui à lieu, en particulier, daus les censtitutions sur l’obéissance, la chasteté, l’humilité, le silence : elles sont en grande partie l'œuvre du P. Eudes. Quant à celles qui ont pour objet la reconnaissance et la charité, elles sont presque entièrement de sa main. La seconde est admirable. Nous ne croyons pas qu'il y en ait une seule, dans tout le livre, qui soit empreinte d'une plus exquise suavité. C’est que la charité fraternelle est, avec le zèle pour le salut des âmes, la grande vertu que le Bienheureux veut voir régner parmi ses filles. [1 leur rappelle qu'elles sont les filles de la Mère de belle dilection, et même les filles de son Cœur, et il leur recommande de considérer souvent la charité, la bonté, la miséricorde, la mansuétude admirable de leur bonne Mère, et de s'étudier à graver dans leur cœur une image de ses aimables vertus. Il veut « que la charité soit la reine, - la règle, l'âme etla vie de l'Institut ; qu'elle unisse tous les cœurs, les âmes et les esprits des Sœurs si étroitement, qu'elles n'aient toutes qu'un cœur, qu'une âme et qu'un esprit ; qu'elle reluise en

leur visage, en leur bouche, en leurs mains, en leurs paroles, en leurs actions, en tous lieux, en toutes choses. » Il ne faut pas toutefois que cette charité si bienveillante et si douce empêche la correction fraternelle que les Sœurs se doivent les unes aux autres, surtout quand elles sont investies de l’au- - torité; car, comme le dit justement le Bienheureux, « un des effets les plus signalés de la vraie charité, c'est d'aider le prochain à vaincre ses défauts, en l’avertissant et corrigeant avec un esprit de douceur et de bénignité ».

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