ARTICLE VIII
Du Silence.
Quand on sonne l’obédience, que les Sœurs se lèvent promptement et demeurent debout, avec un maintien humble et dévot, attendant l’obédience, disant en elles: mêmes : « Parlez, Seigneur, votre servante vous écoute# Ô mon Dieu,rendez-moi digne d'accomplir votre sainte volonté. » Et elles recevront en cette qualité tout ce q leur sera enjoint par la Supérieure, sans répliques excuses, encore qu’elles eussent quelque autre chose à faire ; mais si c'était chose pressée et nécessaire, elles lé diront par après à la Supérieure, et si elles sont Novices: elles s'adresseront à leur Maîtresse, qui en avertira la Sw périeure. ,
Sitôt que l'obédience sera donnée, les Sœurs qui n’om rien à demander se retireront en leurs cellules, ou autre lieu qui leur sera convenable, pour faire leurs ouvrages et ce qui leur aura été ordonné. Qu'en entrant elles se mettent plus particulièrement en la présence de Dieu, lui demandant la grâce d'employer le silence selon la fin pour laquelle il a été saintement institué, qui est non sew lement pour empêcher le vain babil, mais aussi poui retrancher les pensées vagabondes et inutiles, s’entrete nant avec l’Époux, et pour prendre nouvelles forces pou travailler sans cesse à son divin service. ;
Elles se pourront servir de l’Oraison du matin ,regardan! Notre-Seigneur au mystère où elles l’ont médité, et s’a | rêteront sur quelques-uns des points qu'elles auront plus goûtés. Par exemple, si elles ont médité le mystère de la Flagellation, et que le regard doux et amoureux que le | bénin Sauveur jetait de fois à autres sur ceux qui le fl& | gellaient, ait touché leurs cœurs, elles doivent se le repré senter souventes fois, faisant ensuite cet élancement | « O doux Jésus, regardez-moi des yeux de votre miséniA
Corde. » Une autre fois : « Hé Seigneur, Ôtez de moi toutce qui peut déplaire à vos yeux. »
Elles pourront aussi demeurer doucement aux pieds de Notre-Seigneur, comme Madeleine, écoutant ce qu'il dira à leurs cœurs, regardant sa bonté et son amour, et lui parlant de temps en temps par ces élancements de cœur et oraisons jaculatoires, telles ou semblables.
O Dieu, vous êtes mon Père, recevez-moi entre les
bras de votre divine Providence.
Mon Dieu, ayez pitié de ma misère.
Hé, Seigneur, que je ne vive que pour vous.
Hélas, mon salut, donnez-moi votre amour.
Vous êtes, à mon Dieu, toute mon espérance.
Jésus, soyez-moi Jésus.
Sauveur de mon âme, quand serai-je toute vôtre ? Recevez-moi, Ô bon Jésus, entre les bras de votre
Providence.
O mon Dieu, faites de moi selon votre divine volonté. Seigneur, que je ne vive point, si je ne vis pour vous. O mon Roi, quand vous verrai-je en votre gloire ? Seigneur, soyez propice à moi pauvre pécheresse. Hé Dieu, quand vous aimerai-je parfaitement ? Seigneur, donnez-moi un cœur humble et doux.
Mon salut et mon amour !
Mon Dieu, vous êtes mon tout.
O Jésus, vous êtes les délices de mon cœur.
Hé, Seigneur ! que j’accomplisse toutes vos volontés. Par votre bonté, gardez-moi de vous déplaire.
Mon souverain bien, je ne veux plus que vous. »
A la sainte Vierge
Ma chère Maitresse, je vous salue et vous révère de
tout mon cœur.
Mère de miséricorde, priez pour moi.
« Reine du ciel, je vous recommande mon âme.
Pre :
« Ma douce Mère, oblenez-moi l'amour de votre Fils:
« Ma chère espérance auprès de Jésus !
« Je me jette à vos pieds, doux Refuge des pécheu
« Faites-moi sentir votre pouvoir envers la sainte Tri nité, Ô glorieuse Vierge. »
Au bon Ange
« Ange glorieux, qui m'avez en garde, priez pour moi
« Mon cher Gardien, donnez-moivotre bénédiction.
« Bienheureux Esprit, défendez-moi de l'ennemi.
« Mon cher Protecteur, donnez-moi une grande fidé lité à vos saintes inspirations. »
Elles en feront de même envers les Saints et Saintes auxquels elles auront une particulière dévotion, commi à saint Joseph, saint Augustin, saint Jean-Baptiste, le Princes de l'Église saint Pierre et saint Paul, saint Jea l'Évangéliste patron des vierges, saint Bernard, sain Francois, sainte Anne, sainte Madeleine, les trois saintes Catherine, et autres glorieux Saints dont l’on aura lu vie à table.
Quand l'horloge sonnera, qu'elles soupirent les heures inutilement passées ; qu'elles pensent qu'il faudra rendre compte de cette heure et de tous les moments de leur vie
Qu'elles approchent de l'Éternité ; "4
Que les heures sont des siècles aux ne damnés
Que nous courons à la mort ;
Que notre dernière heure sonnera peut-être bientôt.
Que les Sœurs fassent ensuite de telles pensées quelq dévote aspiration, afin que Dieu leur soit propice à cett dernière heure. Ce qui arrivera infailliblement à celle qui se rendront très soigneuses de cet exercice, leque elles pourront pratiquer en tout temps et en toutes occa sions, par le moyen duquel elles croîtront et profiteron tous les jours de vertu en vertu, jusques à la perfectio de l’amour divin. |
| Celles qui seront travaillées de quelques tentations ou jassions, pourront s ‘encourager “et fortifier par la consiération des travaux de Notre-Seigneur, et se le repréentant en iceux. Et quandelles auront des difficultés en exercice des vertus, si elles le regardent en la pratique e celles qu'il a exercées tandis qu'il a été en cette vie, Îles seront instruites et aidées.
ARTICLE IX Du coucher.
“Que les Sœurs soient promptes à se déshabiller, et nnent tant qu'il leur sera possible leur esprit attentif point qu'on aura lu pour l'Oraison du matin.
Qu'elles soient très exactes à garder l'honnèteté et inte pudeur, ne se découvrant en aucune façon, et ient soigneuses qu'on ne les voie point en se levant et Duchant, lorsqu'elles n'auront pas chacune leurs ambres.
Quelles ne sortent point de leurs cellules sans être véès, sinon par quelque pressante nécessité, ni sans avoir voile sur la tête.
“Étant au lit, qu'elles se souviennent que Notre-Seigneur plusieurs Saints dormaient sur la terre froide, et comen elles sont obligées de l'aimer et le servir, puisque douce bonté leur donne si paternellement leurs petites mmodités.
“Qu’elles se couchent en la même posture qu'elles seïent si elles voyaient Notre-Seigneur de leurs propres x; car véritablement il les regarde en cette action, i bien qu'en toutes autres.
tant couchées, elles se représenteront qu'un jour les seront ainsi étendues dans le tombeau, et prieront qu'il les assiste à l’heure de la mort.
— Qu'elles essaient de s'endormir toujours en quelque
bonne pensée, parce qu'il y a un démon qui épie leut sommeil, pour. l'infecter de quelques mauvaises imagina tions, et un qui épie leur réveil, afin de remplir leur es prit de mille vaines et inutiles imaginations. :
Elles porteront leurs cœurs la nuit, et un petit voile noir sur la tête, et une barbette. ñ
ARTICLE X Des Confessions, et de l'ordre d'y aller.
Quand les Sœurs se voudront confesser, elles feront le préparation en cette sorte. S'étant prosternées en espri d'humilité aux pieds de Notre-Seigneur crucifié, elles diront dévotement le Confiteor, jusques à mea culpa, & demanderont la grâce et la lumière du Saint-Esprit pout bien connaître leurs fautes ; puis rassembleront tout ce qu'elles auront remarqué en leurs examens journaliers: depuis la dernière confession, penseront un peu s'il a rien de plus, et achèveront le Confiteor, disant med culpa. Après quoi elles demanderont très humblemen pardon à Notre-Seigneur, et la grâce de se corriger ; de quoi elles feront une bonne résolution, spécialement des choses plus importantes qu’elles remarqueront, les dé testant et tâchant de donner à leur âme une vraie douleut de leurs fautes, pour petites qu'elles soient : car c'es
miséricorde.
Après avoir remarqué leurs fautes, elles y ajouteronl quelque chose de ce qu’elles ont fait au monde, qui soil
ou un mensonge par vanité ou pour porter dommage autrui, et feront de tous ensemble l'acte de contrition.
érre, honorant Dieu et le sacré sacerdoce en la personne Prêtre, le considérant en confession comme un ange Je Dieu, qu'il nous envoie pour nous réconcilier avec sa divine bonté.
“Quelles disent purement et simplement ce qui les louche, et se gardent bien d’accuser la faute d'autrui avec leur. Qu'elles soient courtes et claires en leurs confessions. Qu’elles ne soient pas aussi si courtes, que cela ur fasse oublier de dire ce qui est nécessaire pour se jien déclarer comme la chose s'est LS et à la facon la plus intelligible qu’elles pourront. Etn'y aillent point par coutume, ni sur de vains scrupules, ains avec dévoot et attention, comme en une action de très grande iportance et gravité.
“Étant à genoux, elles feront le signe de la croix, disant: Benedic Pater, quia peccavi. Après avoir recu la béiédiction, elles diront tout ce qu'elles auront remarqué
onfessions un péché, comme il à été dit ci-dessus, en ette sorte : « Je m'accuse aussi d’avoir dit, étant au monde, ln mensonge par vanité »; ou bien: «Je m'accuse d'avoir u trefois médit de quelqu'un par haine » ; une autre fois : &je m'accuse d'avoir autrefois murmuré des actions autrui. »
Bsant achevé leur confession, qu’elles écoutent avec amilité et tranquillité ce que le confesseur leur dira. fais s'il leur conseille quelque chose contraire aux Règles beoutumes de la maison, elles le prieront de les excuser, arce Reithes croient cela n'être conforme à ce Res RUE
Dér 0 nr diaire et-hors du train de la commu-
tauté, elles diront : « Mon Père, je supplie très humbleent votre Révérence de me changer cette pénitence,
lar je ne pourrais bonnement l'accomplir. »
Si les confesseurs les enquièrent de quelque chose qui
lesoit pas de la confession, comme par exemple, de
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quelques tentations, exercices ou difficultés, elles pou ront, si elles le veulent, répondre en ce qui lestouche set lement ; mais si elles ne désirent pas d'en parler ave eux, elles diront : « Mon Père, excusez-moi s'il vous plai je crains de m'embrouiller l'esprit en parlant de cela : n'en ai, grâces à Dieu, aucun scrupule ni remords 4 conscience. »
A partir de là, elles ne doivent aucünement parler 4 ce qui leur a été dit en confession, sinon que ce fût quelq chose si utile et dévote, qu'il semblât à propos de le di pour l'instruction et édification des autres, sans tout fois faire apparaitre d'où elles l’ont appris. Mais si quelque confesseur les troublait en confessio: après avoir invoqué Notre-Seigneur, elles demandero humblement à la Supérieure de ne s'y plus confesser: Elles se confesseront deux fois la semaine, la veille di vant la communion ordinaire du dimanche et jeudi, savoir le mercredi et le samedi. Si on anticipe ou retarc le jour de la sainte communion, on devra de même an ciper ou retarder la confession. Aucune ne différeram avancera sa confession, que pour quelque légitime oce sion, et avec la licence de la Supérieure, et pour lors ell iront tirer leur cordon à la carte. V Elles ne se confesseront point durant l'Office, ta que faire se pourra, sinon celles qui ne sont pas“ Chœur.
Au son de la cloche pour la confession, elles se r@ dront toutes si à propos au lieu assigné, qu’il ne fail point aller les chercher. Celle qui sera confessée ira dili gemment appeler celle qui suit, les deux ou trois qui ve après la Sœur qui se confesse, et ainsi consécutiveme de l’une à l’autre. = Elles y iront par ordre, commencant par les préte dantes, puis les novices et professes domestiques, cor nuant par les autres novices et professes, et finissant pai la Supérieure. | |
Après la confession, elles feront leur pénitence le plus promptement qu'elles pourront, avec une grande contrition et généreuse résolution.
ARTICLE XI De la sainte Communion.
La principale intention que les Sœurs doivent avoir à Ja sainte Communion, doit être pour la gloire de Notre- Seigneur et leur union avec lui.
mn Or, pour s’y mieux préparer, le soir devant que de la faire, il sera bon, en l’Oraison et en leur recueillement, de dresser quelque peu leur pensée à Notre-Seigneur en ‘ce saint Sacrement, excitant en leur âme une sainte révérence et joie spirituelle de devoir être si heureuses que de recevoir notre doux Sauveur : et lors il faut faire nouvelle résolution de le servir fervemment, laquelle elles - 5 confirmer, l'ayant reçu, non pas par vœux, mais par un bon et saint propos.
Sur le point de la communion, elles pourront user de quelques élancements de paroles mentales, comme celle
de saint François : « Qui suis-je, Seigneur, et qui êtes- (vous ? « ou bien de sainte Élisabeth : « D'où me vient ce bonheur, que mon Seigneur vienne à moi ! » ou celle de Saint Jean l'Évangéliste : « Oui, venez, Seigneur Jésus ! » ou celle de l’Épouse sacrée : « Que mon Seigneur me (baise d’un baiser de sa bouche », et semblables.
Après la sainte communion, il faut regarder Notre- Seigneur assis dans notre cœur comme dans son trône, et ui faire venir l’une après l'autre nos puissances et nos Sens, pour ouïr ses commandements et lui promettre fidélité.
On pourra encore s’'émoudre! l’âme à plusieurs saintes