‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 162 sur 394 · Emoudre, aiguiser, exciter · texte numérisé non relu

Emoudre, aiguiser, exciter

affections, comme de crainte de contrister rt Seigneur, disant avec David : « Ne vous départez point.

moi »; et avec les Pèlerins : « Demeurez avec nous,cari se fait tard. » s

A la confiance et force d'esprit avec Daniel : « Je ne craindrai nullement, parce, Seigneur, que vous êtes avec moi. » | à

A l'amour avec l'Épouse: « Mon bien-aimé est à moi, je suis à lui ; il demeurera sur mon cœur. J'ai trouvé ce lui que mon cœur désire, je le conserverai soigneuse ment. » .

A l’action de grâces avec Abraham: « O Seigneur, par ce que vous m'avez fait cette grande grâce, je vous béni rai de bénédictions éternelles, et multiplierai vos louange comme les étoiles du ciel. »

A la résolution de le servir, par les parolés de Jacob» «Dieu me sera mon Dieu, et la pierre de mon cœur ci-de vant endurcie sera sa maison. »

On peut penser à l'ardeur intérieure de Notre-Dame lorsque l’Ange lui dit que le Saint-Esprit viendrait en e sa dévotion, son humilité, sa confiance, son courage;e qu'en même temps qu'elle entendit que Dieu lui donmai son Cœur, qui est son Fils, elle se donna réeiproquemen à Dieu, et que lors cette sainte âme se fondit en charitt si qu'elle pouvait dire : « Mon âme s’est liquéfiée fondue quand mon Bien-Aimé m'a parlé. » Or quant nous, nous recevons une pareille grâce. à la communion car non un Angë, mais bien Jésus-Christ nous assure qu'en icelle le Saint-Esprit vient en nous, etpar manièt de dire, nait en nous et y est concu.

O Dieu, que de suavité et de douceur ! Et partant, l'âme peut bien dire comme cette sainte Dame, après cette cok sidération : « Voici la servante du Seigneur, qu'il mes@ fait selon sa parole », puisqu'ila dit de sa sacrée bouche Que quiconque le mange, il demeure en lui, qu'il vit pour lui et en lui, et ne mourra point éternellement.

— Les Sœurs pourront, tant pour la sainte Messe que pour la très sainte Communion, faire ces considérations ou

telles autres que le Saint-Esprit leur suggérera.

…. Elles communieront par ordre, commencant par la Su- périeure, et ainsi des autres.

Elles iront à la main droite, feront l’enclin à la Pa brieure en allant, et la génuflexion devant que de s’age- | nouiller pour communier.

La Sacristine commencera le Confiteor intelligiblement, Met à même temps la première s'ira mettre à genoux à la Mfenêtre, le voile baissé jusques sur le nez, ou plus haut, ktenant la tête droite et ferme, sans se remuer ni avancer. Après la sainte Communion, elles se retireront aussitôt à gauche, feront la génuflexion au Saint-Sacrement, et l'en- “clin à la Supérieure, se remettant en leurs places à genoux. Les Sœurs communieront de plus que la Constitution ne l'ordonne, une fois chaque semaine de Carême, et Mioutes les fêtes suivantes : de saint Paul, saint Joseph, Sainte Catherine de Sienne, sainte Croix ; la fête du très saint Cœur de la bienheureuse Vierge, le huitième jour kde Février, en mémoire qu'à tel jour la Congrégation fut érigée ;: sainte Madeleine, sainte Anne, Notre-Dame des Neiges, saint Bernard, la fête du Saint principal auquel leur église est dédiée, saint François, sainte Catherine Martyre, saint Charles, les saints Innocents, le jour de Meur Profession, la Conversion de saint Augustin, la fête Mu saint Nom de Marie, celle de ses Joies, et la fête de PExpectation.

Mu ïtem, les fêtes suivantes, sielles n'arrivent la veille ou He lendemain des Communions ordinaires, et que la Supé- \rieure l'ordonne :saint Antoine, sainte Agnès, saint Ignace ide Loyola, saint Thomas d'Aquin, saint Benoît, saint François de Paule, saint Jean Porte-Latine, sainte Monique, saint Alexis, sainte Marthe, saint Louis, la Décol- Mation de saint Jean, saint Nicolas de Tolentin, l'Ange gardien, saint Denis, saint Dominique,saint Bonaventure,

sainte Thérèse, saint Nicolas, le jour qu ‘elles ont pri l'habit, et du Saint de leur nom.

La première Communion de chaque mois se fera pou le renouvellement de leurs vœux. j

La seconde, pour l’exaltation de la sainte Église, pou le Pape et pour les Ecclésiastiques. |

La troisième, pour la conservation, union et perfectio de l'Ordre. .

La quatrième, pour la conversion des infidèles et des p cheurs.

La cinquième, pour la conversion de nos Sœurs pé nitentes. |

La sixième, pour l'union entre les Princes chrétiens notamment pour celui du pays où la Congrégation®s trouve établie, ou autres nécessités publiques.

La septième, pour les fondateurs et bienfaiteurs.

Une, avec une Messe, pour les âmes du Purgatoire proche le temps que l’on dit l'office des Morts. |

Une au décès des plus proches parents de quelque Sæ quand la Supérieure le trouvera bon.

Et les Sœurs peuvent appliquer plusieurs de leurs Com munions, avec permission, pour leurs parents décédés durant l'anniversaire.

La Supérieure ou autres communiant tra ment, n'empêche pas que trois Sœurs ne communier selon leur ordre.

Quand elles sont petit nombre, elles ne ne que deux à la fois, afin que chacune n'ait qu’une Commi nion extraordinaire par semaine.

Au commencement de leurs Communions générales, 01 mettra du parfum tant qu'il se pourra.

Avis sur le Directoire.

Le Directoire propose quantité d'exercices, il est vrai etil est encore bon et convenable, pour le commencement

de tenir les esprits rangés et occupés. Mais quand, par le progrès du temps, les âmes se sont exercées en cette multilplicité d'actes intérieurs, et qu'elles sont façonnées, déompues et dégourdies, alors il faut que ces exercices s'unissent en un exercice de plus grande simplicité : à Savoir, ou à l'amour de complaisance, ou à l'amour de bienveillance, ou à l’amour de confiance, ou de l’union et réunion du cœur à la volonté de Dieu, ainsi que l’exerlice de l'union marque ; de sorte que cette multiplicité Se convertisse en unité. Mais c’est à la Supérieure à connaître et discerner l'attrait intérieur, et l’état de chacune de ses Filles en particulier, afin qu'elle les conduise toutes selon le bon plaisir de Dieu. Et de plus, s’il se trouve quelques âmes, voire même au Noviciat, qui craignent trop d'assujettir leur esprit aux exercices marqués, pourvu que cette crainte ne procède pas de caprice, outrecuidance, dédain ou chagrin, c'est à la prudente Maîtresse de les conduire par une autre voie, bien que, pour l'ordimaire; celle-ci soit utile, ainsi que l'expérience le fait voir.

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