ARTICLE XII
Du devoir des Novices envers leur Maîtresse.
| Qu'elles aient un amour très cordial envers leur Maitresse, et ume confiance toute filiale accompagnée de respect, lui témoignant une gratitude et reconnaissance pour le soin et travail qu’elle a à dresser leurs esprits.
Quelles suivent sa direction avec humilité, lui rendant fidèlement compte deleursaclions etdetout leur intérieur, lui parlant en la même sorte quil sera dit pour la Supérieure.
Mais quand elles seront aux assemblées où la Supé-
1: Dans l'édition de 1737, les devoirs envers la Supérieure forment Particle 12, et ceux envers la Maîtresse du Noviciat l’art. 13.
rieure sera présente, il ne sera pas besoin qu'elles & lèvent lorsque la Directrice entrera ou sortira, ains set lement elles feront l’enclin de la tête. Si néanmoins ell vient parler à quelqu’une d’entre elles, quelque part qu ce soit, il faut que la Novice se lève, comme aussi quan elle entrera au Noviciat.
Quand la Supérieure enverra une Novice en quelqu lieu hors de l'assemblée, il ne faut pas qu'elle demand congé à la Directrice ; mais seulement, si c'est pour dé meurer longtemps, elle lui ira dire: « Ma Sœur, nott Mère m'envoie en telle part » ; et fera l’enclin à la sa rieure de la place où elle sera.
Sitôt que l’obéissance sera donnée, que les Nowices & retirent promptement au Noviciat, se mettant plus part culièrement en la présence de Dieu, lui demandant & grâce, afin de bien profiter des enseignements qui leu seront donnés. à
Qu'’elles fassent des questions à la Directrice, pour avoi un plus grand éclaircissement des Règles, Constitutios et Coutumier.
Quand la Directrice aura achevé de leur lire ou El quer un point de la Règle, du Directoire ou Catéchisme elles demeureront en silence, s occupant selon qu'il leu sera ordonné.
Qu'elles ne sortent en aucune sorte du Noviciat sansi licence de la Directrice ou de celle qu’elle aura nommé Assistante, et qu'en sortant, elles l’avertissent du lieu 0 elles iront. |
Les Novices Professes ne seront pas obligées à demet rer dans le Noviciat, sinon tandis qu ir y pratique le exercices. |
Elles s’adresseront à la Directrice pour toutes leurs né cessités, hormis quand elles seront en la présence de Supérieure, et lui rendront compte seulement une fois semaine.
Toutes rendront une obéissance très simple à la Dir
POUR LES SŒURS DE N.-D. DE CHARITÉ oi
“rice en tout ce qu’elle leur commandera, sans répliques ni excuses, et ne parleront point de ce qui se fait au Noh iciat, tant des coulpes qu'autres choses.
' . Pour apprendre à se bien confesser, elles iront le ma- “tin, tant qu'il se pourra, parler à la Directrice, pour être äinstruites à se confesser clairement, courtement, avec Wontrition, et aller comme il faut à ce saint Sacrement, ‘sans y conter des histoires qui ne servent de rien.
* Les Novices ne laisseront pas de faire leurs ouvrages fau Noviciat en tout temps, excepté lorsque la Directrice leur parlera à toutes en commun, le mercredi au matin, après les coulpes. Et elles doivent, selon la signification “de leur nom, se tenir pour les moindres et dernières de “toutes, et par conséquent être grandement humbles, serwant et respectant un chacun avec une soumission reimarquable.
ARTICLE XIII Du Devoir des Sœurs envers la Supérieure.
Les Sœurs rendront un grand respect à la Supérieure, egardant Dieu en elle, et l'honorant comme l'organe du Saint-Esprit. En suite de quoi, lorsqu'elles lui rendront compte de leurs consciences, elles se mettront à genoux, Shumiliant non seulement de corps, mais aussi d'esprit,
pour recevoir les avis, remontrances et corrections qu'elle
Mais si la Supérieure leur commande de se lever, elles e feront simplement.
Que si par rencontre elle mortifie quelque Sœur, elle e mettra soudain à genoux, demeurant ainsi les mains Dintes el les yeux en terre, jusques à ce que la Supé- Heure cesse de parler à elle ; puis elle baisera la terre, et si la Supérieure est encore présente, elle lui fera un and enclin en se relevant. Il leur sera très utile de re-
cevoir en cette sorte les mortifications et humiliations; comme remèdes convenables et nécessaires à leurs ma ladies, s'imaginant qu'elles sont ainsi que des petits en fants, auxquels la douce et charitable mère donne l'ab sinthe et le chicotin, drogues très amères, l'une pour les garantir des vers, l’autre pour les sevrer de la mamelle; etles accoutumer aux viandes solides. Qu'’elles se garden: donc bien de croire, quand on les corrigera ou qu’on leur fera des avertissements, que cela se fasse par passion où mauvaise volonté ; ains qu'elles tiennent pour assuré que c’est une vraie marque de l'amour qu’on leur perte et du désir que l’on a de les voir persévérer en leur vo cation, et parvenir à une très haute perfection.
Recevant quelque obéissance un peu extraordinaire elles se mettront à genoux et baiseront la terre. Lors qu'elles donneront ou prendront quelque chose de la mai de la Supérieure, soit lettres, livres, ouvrages et chose semblables, elles mettront un genou en terre et baise ront sa main, sauf dans le Chœur.
En quelque part qu'elles soient, si la Supérieure pass près d’elles, elles se lèveront et feront un enclin, excepté quand elles sont à genoux au Chœur, qu'elles s'inei neront seulement.
ARTICLE XIV Documents fort utiles.
Toutes les Sœurs doivent être fort attentives à se per fectionner selon leur Institut, par une ponctuelle obser vation, rapportant à cela toutes les lumières qu’elle recevront tant aux lectures, conférences, oraisons, con fessians et prédications qu'autrement ; ne prenant jama de tout cela chose aucune qui soit contraire à leur Inst tut. Pour bon qu'ilsemble être, et qu’en effet il Le füt, ne le serait-il pas pour elles. Chacune se doit perfection
ner selon sa vocation, d'autant plus que les préceptes de toutes les vertus sont enclos dans les Règles et Constitutions, et les Sœurs ne doivent rien tant craindre, sinon que l'on vienne à les négliger, et par ce moyen à se relâcher de cette exactitude tant nécessaire.
Que la Supérieure de chaque Monastère prenne soigneusement garde qu'on n’introduise aucune nouveauté, retranchant toutes prétentions de faire plus ou moins que ce qui est compris dans l’Institut. Et surtout, il est requis que les Sœurs continuent à se découvrir à la Supérieure ävec l'entière simplicité et sincérité quela Constitution marque, et que réciproquement, les Supérieures aient un très grand soin de conserver cette confiance filiale des Sœurs en leur endroit, par un amour tout cordial etsuave.
t avis est de si grande importance pour maintenir l'es-
rit de l'Institut en sa perfection, que quand il manquera, lesprit de la Congrégation défaudra, lequel étant conervé enrichira le paradis d'âmes.
… Les Sœurs doivent continuellement aspirer à la vériable et sincère humilité de cœur, se tenant petites et asses à leurs yeux. Et quand le monde Jes tiendra pour elles et les méprisera, qu'elles reçoivent ce mépris omme chose très convenable à leur petitesse, etun gage récieux de l'amour de Dieu envers elles ; car Dieu voit volontiers ce qui est méprisé, et la bassesse agréée lui est joujours fort agréable.
m1. L'édition de 1737 contient ici l'alinéa suivant, qui parait bien être du B. Jean Eudes. On le trouvait déjà dans la première édition du Coutumier, à la suite du cérémonial de la Profession :
-« Si on veut conserver cet esprit primitif, il faut être fidèle et inxible à ne jamais admettre à la sainte Profession aucunes filles inaient les conditions requises: autrement on se détruirait, et out le bien et la paix de la maison. Pour cet effet, les Supérieures oivent bien examiner les Novices, pour voir si elles sont bien réolues à la persévérance en leur sainte vocation. Si on voyait une ille qui n'eût pas un grand désir de faire la sainte Profession, il la udrait sans doute renvoyer ; car ce bien est si grand, quil faurait être insensible pour n’en témoigner pas un désir ardent. »
EEE
Qu'elles se montrent très affectionnées, autant que Constitution onzième le permet, à la pratique de ce doc ment qui est d'un prix inestimable : Ne demandez rien ne refusez rien ; mais qu’elles se tiennent disposées pot faire et souffrir tout ce qui leur arrivera de la part de Die et de la sainte obéissance. Cela nourrira en elles la saint paix et tranquillité de cœur, qui leur a été si souventré commandée. À quoi servira encore qu’elles ne se plaignef point les unes parmi les autres, de leurs tentations, dé goûts, aversions et difficultés, ni même des incomme dités corporelles, sinon à la Supérieure. À
Qu’elles fassent grande profession de ne se point ext ser, non seulement sur les avertissements, mais encoi ès fautes légères.
S'il arrive à une Sœur de dire à uneautre des parole sèches ou tant soit peu contraires à l'humilité, elle dot incontinent lui demander pardon, se mettant à genoux“ baisant la terre : ce que l’autre Sœur fera pareïlleme usant de quelque trait de cordialité en son endroit! M
Quand les Sœurs parleront de leurs défauts et de qui touche à leur personne, elles useront du terme singu lier, comme par exemple: J'ai rompu le silence; je sut imparfaite, j'ai mal à la tête, et semblables ; maîs en # le reste, elles parleront au pluriel, comme : Vous avon des cellules ; notre robe est gâtée ; nous avons faittell el telle chose.
Les Sœurs? ne pourront donner en leur nom aucun chose, et ne leur sera pas seulement loisible de se pr ter ou donner les unes aux autres sans licence.
Mais quand il sera requis de faire quelque présent, dl Supérieure le donnera ou fera donner au nom de tout
1. Cet alinéa est supprimé dans l'édition de 1737, comme étan une répétition de ce quiest prescrit dans la Const. XIX, de la Charitt
2. Cet alinéa et les sept qui suivent ont été supprimés dans l’éditic de 1737, sans doute parce qu'ils ne sont que la répétition de chos prescrites ailleurs. :
la Cornmunauté ; et se tiendra-t-on en cela même dans es bornes de l’humilité, simplicité et pauvreté religieuse, qui sont vertus particulièrement recommandées “aux Filles de Notre-Dame de Charité.
“Les Sœurs s’essaieront d'être courtes et retenues au parloir, même avec des personnes spirituelles, parce qu'aux longs entretiens, il se glisse facilement des superfluités et oisivetés de paroles.
Il ne leur sera jamais loisible d'y manger, et tant qu'on pourra, on les exemptera d’y aller la matinée des Fêtes, au temps de Carême et de l’Avent, et pendant les re- Mraites , mais néanmoins la Supérieure le permettra quand elle le jugera à propos.
La Supérieure, pour quelque grande et signalée occa- Sion d'affliction publique ou particulière, pourra faire faire des oraisons, jeûnes, pénitences et communions exltraordinaires pour quelques jours, prenant l'avis toutefois de ses Coadjutrices.
Elles feront demi-heure d'oraison pour les pécheurs laux trois jours de Carème prenant’, devant ou après la lecture.
Les Sœurs porteront un grand respect à la parole de Dieu, de quelque part qu'elle leur soit annoncée, Fécoutant avec attention et révérence, et feront le même de toutes les choses saintes et des vertus, desquelles elles parleront avec honneur et révérence, sans les tourner en récréation.
Tant qu'il se pourra bonnement, la Supérieure fera \qu'il y ait prédication toutes les Fêtes solennelles de l'an- (née, tous les premiers dimanches du mois, les dimanches ide Carème, et une ou deux fois la semaine.
M Les Sœurs auront un jour tous les mois, pour s'entretenir toutes ensemble et pour se récréer saintement par forme de conférences spirituelles, environ une heure du
Lo Lea :
+ C'est-à-dire, les trois premiers jours du Carême.
hs
silence de l’après-diner, ou autre heure que la Supérie jugera à propos.
C'est aussi à sa discrétion de les mettre deux à deu ou plusieurs ensemble, ou de les laisser en liberté de & choisir elles-mêmes, ou bien la Supérieure avec les Pr@ fesses, et les Novices ensemble ; mais non point dans le cellules, ni les aides, quand elles s'entretiennent à la f du mois, sinon qu'elles aient congé. |
ARTICLE XV Des menues Licences.
Les Sœurs sont en liberté d'aller visiter le très sai Sacrement, pour faire courtement quelque acte d'adora tion.
De faire quelque prière vocale, allant ou venant pad maison, el pour qui elles veulent.
De demeurer, les jours de Fêtes, environ demi-heu au Chœur, entre Prime et Tierce!.
D'y faire la lecture. ou dans le jardin.
De se promener, ou retirer en solitude, faisant le ouvrages ès heures qui ne sont point de communauté en sorte que cette liberté ne nuise point au recueillemen
De lire, à toutes heures commodes, quelque chapitre di leurs Règles et Constitutions, ou quelque peu de leu livres, pourse distraire des tentations ou recueillir l’espri de dévotion.
De chanter des cantiques spirituels aux récréations, même au silence, sans interrompre les autres. |
De parler bassement et courtement durant le silence pour choses nécessaires.
1. Dans l'édition de 1737, l'alinéa est ainsi conçu: « De demeur@ au chœur, les dimanches et fêtes, le temps qu'elles en auront la dé votion, sans préjudice des soins qu’elles doivent, à leurs charges.
… De se retirer un peu en solitude, lorsque plusieurs tra- “aillent en même ouvrage pendant le silence, ne quittant jamais les exercices communs pour quelque ouvrage, sans nécessité extraordinaire.
De se promener ensemblement pendant la récréation, “et ès jours de Fête après le rapport des lectures, s’en- tretenant dévotement.
Elles peuvent faire des récréations extraordinaires par intervalle, mais rarement.
Dieu soit béni, el sa très sainte Mère.