‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 228 sur 394 · Ë III. — LES LETTRES AUX RELIGIEUSES DE (2 NOTRE-DAME DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

Ë III. — LES LETTRES AUX RELIGIEUSES DE (2 NOTRE-DAME DE CHARITÉ

Nous avons dit qu'il nous reste 51 lettres du

\P: Eudes aux Religieuses de Notre-Dame de Charité.

Hormis la lettre XXXIV, dont l'original se conserve

au monastère de La Rochelle, et les lettres XLV,

XLVII, XLIX, LI, qui nous ont été conservées

par M. Hérambourg, elles sont toutes tirées du Re-. cueil de Caen. Nous en possédons le texte complet,

hetgénéralement nous en connaissons la date.

De ces 51 lettres, 17 furent adressées à la Mère

lPatin?, 10 à la Mère Marie de la Nativité Herson,

| 1. Introduction au Cœur admirable, passim.

M2. Francoise Marguerite Patin, religieuse de la Visitation, qui, à | 4 de 1644, exerca à deux reprises, et la dernière fois pen-

4 à la Sœur Marie de l'Assomption Eustache, 4 à Sœur Marie de Sainte-Agnès Deschamps, 3 à la Mèr Marie du Saint-Sacrement Pierre, 5 à diverses relë gieuses, et 8 à la Communauté tout entière. ÿ Ces lettres sont pour. les Religieuses de Notre Dame de Charité ce que sont pour nous les lettres adressées à nos premiers Pères.

Il est aisé, en les lisant, surtout si on y ajoute le lettres écrites par le Bienheureux à Madame de Ci milly, dé suivre pas à pas l’histoire de l'Ordre, dé puis ses origines si modestes .et si pénibles, jusqu la mort du'P. Eudes. Pour le Serviteur de Diet, cette histoire, comme celle de la Congrégation d Jésus et Marie, fut jalonnée de croix de toutes sortes Ce furent, au début, des divergences de vuesentrt lui et sa principale coopératrice, qui ne tarda pas” se retirer, et dont le départ ébranla la vocation de premières postulantes, et faillit amener la ruine de l'œuvre naissante'. Puis vint l'opposition persis tante de Ms Molé, qui cessa tout à coup, commé pa miracle, le 8 février 1651, jour de la fête du Saïn Cœur de Marie, fête patronale de l'Institut’. Bientôt après, voici que la conduite de la maison est enle vée au Bienheureux, sans que la Mère Patin qui placée à la tête de la Communauté, en paraisse hier vivement affectée’. Un. peu plus tard, quand Communauté s'apprête à se transporter dans l'in meuble qu'elle a acheté pour s'y établir, ce sontiles uchevins de Caen qui menacent de s’y opposerh Puis ce sont des dissentiments entre le P. Eude

dant de longues années, les fonctions de Supérieure du Monastt de Notre-Dame de Charité de Caen. Elle y mourut le 31 octo 1668, à l’âge de 68 ans.

1. Lettre I. — 2. Lettre III. 3. Lettres aux prêtres de ia Congrégation, Lettre XXIV. cf. Lettres aux Religieuses, Lettre IX. — 4. Lettre X.

a Mère Patin au sujet des démarches à faire en Cour Rome pour l'approbation de l'Ordre’. Après la -mort de la Mère Patin, c'est le refus opposé par la Mère Marie du Saint-Sacrement Pierre à la demande que faisait le P. Eudes de deux Sœurs pour la fondation de Rennes, refus accompagné de réticences dont le Bienheureux ne put s'empêcher de manifester sa surprise ?.

… De toutes ces difficultés, ce sont celles que souleva Tenvoi à Rome de M. Boniface pour solliciter l’ap- | cp de l'Institut, qui occupent le plus de place dans les lettres du Bienheureux. Conseillée, semblemil, par le nouveau Supérieur de la Communauté, Le Grand, et aussi par quelques religieuses de la Visitation, la Mère Patin ne consentit à cet envoi qu'avec peine ; et comme l'affaire traina en longueur, cene fut que difficilement que le P. Eudes obtint felle l'argent requis pour faire face aux dépenses de m agent ; elle finit même par refuser complètement lui en fournir. Les lettres que le Bienheureux lui it à ce sujet sont parfois un peu vives. Il attaait une importance considérable à Er de

enre, et que la Mère Patin préférät à ses conseils ux de personnes moins dévouées que lui au bien l’Institut et moins au courant des difficultés à

dans quelques autres du même genre, les Reli-

ieuses de Notre-Dame de Charité ne partagèrent as la manière de voir de leur Supérieure. Du moins, ïelques-unes lui écrivirent pour lui exprimer la rt qu'elles prenaient à sa peine, et les réponses

4° Lettre XVIII et suivantes. — 2. Lettre XXXIII.

qu'il leur fit montrent qu'il n'imputait point à Communauté les actes de la Mère Patint. | Il s'en faut, d’ailleurs, que les lettres du P. Eude à la Mère Patin portent uniquement sur des que tions d’affaires. La direction y tient une large placé etilest vraiment curieux de voir cette bonne rel# gieuse confier ses inquiétudes etses peines intérieures à un homme dont, plus d’une fois, elle contreca les vues dans la conduite de la Communauté. Etc qui rend la chose encore plus piquante, c'est que parfois, dans une même lettre, on entend parlerMle directeur qui se sent écouté, et le fondateur quise plaint de ne l’être pas assez ?.

Si intéressantes que soient, au point de vue histo rique, les lettres du P. Eudes aux Religieuses d Notre-Dame de Charité, elles le sont encore davañ tage peut-être au point de vue ascétique. | Le Bienheureux, en effet, profitait de toutes les occasions pour former ses Filles à la piété, et po les instruire de la grandeur et des obligations de le vocation ; à tel point que ses lettres sont vraimet le commentaire et le complément de leurs Conste tutions. ; Dans une lettre qu’il leur adressa à l’occasion “de la fête de l'Assomption*, il s'étend longuement Si la fin de POrdre, dont il exalte la grandeur avec M lévation de pensée et le ton enthousiaste qui lui sont habituels en pareille circonstance.

« Oui, mes chères Filles, leur dit-il, vous n'ave en quelque manière qu'une même vocation avecMla Mère de Dieu ; car, comme Dieu l’a choisie pour fo mer. son Fils en elle et par elle dans le cœur des ! : dèles : aussi il vous a appelées en la sainte Commtæ

1. Lettre XXVII Cfe Lettre "IX. — 2. Lettres XIX, XXW: 3. Lettre VIIL : #

nauté où vous êtes, pour faire vivre son Fils en vous pour le ressusciter par vous dans les âmes péchesses dans lesquelles il est mort. Dieu l’a envoyée en la terre et l’a faite Mère de son divin Fils, et lui a “donné toutes les grâces et qualités qu'elle possède, 2 faveur des âmes pécheresses, sans lesquelles elle serait point ce qu'elle est : et il vous a mises dans sa sainte maison, et il a beaucoup de grâces à vous donnér pour la même fin. Oh ! mes très chères Sœurs, que votre vocation est sainte ! Oh ! que votre condiro

titude serait condamnable, si vous ne reconnaisez l'obligation indicible que vous avez pour ce suetà la divine Miséricorde ! »

“Le Bienheureux, d’ailleurs, ne cache pas à ses MRilles les difficultés de l'œuvre. Il les avertit, au confaire, qu'elles y rencontreront des croix de toutes es ; mais, en même temps, il les exhorte à les nbrasser courageusement, en leur montrant que le min de la croix est le chemin du ciel.

« Ne savez-vous pas, leur dit-il, mes très chères ars, que le grand chemin pour aller au ciel, c'est hemin de la croix, et qu'il n'y en a point d'autre iecelui-là, et que les véritables et solides vertus qui s sont nécessaires pour plaire à Dieu ne s'acèrent que par beaucoup de peines, de sueurs, de dortifications et de violences qu'il faut faire sur us-mêmes ? N’entendez-vous pas que le Seigneur

quil n'y a que ceux qui font effort sur eux-mêmes ui le ravissent, et qu’il a fallu que lui-même ait sé par une infinité de tribulations pour entrer dans sa propre gloire qui lui appartenait à tant de titres?

| ee Comment serez-vous du nombre de ses membres et

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