‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 229 sur 394 · LA FA · texte numérisé non relu

LA FA

de ses épouses, si vous ne voulez point lui être con! formes ? Voulez-vous qu’on fasse un évangile now veau pour vous, ou désirez-vous que Dieu vous 4 voie un autre Messie, un Messie de sucre et de roses Voulez-vous aller au Paradis par un autre chemi que celui par lequel la Mère de Dieu et tous l& Saints ont passé pour y aller ? Ou bien voulez-vo y aller seules, et laisser vos pauvres sœurs dans chemin de l'enfer, parce que vous êtes si délicate que vous craignez la peine qu'il y a de tendre voté main pour les en retirer ? | « Ne devrions-nous point mourir de confusion dit-il encore, à la vue de nos faiblesses et lâchetés# Les moindres difficultés nous. abattent, les pl faibles tentations nous surmontent, des mouclt nous sont des éléphants ; nous nous attristons de € qui devrait nous réjouir, nous tremblons où il mA a aucun sujet de craindre. Nousvoulons bien jou des avantages de la sainte religion, mais nous net voulons point les croix. Nous nous imaginons qu la dévotion consiste dans une vie oïisive et sans travail. Oh ! que nous nous trompons lourdement Toute dévotion qui ne va pas à renoncer à soi-même à ses volontés et à ses satisfactions propres, ebk porter sa croix et suivre Jésus-Christ dans la vo par laquelle il à marché en cherchant les àm égarées, n’est qu’une pure illusion etune tromperie»

à ses Filles-sur l œuvre propre de l’ Institut, et il es difficile de la lire sans sentir se raviver 10. à flamme du zèle pour le salut des âmes.

- choses, pour se revêtir de l'esprit et des vertus de … Jésus et de Marie ‘ » ; de la profession qu'il apprend

Fée aux Sœurs à user comme un « sacrifice » ?. - Surtout, il insiste sur les vertus fondamentales de la vie religieuse et sur les vertus spéciales qu'il -veut voir fleurir dans l'Ordre, l’humilité, l’obéissance la charité, la douceur, l’amour de Jésus et de Marie,

la soumission à la divine Volonté, le zèle pour le salut des âmes.

« Je vous conjure, mes très chères Sœurs, écrit-il dans une de ses lettres, je vous conjure de vous “rendre très exactes et fidèles en l’observance de vos Règles et Constitutions et en la pratique de toutes “les vertus chrétiennes, spécialement de l'humilité, * de l'obéissance, de la charité mutuelle, du zèle du Msalut des âmes, de la soumission à la très sainte vo- 4 lonté de Dieu, du pur amour de Jésus et de la dévotion àsa divine Mère ». Etil ajoute : « C’est ce que je vous “ai toujours prèché et [ce que] je vous prêcherai toute ma vie. Car nous n'avons autre chose à faire “en ce monde qu’à nous étudier à plaire à Dieu, et il un yapoint d'autre moyen de lui plaire que celui-là?.» n… Un autre point sur lequel le Bienheureux revient souvent dans ses lettres, c'est la pureté d'intention. Voici en quels termes il en parlait à sa nièce, la “Mère Marie de la Nativité Herson, à l’occasion de sa

…vôture : « La quatrième chose que vous avez à faire, lui disait-il, est de protester à Notre-Seigneur que vous voulez faire toutes ces choses, spécialement “celle que vous avez à faire le jour de la Nativité de la sainte Vierge *, non point pour les récompenses du ciel, ni pour les mérites et les consolations de la mterre, mais pour son pur amour, pour sa seule gloire

dBettre V. — 2. Lettre XXXIX. — 3. Lettre XXIII. — 4. C'était le jour fixé pour sa vêture.

el pour PASS de sa très adorable vos lonté.

Les es du Bienheureux, spécislement celles qu'il adressa sur la fin de sa vie à la Mère Marie dun Saint-Sacrement et à la Mère Marie de la Nativitén contiennent également de bien précieuses recoms mandations sur la manière dont les Supérieures doivent envisager et remplir leurs fonctions. |

« Voilà, écrivait-il à sa nièce, lorsqu'elle prit la dis rection du couvent de la Charité à Bayeux, voilà deu: livres que je vous envoie, dont la! lecture ma beaucoup servi. Je vous prie ‘de les bien lire et de les pratiquer encore mieux, spécialement en ce qui co

âpre, altière et dominante n'est propre qu'à gâter | tout, qu'à détruire l affection, la confiance et la ‘3 |

la terreur, le ca ein l’aversion et la haine; en ut mot, cela n’est bon qu'à perdre une communauté 6 à mettre une Supérieure au billot... Htudiez-vous donc, je vous en conjure, à conduire vos filles aveu toute la douceur, bénignité, cordialité et tendresse. possible. C'est l'esprit de Notre- Seigneur et de s& sainte Mère ; priez-les souvent de vous le donner etàn moi aussi, et priez quelquefois une de vos filles dé vous avertir des fautes que vous y ferez®. »

Par ailleurs, le zélé Fondateur s 'appliquait à faire entrer ses Filles dans l'esprit des fêtes qui se ren" contrent dans le cours de l'année liturgique. On trouve dans ses lettres des enseignements précieux sur la manière d'honorer la sainte Enfance de Notre Seigneur*, de passer le temps du Carême‘, des

3. Lettre V. Cf. Lettre VIII. — 1. Lettre XLV. —'2. Lettres WIL XII. — 3. Lettre XV. 4

| préparer à la fête de la Pentecôte:, et de célébrer diverses fêtes de la Sainte Vierge, son Assomption | glorieuse*, la fête de ses Joies*, et surtout celle de son très saint Cœur‘.

Gette dernière fête devait être, nous l'avons vu, la | fête patronale de l'Ordre. Pour des raisons diverses, es Sœurs furent longtemps dans l'impossibilité d'en célébrer la solennité dans leur chapelle, mais elles la célébraient dans l’intérieur de la Communauté lavec toute la ferveur dont elles étaient capables, et Hilnous reste une lettre où le Bienheureux en exprime toute sa joie à la Mère Patin 5. Lorsque plus tard on put solenniser la fête à la chapelle, les Sœurs se hâtèrent de l’en informer, et ce fut pour lui la plus douce des consolations®.

Toutefois, il entendait bien que la dévotion de ses “Filles au saint Cœur de Marie ne se bornât pas à . cette solennité. Ce qu’il voulait surtout, et ce qu'il leur recommande instamment dans ses lettres, ainsi Ique dans les Constitutions qu'il leur a données, “cest de s'appliquer constamment à « exprimer dans leurs cœurs une image parfaite des vertus du Cœur de Marie: », de manière à n’avoir toutes qu’un cœur avec leur Mère du ciel, et par suite les unes avec

On le voit, ces enseignements que nous ne pouons que. signaler sont ceux que l'on retrouve touni | jours sous la plume du P. Eudes. Ils se ramènent ? à

du Bienheureux, et que rappellent constamment aux Sœurs le cœur d'argent qu'elles portent suspendu au fr savoir, qu il faut sans cesse mourir à soi-même

4. Lettre L. — 2. Lettre VIII. — 3. Lettre II. — 4. Lettres III, XXXVIIT, etc. — 5. Lettre XV. — 6. Lettres XLI, XLII.

À “7. Lettre III. — 8. Lettre III.

372 LETTRES DU BIÉNHEUREUX

pour faire vivre et régner dans son cœur Jésus & Marie. °

Nous nous reprocherions de terminer cet arti@ sans faire observer que les lettres du P. Eudes not révèlent à tout moment le tendre amour qu'il porta à ses chères Filles. Elles nous le montrent s'occupal de toutes leurs affaires, suivant attentivement lew progrès spirituels‘, et s’inquiétant de leur san et de leurs besoins temporels*. Quand il était à Caëï il leur faisait de fréquentes visites. Durant ses longu absences, il nous apprend lui-même qu'il les isi tait tous les jours en esprit, et que, chaque mat en célébrant la sainte Messe, il les offrait toutes chacune en sacrifice à Dieu, en union avec ladi vine Victime’. Voilà comment ce tendre Père a mait ses Filles, et avec quel zèle il s’employaitm toutes manières à les rendre dignes de leur sublit vocation.

Page 1