Lettre VIII. — 4. Lettre IX
devant Notre-Seigneur..., afin que, si vous allez la première au ciel, vous l'y aimiez et honoriez pour. moi, pendant que je m'’efforcerai de l'aimer et hono rer en votre place sur laterre*. » à
Bien qu'’issue de famille noble, la Sœur Marie d Taillepied n'était qu'une humble Sœur converse, et il est vraisemblable que c'est par humilité qu'elle n'avait pas voulu prendre rang parmi les Sœurs de chœur. A lire les lettres du Bienheureux, il semble que Dieu se plût à l'éprouver à la fois par des malas= dies et des peines intérieures. Le P. Eudes l’encou= rageait et la soutenait, mais en lui prêchant sa doc= trine favorite de la mort à soi-même et de l'abandon à Jésus. « Je supplie Notre-Seigneur, lui écrivait-il en 1634, qu'il vous anéantisse entièrement et qu“ s’établisse parfaitement en vous, qu'il vous retire et consomme toute en lui et qu'il soit tout en vous» qu'on ne voie plus que Jésus en votre extérieur et en votre intérieur, en votre temps et en votre éter: nité, quil soit en vous, qu'il vive en vous, qu'il opère en vous, quil souffre en vous, qu'il meure en vous, @ qu'il s'y adore et glorifie soi-même en toutes les mas nières qu'il désire?. » |
La Sœur Marie de Taillepied conservait, pour em mieux profiter, les lettres du P. Eudes. Les Sœurs de | Notre-Dame de Charité de Caen qui les ont pieuses ment recueillies, les ont sans doute, elles aussi! lues} et relnes avec profit. À notre époque, la Mère, Marie (lu divin Cœur qui ne Le cédait pas en héroïsme à Sœur Marie de Taillepied, et qui a passé par des épreuves aussi douloureuses et peut-être davantage, y trouvait un soutien, et elle en extrayait, pour les appliquer, ces paroles si belles dans leur simp cité: « Vivez en paix : Jésus est tout à vous et voi