LIVRE PREMIER. — L. XXXIX
être confessés. Enfin, la bénédiction de Dieu est très bondante en cette mission.
A om. Blouet de Camilly à Paris. Sur le succès de la mission de Vasteville, au diocèse de Coutances.
! Vasteville, 23 juillet 1659.1
“Je ne saurais vous dire les bénédictions que Dieu donne à cette mission : certainement cela est prodigieux. Il y a longtemps que je ne prêche plus dans l'église, car, ique elle-soit bien grande, elle est néanmoins trop pee en cette occasion. Je peux dire avec vérité qu'aux dilanches, nous avons plus de quinze mille personnes.
1 y à douze confesseurs, mais sans hyperbole, cinjuante y seraient bien employés. On y vient de huit et lieues, et les cœurs y sont si touchés qu'on ne voit pleurs, on n'entend que gémissements des pauvres itents et pénitentes. Les fruits que les confesseurs ent dans le tribunal sont merveilleux. Mais ce qui ous afflige, c’est qu'on ne pourra pas en confesser le rt. On est accablé, Les missionnaires en voient qui t huit jours à attendre, sans se pouvoir confesser, qui se jettent à leurs genoux partout où ils les contrent, les suppliant avec larmes et à mains ntes de les entendre. Cependant voilà déjà la sixième naine que. nous y sommes.
qu'elles sont nécessaires | Oh! que c’est un grand mal que d'y mettre des obstacles ! Oh ! si ceux qui nous onb
quid facerent. | Prions, mon très cher frère, le Maître de la moisson
notre cœur : Domine messis, mille operarios in messem tuam. Que font à Paris tant de docteurs et tant de bæ cheliers, pendant que les âmes périssent à milliers, faute
si je me croyais, je m'en irais à Paris crier dans la Sorn bonne et dans les autres collèges : Au feu, au feu, au feu de l'enfer qui embrase tout l’univers ! Venez, Messieurs les docteurs, venez, Messieurs les bacheliers, venez, Mes: sieurs les abbés, venez tous, Messieurs les ecclésiastiques pour aider à l’éteindre*. |
1. D’après Costil, il s’agit, entre autres, de M. Basire, vicaire gé néral, aler s très hostile au P. Eudes.
2. Il ya là peut-être une réminiscence des belles paroles que saïl François-Xavier écrivait, un siècle plus tôt, dans une de ses lettres « 1 me vient souvent en pensée, disait-il, de parcourir les académies de l’Europe, principalement celle de Paris, et de crier de toutesmes forces à ceux qui ont plus de savoir que de charité : Ah! combien d'âmes perdent le ciel et tombent dans les enfers par votre faute“!
« I1 serait à souhaiter que ces gens s appliquassent à la conversion des âmes, comme ils font à l'étude des sciences, afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qu'il leur a donnés Mon Dieu, que ces savants vivraient beaucoup plus contents qu'ils ne vivent |! Que leur salut serait plus en assurance ! Et qu’à la mort tout prêts à subir le terrible jugement que personne ne peut éviter ils auraient sujet d'espérer en la miséricorde de Dieu, parce qu! pourraient dire : Seigneur, vous m'aviez donné cinq talents, ete voici cinq autres que j'ai gagnés par dessus.
« Je prends Dieu à témoin que, ne pouvant retourner en Europé j'ai presque résolu d'écrire à l'Université de Paris, nommémentà nos Maitres Cornet et Picard, pour leur déclarer que des millions d'idolâtres se convertiraient sans peine, s'il y avait beaucoup de per sonnes qui cherchassent les intérêts de Jésus-Christ, et non pasles leurs. » Lettre citée par le P. Bouhours, Vie de S. Ajançois-Xavier, \n38