LIVRE PREMIER. — L. LVI
dans la charge où vous êtes. Demandons à Notre-Seigneur qu'il nous rende participants de sa divine obéissance qui l’a fait mourir sur la croix, et, de notre côté, “travaillons à faire mourir notre propre volonté, et à suivre notre très aimable Père, si nous voulons être du nombre de ses enfants. Je le supplie de tout mon cœur qu'il nous donne cette grâce. Cependant, puisque vous “m'y contraignez, je vous déchargerai bientôt, Dieu aidant, à quelque prix que ce soit.
… Je suis en vérité, de tout mon cœur,
JEAN EUDES, prêtre missionnaire,
LETTRE LV A. M. Hubert, durant une maladie.
Votre maladie me touche bien sensiblement. Vous avez
ne fièvre quarte au corps, et moi j’en ai trois au cœur :
Ja vôtre, celle de notre: frère M. Jourdan, celle du frère
André, avec la fièvre tierce de notre très cher [Monsieur|
MBlouet, et tous les maux de notre très cher M. Le Mesle, et de tous nos autres frères.
L. 2. Né à Ho is le ARE de Coutances, M. Hubert enra dans la Congrégation en 1652, et fut i incorporé à Lisieux en 1658. | 33 la mission de Versailles (1671), à laquelle il avait pris part, MEouis XIV demanda et obtint de le garder à la Cour, pour ayoiïr soin |1de la chapelle du château. Il mourut à Versailles, le 20 mars 1674. + Fleurs, tome 2, XVIII.
LETTRE LVIL
Aux prêtres de sa Congrégation. Sur la mort de M. Blouet, Seigneur de Camilly, survenue le 18 octobre 1661.
La divine Volonté soit notre unique consolation en no8 afflictions.
Elle fait toutes choses avec tant de sagesse et de bonté” qu’il n’y a qu'à la regarder dans tous les accidents qui nous arrivent, pour être consolés.
J'avoue pourtant que cette consolation n pee pas que, selon les sens, je ne souffre beaucoup de douleur du décès de notre bon M. de Camilly. Nous avons perdit un très sincère et très fidèle ami.
Mais je parle humainement, en disant que nous avons perdu, car après tout, qui ne perd point Dieu, ne perd rien” Puis, nous ne perdons pas nos amis quand Dieu les tire près de soi ; au contraire, nous les possédons mieux, et ils, nous sont plus utiles au ciel qu’en la terre. Mais il faub, leur aider à y aller bientôt, car il arrive SPINET qu'on demeure longtemps en chemin. |
Je prie tous nos chers frères de prendre soin de rendre, à Dieu ce que nous lui devons dans ce temps d’affliction, em nous humiliant sous sa puissante main, en adorant sa d vine volonté et nous y soumettant de tout notre cœur, el lui rendant grâces des croix qu'il lui plaît nous donner, & lui sacrifiant notre vie et celle de toutes Les personnes qui nous sont chères, et surtout en tâchant de nous mettre en l’état auquel nous voudrions être à l'heure de la mort, eb en renouvelant pour cette fin le désir de satisfaire exactes ment à toutes nos obligations.