‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 323 sur 394 · LIVRE DEUXIÈME. — L. VII · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. — L. VII

très adorable Chef qui est Jésus, lequel selon le témoignage du prophète Jérémie, dit, parlant de soi-même : £40 vir ens paupertalem meam : « Je suis un homme qui aitoujours la vue de ma pauvreté et de ma misère » ; car son humanité voyait parfaitement et très clairement que d'elle-mème elle n'était rien, et qu'étant sortie du néant et d Adam, si elle n'avait été préservée par le grand mie de l’union hypostatique, elle serait née dans le péché originel, et aurait par conséquent été capable de tomber en toutes les misères des enfants d'Adam. Elle pénétrait jusqu'au fond de ces deux abîimes du néant et … du péché, et cette vue la tenait dans une humiliation très ofonde et inconcevable, et lui causait une peine inexprimable. » Adorez-la, ma très chère Mère, cette divine humanité dans cet état ; remerciez-la de l'avoir voulu porter pour Famour de vous ; donnez-vous à elle pour marcher avec elle dans ce chemin, tant quil lui plaira ; offrez-lui vos btites peines, en action de gräces des siennes très andes ; priez-la qu’elle en fasse bon usage pour vous. nfin abandonnez-vous de tout votre cœur à la divine ovidence, afin qu'elle vous conduise à sa mode et

dis derechef, ma très chère Mère, et je le vois très claiement, et il est vrai, que c’est par un grand don de Dieu

eur celui, dit saint Paul, qui ne se juge pas soi-même selon

“ 4. Thren. NL, 1.

ce qu'il sent el éprouve en soi! ; car il arrive souvent que, lorsqu'on se sent et l'on se croit fort bien, que c'est» alors que l'on n’est pas bien, et lorsque l’on se croit. fort mal, que c'est pour lors que l'on est très bien devant Dieu. Mais laissons-nous et nous abandonnons'entière=« rement au jugement, à la volonté et à la conduite dem celui qui nous connaît et qui nous aime infiniment plus que nous-mêmes. Demeurons dans notre néant, c'est notre maison, et altendons en patience, humililé, sim= plicité et soumission, celui qui ne veut point d'autres malière et d'autre étoffe pour faire tout ce qui lui plaît que le néant. Je vous donne de tout mon cœur, ma très! chère Mère, à sa toute puissante bonté, et le supplie dem vous anéantir entièrement, afin qu'il soit tout en vous: Faites-lui, s’il vous plaît, la même prière pour moi.

Au reste, je salue très affectueusement toutes nos très | chères Sœurs, et les conjure de ne manquer pas de visiter soigneusement, tous les jours, le très aimable Enfant Jé-« sus, durant ces quarante jours ‘qu'il demeura dans l’étable de Bethléem, pour l’adorer, le louer, l’aimer, se donner à lui, et le supplier de leur donner Pesprit de sa divine Enfance, qui est un esprit d’innocence, d’humilité, de pauvreté, de simplicité, de soumission et de charité y comme aussi pour saluer sa très digne Mère, la remers cier, se donner à elle, et la prier de leur obtenir le même esprit de son très cher Fils, et pour faire encore la même chose, à proportion, vers saint Joseph. \

M. de Montagu m'a dit qu'il est nécessaire que l'obligation de M. de Taillefer soit ratifiée par ses gendres’ qu'il n’a rien négligé jusques-ici pourla faire ratifier, et qu'il y apportera tout.le soin possible, mais qu'il faut at= tendre que M. de Taillefer vienne ici ; que si, nonobstant cela, vous désirez qu’il vous la renvoie, qu'il le fera.

. « Beatus qui non judicat semetipsum in eo qu probat. » Rom. Ê

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