LIVRE DEUXIÈME. — L. XXI
Il y a longtemps que j'ai parlé de cette affaire à M£' de Bayeux, et que je lui ai dit ce qui se faisait à Rome sur M ce sujet; et que même il a écrit, à ma prière, à quelques- … uns de ses amis à Rome, pour les prier d'aider à solliciter - la chose. Je lui en ai encore parlé cette semaine, et il m’a assuré que, quand il sera sur les lieux, qu'il donnera son attestation, et qu'il la fera donner par ceux qu'il sera nécessaire, et qu'il emploiera tout son pouvoir et ses amis à Rome pour faire ‘réussir cette affaire. Il attend ses Bulles demain ; il se fera sacrer au plus tôt, et il espère être en son diocèse en la Toussaint. C’est pourquoi j'ai écrit à M. Boniface que s’il voit du péril d’être rebuté, qu'ilne presse point la chose, mais qu'il la tienne sursise, jusqu’à ce qu'il ait le secours de mon dit Seigneur. Car je recus hier deses lettres, par lesquelles il m'écrit qu'on faitgrande difficulté sur le périlqu'ils croient qu'il y a que des Religieuses gouvernent des Pénitentes ; que quelques- - uns néanmoins le font bien espérer ; qu'il travaille nuit … et jour pour faire avancer l'affaire, en laquelle il est tout occupé, ne faisant rien autre chose ; que pour vaincre cette difficulté, ila exposé que les Pénitentes sont séparées des, Religieuses par .une muraille qui est entre elles ; qu'elles ontleur dortoir, réfectoire et chapelle à part; qu’il y a une porte en la dite muraille, par laquelle deux Religieuses anciennes, choisies par la Supérieure, entrent au lieu où sont les Pénitentes, et en sortent au soir ; que durant la nuit onles veilie par untreillis ; qu'il y a unelampe … toujours allumée au milieu de leur dortoir, devant une image de la sainte Vierge ; qu'on donne charge à celle d'entre les Pénitentes qu'on reconnait être bien établies en la crainte de Dieu, de veille sur les autres ; qu'on enferme à la clef. durant la a. celles qui seraient capables de gâter les autres; qu'on n'en recoit point de … force dans la maison, mais seulement celles qui, étant » touchées de Dieu, y entrent volontairement pour se con- W vertir et faire pénitence.
Il m'écrit qu'il a dit toutes ces choses pour lever cette. difficulté, et croyant qu'elles soient ainsi, et que je vous M le mande, afin que, si elles ne sont pas tout à fait ainsi, vous les fassiez pratiquer autant qu'il sera possible, « parce que s’il arrive, comme cela arrivera si la chose réussit, qu’on écrive de Rome à M£ le Nonce, comme l’on a coutume en choses semblables, qu'il fasse son in. formation touchant la vérité de ces choses, il est nécessaire qu'on les trouve véritables. Donnez donc ordre, ma“ très chère Mère, je vous en prie.
Je lui ai écrit qu ‘on ne les veillait point par un treillis, | et qu'iltache de supprimer cette proposition ; mais qu'on M fera tout le reste. M. l'abbé Brisacier n’a fait quoi que ce soit en cette affaire, et le banquier n’y a fait autre chosew que de la gâter ‘. Si on avait envoyé un homme comme celui qui y est, elle serait faite il y a longtemps, et avec moins de peines et de frais qui seront grands.
J'ai déjà vu la bonne Mère de Maupeou, j espère la voir encore aujourd hui
Je salue très cordialement toutes nos chères Sœurs en. général et en particulier, et vous prie de leur dire que je me recommande instamment à leurs prières, qui suis à la Mère et aux Filles, en l’amour sacré du très saint Cœur de Jésus et de Marie, ma très chère Mère,
Tout vôtre, JEAN EUDES, Prêtre Missionnaire.
1. Depuis le second voyage de M. Mannoury à Rome, un banquier choisi par lui travaillait à obtenir l'approbation de Notre-Dame de Charité. M. Boniface s’aboucha avec lui à son arrivée à Rome, sans pourtant se conformer en fout à sa manière de voir. Cf. Gostil, Annales, 1, p. 418. 8
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