‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 90 sur 394 · DE N.-D. DE CHARITÉ. — XIX · texte numérisé non relu

DE N.-D. DE CHARITÉ. — XIX

Elles éviteront toute sorte de contestation, même dans les choses bonnes ; comme aussi les murmures, les détractions et jugements téméraires, et les paroles piquantes. comme LE de pestes de la charité.

Si une Sœur vient à offenser une autre Sœur, ou de parole, ou d'action, elle ne laissera point passer la journée sans lui demander pardon et-sans réparer sa faute.

Si deux s offensent mutuellement, bénédiction à celle qui sera la première à s'humilier, et à rechercher l'autre pour se réconcilier avec elle, quoiqu'elle pense être la plus offensée.

Sielles ne le font pas, la Supérieure leur donnera une bonne pénitence et les réconciliera au plus tôt.

N'avoir point d'yeux pour voir les fautes du prochain, ni d'oreilles pour en ouîr mal parler, ni de bouche pour Päccuser, ni d’entendement pour le juger, ni de volonté par le condamner, ni de mémoire pour s'en souvenir ; mais un cœur miséricordieux pour avoir compassion, une

“langue charitable pour l’excuser, et un esprit patient pour le supporter, ce sont les effets de la véritable charité que les Filles de Notre-Dame de Charité doivent soigneuse-

-ment pratiquer. Ce qui ne doit pas néanmoins empêcher que celles qui y sont obligées par leur office, ne veillent sur les manquements des autres, n’en parlant et entendant parler que quand il le faut, afin d'y remédier. Et

“que les règles de la correction, qui sont portées dans les chapitres 21 et 27, soient fidèlement gardées ; car un des plus signalés effets de la vraie charité, c’est d'aider le prochain à vaincre ses défauts, en l’avertissant et corri-

. geant avec un esprit de douceur et de bénignité.

Elles feront une haute et généreuse profession de mettre leur gloire et leur contentement à accomplir ce | | | 1. L'édition de 1737 a ajouté ces mots « ce qu'elle fera à l’obéis-

sance, tant que faire se pourra, se mettant à genoux et baisant la

terre : ce que l’autre Sœur fera pareillement, usant de quelque trait de cordialité. »

commandement que Notre-Seigneur fait aux siens : Aime! ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissents priez pour ceux qui vous calomnient el persécutent, afin qui vous soyez enfants de votre Père céleste, qui fait lever soi soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et qu fait descendre la pluie du ciel sur les terres des impies, auss bien que sur celles des justes!. | « Que jamais on ne fasse aucun procès, sans premiès

« rement rechercher la partie d'en venir à la voie amiable « d'accommodement, dont on puisse prendre acte: eb « qu'on prenne l'avis du Père spirituel et de qnelques* « uns des principaux amis de la Maison, et des mieux en* « tendus : lesquels conseillant d'entrer en procès, la Con « grégation se tiendra sur ses gardes, à ce que rien ne « se fasse de son côté avec injustice, par animosité, con: « tention et passion ; ni en paroles, ni en écritures, ni « en œuvres. Et en cas de perte du procès, que la Supé « rieure et toute la Congrégation s'abstienne de tous « murmures, jugements téméraires et paroles piquantes « soit contre le juge, soit contre les parties?. » En somme, la charité leur doit donner un soin très par: ticulier de bien faire à tous par le seul amour de Dieu d’avoir chacun pour ami et nul pour ennemi, tant qu'il est possible, au moins de n’en donner jamais sujet à per sonne ; et de faire de bon cœur et au plus tôt tout ce qui se peut faire, selon Dieu, pour le prochain, et ce sansat cupe autre prétention que de plaire à celui qui nous donné ce précepte : C’est ici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés ?. . Enfin, que la charité soit la reine, la règle, l'âme et la vie de cette Congrégation ; qu’elle unisse tous les cœurs; les âmes et les esprits des Sœurs si étroitement, qu'elle n'aient toutes qu'un cœur, qu'une âme et qu’un esprit

4. Matth. V, 45. — 2. Constit. de la Visit. c. XXIX. — 3. Joan: XV 12:

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