DE N.-D. DE CHARITÉ. — C. XXI
CONSTITUTION XXI DE L'HUMULITÉ t.
« L'Humilité est l’abrégé de toute la discipline reli- « gieuse ; c’est le fondement solide de toute la vie spiri- « tuelle, le vrai caractère et la marque infaillible des en- « fants de Dieu. C'est pourquoi les Sœurs auront une at- « tention particulière à la pratique de cette vertu, faisant « toutes choses en esprit de profonde, sincère et franche humilité. »
Elles considéreront que d’elles-mêmes elles ne sont rien, ne peuyent rien, ne savent rien, ne valent rien ; et que leur partage c’est le néant, le péché, l’ire de Dieu et les peines éternelles ; et par conséquent qu’elles sont infiniment indignes d’être dans la maison de: Notre-Seigneur et de sa très sainte Mère.
Elles s’étudieront soigneusement à connaître leurs défauts particuliers, pour apprendre par là à se mépriser et à s’humilier. Elles auront un soin spécial de considérer “et méditer l'exemple d'humilité de Notre-Seigneur et de sa très sainte Mère, et de les prier instamment de détruire “en elles tout orgueil et vanité, et d’y faire vivre et régner leur humilité.
Elles prendront bien garde de ne mépriser personne, “ni de se préférer jamais à qui que ce soit ; mais elles au- «ront soin de s’abaisser au-dessous de toutes les créatures “et de s'humilier en toutes choses, se souvenant que celui qui s'abaisse exalte Dieu, et que celui qui s'exalte abaisse Dieu.
… Elles ne s'excuseront point de leurs fautes, mais s’en
bumilieront, et remercieront les personnes qui les en
avertiront, et seront bien contentes que la Supérieure les
mL: Constit. de la Visitation, c. XXII et XXII,
sache, afin qu'elles en reçoivent la correction et l'humi liation.
« Étant averties en Chapitre ou au Réfectoire, de leurs « défauts, elles recevront avec humilité l'avertissement « sans réplique ni excuse, ni n'en parleront point hor « de là, ni d'aucune autre chose qui s’y fasse ou dis « mais garderont la révérence due à toutes telles actions « mortifications et humiliations, non seulement faites de « leur propre mouvement, mais beaucoup plus lor « qu'elles sont enjointes, ou qu’elles leur sont faites p « la Supérieure, regardant avec estime tous ces moyen « comme inspirés de Dieu pour leur avancement.
« Quand on fera la correction à quelque Sœur, où que « l'on la mortifiera en présence des autres, nulle n'en « treprendra de Ja défendre ou l’excuser; mais « quelqu'une sait quelque chose en faveur de son mn « cence, elle pourra en ne le dire à la Supérieu « avec humilité et modestie.
Si quelqu’une sent en soi co désir ou Sete pour la Supériorité ou pour quelque autre office consi: dérable de la maison, qu'elle s’humilie, qu’elle tremble et qu'elle ait horreur de soi-même, sachant quelle se pent de l’orgueil est logé dans son cœur : et qu’elle cesse de prier Dieu, jusques à ce quil l’en ait délivrée et qu'il lui ait donné d'autres sentiments contraires & ceux-là. |
S'il arrivait que quelqu’une tombât dans un tel aveu glement d’orgueil et de présomption, que de briguer, par soi-même ou par autrui, directement ou indirectement, Supériorité ou quelques autres premières charges de & Communauté, on la doit regarder comme ‘un monstr abominable, comme un serpent venimeux, l'abhorre comme une maadite et excommuniée, la fuir comme le peste, la ruine et l'ennemie jurée de la Congrégation, el la äétester comme un nouveau Lucifer, qui ne se con tente pas de se perdre, mais qui veut précipiter avec elle