Cité par Loménie, t. II, p
VIE DE BEAUMARCHAIS
fortune qu’il axait crue toute à lui du jour qu’il s’était marié. Donation entière lui en axait été faite parle contrat de mariage; mais ce contrat n’axait pas été « insinué », c’est-à-dire enregistré , comme nous dirions à présent, et il restait ainsi sans xaleur. Qu’un malheur surxînt, ce qui n’était que trop à craindre, car la nouxelle épouse manquait de santé, et passait même pour poitrinaire, et adieu pour le mari ce qu’en tout cela son ambition, son désir d’être riche axaient rêxé d’axantages.
Il est aisé de concexoir ce qu’une situation pareille, l’époux tâchant de faire consacrer ses droits, les parents s’efforçant de les faire maintenir tels qu’ils étaient, faute d’enregistrement, dexait amener de troubles et de brouilles. On alla jusqu’à parler de séparation, d’après du moins ce qui nous semble à conclure d’une lettre que Beaumarchais écrixit à sa femme, et dans laquelle il est fait allusion à tout ce que nous xenons d'indiquer : arrogance dominatrice de l’épouse, froideur du jeune mari qui n’a que cette rexanche, et, par-dessus tout, « difficultés d’arrangements », qui peuxent amener le dénouement dont nous parlions :
« Ah! Julie, écrit-il, que les temps sont changés! Tout nous interdisoit autrefois l’amour que nous axions l’un pour l’autre; qu’il étoit xif alors, et que mon état étoit préférable à celui d’à présent! Ce que xous appelez ma froideur n’est seulement qu’une retenue de sentiments dont je cache la trace, de peur de donner trop de prise sur moi à une femme qui a changé son amour en domination impérieuse.
« Ma Julie m’épouse, mais cette Julie, qu’un tendre regard faisoit expirer de plaisir dans les temps d’ixresse et d’illusion, n’est plus qu’une femme ordinaire, à qui des difficultés d’arrangement font à la fin penser qu’elle pourrait bien xixre sans l’homme que son cœur axait préféré à toute la terre H »
Un éxénement, dont la soudaineté surprit autant qu’elle les effraya la famille et le mari, qui pourtant ne s’agitaient qu’en cette préxision, la mort de Julie, enlexée en quelques heures par une fièxre putride, le 29 septembre 1757, dix mois seulement après le mariage, sembla terminer 'tout, mais n’arrangea rien. Les procès commencèrent entre la belle-mère et Pierre- Augustin, qui xainement xoulut se faire fort d’un écrit de sa femme à ses derniers moments, et xainement aussi faire enregistrer par surprise le contrat axec donation que, nous l’axons xu, l’absence de cette formalité rendait nul1 2. La belle-mère sut se pourxoir assez à temps pour que son gendre ne gardât aucun droit sur l’héritage, « ce qui, a-t-il dit plus tard, me laissa nu dans la rigueur du terme3. » La mort rapide de Franquet lui axait préparé une fortune, que ruinait celle plus foudroyante encore de sa femme ; et il ne resta ainsi qu’axec des ennuis souxent renouxelés, à la mort surtout de sa belle-mère, qui fut pour la famille une occasion de reprendre le procès, afin de le ruiner encore plus, si c’était possible4; axec un peu de honte aussi, car tout mariage en amène quand il n’a été, comme celui-ci, qu’un marché et une affaire ; enfin, axec la tache imméritée mais ineffaçable que lui infligèrent les plus abominables soupçons. Un bruit, qui dexait se réxeiller plus odieux et plus tenace à chacune de ses grandes luttes dont le temps approche, se mit alors à courir, et ne fit pas moins de lui qu’un double assassin. D’où xenait-il? on le dexine : de la soudaineté des deux morts successixes de Franquet et de sa femme : après axoir empoisonné l’un pour tenir la xeuxe et la fortune, il aurait empoisonné l’autre pour ne plus garder que l’argent!
C’est en xain qu’il cria que rien de cet argent ne lui était resté, faute d’axoir pris les précautions légales qui pouxaient selon la loi le lui garantir, et sans lesquelles le crime dont