SCÈNE IY
MÉLAC fils, seul.
Mon cœur la suit... Ah! Pauline... Je plaisante avec elle... je dispute... je l’obstine... Sans ce dé-
MÉLAC PÈRE, jouant l’étonné.
Tout seul, mon fils! il me semblait avoir entendu de la musique.
MÉLAC FILS
C’était Pauline, mon père ; elle est allée s’habiller.
MÉLAC PÈRE
Mais vous, Mélac, vous n’êtes pas décemment : ces cheveux...
MÉLAC FILS
Elle était en peignoir elle-même.
MÉLAC PÈRE
. Cette aimable confiance de l’innocence n’autorise point à lui manquer.
Moi, lui manquer, mon père !
MÉLAC PÈRE
Oui, mon fils, c’est lui manquer que de vous montrer à ses yeux dans ce désordre. Parce qu’elle ignore le danger, ou vous estime assez pour n’en point craindre avec vous, est-ce une raison d’oublier ce que vous devez à son sexe, à son âge, à son état?
MÉLAC FILS
Je ne vais point chez elle ainsi. Ce salon nous est commun, nous y avons toujours étudié le matin... Quand on demeure ensemble... Mais, mon père, jusqu’à présent vous ne m’avez rien dit... Est-ce M. Aurelly qui fait cette remarque ?
MÉLAC PÈRE
Son oncle? Non, mon ami. Aussi simple qu’honnête, Aurelly .ne suppose jamais le mal où il ne le voit pas ; mais, tout occupé de son commerce, il s’est reposé sur moi des mœurs et de l’éducation de sa nièce, et je dois la garantir par mes soins...
MÉLAC FILS
La garantir !
MÉLAC PÈRE
Elle n’est plus une enfant, mon fils ; et ces familiarités d’autrefois...
MÉLAC FILS, un peu déconcerté.
J’espère ne jamais m’oublier devant elle, et lui montrer toujours autant de respect que je renferme d’attachement.