LES DEUX AMIS, ACTE I, SCÈNE IX
MÉLAC PÈRE
Pourquoi le renfermer, s’il n’est que raisonnable? Riez avec elle, dans la société, devant moi, devant son oncle, très-bien ; mais c’est lorsque vous la trouvez seule, mon fils, qu’il faut la respecter. La première punition de celui qui manque à la décence est d’en perdre bientôt le goût une faute en amène une autre, elles s “cumulent le cœur se déprave ; on ne sent plus le frein de l’honnêteté que pour s’armer contre lui : on commence par être faible, on finit par etre vicieux.
MÉLAC FILS, déconcerté.
Mon père, ai-je donc mérité une aussi sévère réprimande?
MÉLAC PÈRE, d'un ton plus doux.
Des avis ne sont point des reproches. Allez, mon fils ; mais n’oubliez jamais que la nièce de votre ami, du bienfaiteur de votre père, doit être sacree pour vous. Souvenez-vous qu’elle n’a point de mere qui veille à sa sûreté. Songez que mon honneur -t le vôtre doivent être ici les appuis de son innocence et de sa réputation. Allez vous habiller.