SCÈNE VI
AURELLY, seul.
Je suis tout ému. Quel prix la reconnaissance de cet enfant met aux soins qu’il s’est donnés pour son éducation !... Allons donc. Il faut le tirer de ce mauvais pas, toute misérable qu est sa conduite. Ce qu’il ne mérite plus, je me le dois... pour l’honneur d’une amitié de cinquante ans... pour son fils, qui est un bon sujet... Le plus pressé maintenant, c’est de voir le fermier général. (Il soupire.) Non, je ne regrette pas l’argent; mais c’est qu’au fond du cœur je ne fais plus le moindre cas de cet homme-là.
PAULINE veut se mettre ù genoux.
Ah ! mon père !
AURELLY la relient.
Mon enfant... console-moi : dis-moi que tu me pardonnes le malheur de ta naissance! Combien de fois j’ai gémi de t’avoir fait un sort si cruel !
PAULINE, avec un grand trouble.
N’empoisonnez pas la joie que j’ai d’embrasser un père si digne de mon affection.
AURELLY.
Eh bien ! ma Pauline, ma chère Pauline ! (car ta mère, que j’ai tant aimée, se nommait ainsi)