‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 309 sur 803 · SCÈNE ix · texte numérisé non relu

SCÈNE ix

LE COMTE, LA COMTESSE, assis.

(L on joue les Folies d’Espagne d’un mouvement de marche .) (Symphonie notée.)

Préférant au plaisir la plus noble victoire,

Il vous rend chaste et pure aux mains de votre époux.

Suzanne est à genoux, et, pendant les deux derniers vers du duo elle tire le comte par son manteau, et lui montre le billet qu’elle üent ; puis elle porte la main qu’elle a du côté des spectateurs à sa^ête, ou le comte a l’air d’ajuster sa toque; elle lui donne le

Le comte le met furtivement dans son sein; on achève de chanter le duo; la fiancée se relève, et lui fait une grande révérence Figaro vient la recevoir des mains du comte, et se retire avec elle de I autre coté du salon, près de Marceline.

(On danse une autre reprise du fandango pendant ce temps.)

Le comte, pressé de lire ce qu’il a reçu, s’avance au bord du théâtre et tire le papier de son sein ; mais, en le sortant, il fait le geste d un homme qui s’est cruellement piqué le doigt : il le secoue le presse, le suce, et, regardant le papier cacheté d’une épingle’ il

[Pendant qu'il parle , ainsi que Figaro, l'orchestre joue pianissimo.)

Diantre soit des femmes, qui fourrent des épingles partout !

[U la jette ù terre , puis il lit le billet et le baise.)

FIGARO, qui a tout vu, dit à sa mère et à Suzanne : C’est un billet doux qu’une fillette aura glissé dans sa main en passant. Il était cacheté d’une épingle, qui l’a outrageusement piqué.

[La danse reprend. Le comte , qui a lu le billet, le retourne ; il y voit l’invitation de renvoyer le cachet pour réponse'. Il cherche ù terre, et retrouve enfin V épingle, qu'il attache à sa manche.)

FIGARO, à Suzanne et à Marceline.

D un objet aimé tout est cher. Le voilà qui ramasse l’épingle. Ah! c’est une drôle de tête! [Pendant ce temps, Suzanne a des signes d'intelligence avec la comtesse. La danse finit ; la ritournelle du duo recommence.)

[Figaro conduit Marceline au comte , ainsi qu’on a conduit Suzanne; à l'instant où le comte prend la toque, et où l'on va chanter le duo, on est interrompu par les cris suivants : )

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