‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 369 sur 803 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

la COMTESSE, FLORESTINE, LÉON.

LÉON continue.

Maman, venez à mon secours. Vous me voyez au désespoir : Florestine ne m’aime plus.

FLORESTINE, pleurant.

Moi, madame, ne plus l’aimer! Mon parrain, vous et lui : c’est le cri 'de ma vie entière.

LA COMTESSE

Mon enfant, je n’en doute pas : ton cœur excellent m’en répond. Mais de quoi donc s’affli°-et-il? 6

LÉON

Maman, vous approuvez l’ardent amour que j’ai pour elle ?

FLORESTINE, se jetant dans les bras ' de la comtesse. Ordonnez-lui donc de se taire. (En pleurant.) Il me fait mourir de douleur.

LA COMTESSE

Mon enfant, je ne t’entends point. Ma surprise égale la sienne... Elle frissonne entre mes bras ! Qu’a-t-il donc fait qui puisse te déplaire ?

FLORESTINE, se renversant sur elle.

Madame, il ne me déplaît point. Je l’aime et le respecte à l’égal de mon frère; mais qu’il n’exige rien de plus.

LÉON

Vous l’entendez, maman! Cruelle fille, expliquezvous !

FLORESTINE

Laissez-moj, laissez-moi, ou vous me causerez la mort.

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