TOUTES LES OMBRES EN CHOEUR
O bienfaisante déité,
Ne souffrez pas que rien altère Notre touchante égalité ;
Qu’un homme commande à son frère 1 [U Ombre d’Atar seule ne chante pas , et s’éloigne avec hauteur; le Génie du Feu ta fait remarquer à la Nature.)
LA NATURE, au Génie du Feu.
C’est assez. Éteignons en eux Ce germe d’une grande idée,
Faite pour des climats et des temps plus heureux.
[A toutes les Ombres.)
Tels qu’une vapeur élancée,
Par le froid en eau condensée,
Tombe et se perd dans l’Océan,
Futurs mortels, rentrez dans le néant.
Disparaissez.
[Au Génie du Feu.)
Et nous, dont l’essence profonde Dévore l’espace et le temps,
Laissons en un clin d’œil écouler quarante ans,
Et voyons-les agir sur la scène du monde.
[La Nature et le Génie du Feu s’élèvent dans les nuages , dont la masse redescend et couvre toute la scène.) CHOEUR d’esprits AÉRIENS.
Gloire à l’éternelle Sagesse,
Qui, créant l’immortel amour,
Voulut que, par sa seule ivresse,
L’être sensible obtînt le jour !