‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 458 sur 803 · TARARE, ACTE III, SCÈNE L · texte numérisé non relu

TARARE, ACTE III, SCÈNE L

TARARE

Ni paix ni trêve !

L’horreur du glaive Fera la loi.

TOUS

C’est moi, c’est moi !

TARARE

Qui veut la gloire A la victoire Yole avec moi !

TOUS

C’est moi, c’est moi !

ATAR, ci part.

Je ne puis soutenir la clameur importune D’un peuple entier sourd à ma voix.

[Il veut descendre.) ALTAMORT V arrête .

Ce choix est une injure à tous tes chefs commune; Il attaque nos premiers droits.

L’arrogant soldat de fortune Doit-il aux grands dicter des lois ?

TARARE, fièrement.

Apprends, fils orgueilleux des prêtres, Qu’élevé parmi les soldats,

Tarare avait, au lieu d’ancêtres,

Déjà vaincu dans cent combats;

[Avec un grand dédain.) Qu’Altamort enfant, dans la plaine, Poursuivait les fleurs des chardons Que les Zéphyrs, de leur haleine,

Font voler au sommet des monts.

ALTAMORT, la main au sabre.

Sans le respect d’Atar, vil objet de ma haine...

TARARE, bien dédaigneux.

Du destin de l’État tu prétends décider!

Fougueux adolescent, qui veux nous commander, Pour t'itre, ici, n’as-tu que des injures?

Quels ennemis t’a-t-on vu terrasser ?

Quels torrents osas-tu passer?

Où sont tes exploits, tes blessures?

ALTAMORT, en fureur.

Toi, qui de ce haut rang brûles de t’approcher, Apprends que sur mon corps il te faudra marcher.

[Il tire son sabre.) ARTHENÉE, troublé.

O désespoir ! ô frénésie !

Mon fils !...

ALTAMORT, plus furieux.

A ce brigand j’arracherai la vie.

TARARE, froidement.

Calme ta fureur, Altamort.

Ce sombre feu, quand il s’allume,

Détruit les forces, nous consume :

Le guerrier en colère est mort.

[Il tire son sabre.) ARTHENEE s'écrie.

Le temple de nos dieux est-il donc une arène? atar se lève.

Arrêtez!

TARARE

J’obéis...

[A Altamort , lui prenant la main.)

Toi, ce soir, à la plaine.

[A Calpigi , à part, pendant qu'Atar descend de son trône.) Et toi, fidèle ami, sans fanal et sans bruit,

Au verger du sérail attends-moi cette nuit.

[Atar lui remet le bâton de commandement , an bruit d'une fanfare. Grande marche pour sortir.)

CHOEUR GÉNÉRAL, sur le chant de la marche .

Brama ! si la vertu t’est chère,

Si la voix du peuple est ta voix,

Par des succès soutiens le choix Que le peuple entier vient de faire !

Que sur ses pas Tous nos soldats

Marchent d’une audace plus fière !

Que l’ennemi, triste, abattu,

Par son aspect déjà vaincu,

Sous nos coups morde la poussière !

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