‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 467 sur 803 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Arrache au plus grand des malheurs L’épouse de Tarare !

Il semblait que je pressentais Leur entreprise infâme !

Quand il partit, je répétais,

Hélas ! l’effroi dans l’âme :

Cruel ! pour qui j’ai tant souffert,

C’est trop que ton absence Laisse Astasie en un désert,

. Sans joie et sans défense !

L’imprudent n’a pas écouté Sa compagne éplorée :

Aux mains d’un brigand détesté Des brigands l’ont livrée.

O mort, termine mes douleurs !

Le crime se prépare.

Arrache au plus grand des malheurs L’épouse de Tarare.

(Elle se jette sur un sofa avec désespoir.) SPINETTE.

Un grand roi vous invite à faire son bonheur. L’amour met à vos pieds le maître de la terre.

Que de beautés ici brigueraient cet honneur !

Loin de s’en alarmer, on peut en être fière.

ASTASIE, pleurant.

Ah ! vous n’avez pas eu Tarare pour amant !

SPINETTE

Je ne le connais point, j’aime sa renommée ;

Mais pour lui, comme vous, si j’étais enflammée, Avec le dur Atar je feindrais un moment,

Et j’instruirais Tarare au moins de ma souffrance.

ASTASIE.

A la plus légère espérance Le cœur des malheureux s’ouvre facilement.

J’aime ton noble attachement .

Eh bien ! fais-lui savoir qu’en cette enceinte horspinette. [rible...

Cachez vos pleurs, s’il est possible.

Des secrets plaisirs du sultan Je vois le ministre insolent.

(Astasie essuie ses yeux, et se remet de son mieux.)

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