‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 502 sur 803 · MA FEMME VOUS EN SOUTIENDRA LE CONTENU JUSQU’A · texte numérisé non relu

MA FEMME VOUS EN SOUTIENDRA LE CONTENU JUSQU’A

la FIN. Non, non, le Jay, bon courage ! elle ne les soutiendra pas ; ou, si elle les soutient, elle se coupera, dira noir, dira blanc, avouera tout, se rétractera, n’aura qu’une conduite déplorable; elle et son conseil perdront la tête : heureux encore si l’effet pouvait en être nul! Enfin, ne trouvant plus de ressources dans leur art, ils finiront par mettre la nature au procès, pour se tirer d’affaire.

Et cette autre phrase : Si vous variez , ce sera tant pis pour vous. Ne le croyez pas, bon le Jay. Écoutez l’aigle du barreau : que vous dit Me Gerbier? Ce que vous avez de mieux à faire , monsieur, est de revenir à la vérité. Si ce célèbre avocat n’a fait que son devoir en conseillant ainsi le Jay, dans quelle classe rangerons-nous donc l’avis du magistrat? Si vous variez, ce sera tant pis pour vous . Quoi donc ! il sera décrété ? vous l’accablerez de votre crédit? Marin opinera pour qu’il soit sacrifié? N’importe : il aura dit la vérité. La Gazette n’est pas l’Évangile; et, grâces au ciel, M. Goëzman n’est pas le parlement.

Et cette autre phrase enfin qui achève le tableau : Monsieur le Jay, il n'est pas nécessaire qu’on nous voie plus loin ensemble : quittez-moi ici. On saurait que vous m’avez parlé ; d’après ce que vous m’avouez, si contraire à ma dénonciation, il faudrait que j’agisse de façon ou d’autre : quittez-moi ici. Si l’on pouvait soupçonner cette nouvelle explication entre nous, cela me donnerait de nouveaux torts; il n'est pas nécessaire qu'on nous voie plus loin ensemble : quittez-moi ici. Je vous ai volontiers écouté dans l’île Saint-Louis, où il passe peu de monde; mais après le Pont-Rouge, sur la route du Palais, cela tire à conséquence pour moi, le pays est trop peuplé : quittez-moi ici. Le Jay le quitta. Je le quitte aussi.

Caron de Beaumarchais.

MM. Doé DE Combault, de Chazal, rapporteurs.

D’après l’exposé de mon premier mémoire et les preuves annoncées dans le présent supplément, que j’ai acquises par la lecture de la procédure lors des confrontations, je demande si la plainte rendue contre moi est fondée; si je n’ai pas droit d espérer une décharge entière ; et quelle voie je dois prendre pour obtenir des dommages-intérêts contre mon dénonciateur.

Signé: Caron de Beaumarchais.

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