COPIE EXACTE DE L’ÉCRIT DE LA MAIN DE CLAVIJO
SIGNÉ DE LUI ET DE MA SOEUR, DONT j’AI l’0RI-
GINAL.
« Nous soussignés Joseph Clavijo, et Marie- « Louise Caron, avons renouvelé, par ce présent « écrit, les promesses mille et mille fois réitérées « que nous nous sommes faites de n’être jamais « l’un qu’à l’autre, et nous nous engageons de « sanctifier ces promesses par le sacrement de « mariage le plus tôt qu’il sera possible : en foi « de quoi nous avons fait et signé cet écrit entre « nous.
« A Madrid, ce 26 mai 1764
<c Signé Marie-Louise Caron,
« et Joseph Clavijo. »
Tout le monde passa la soirée avec nous dans la joie d’un si heureux changement, et je partis pour Aranjuez à onze heures du soir, car dans un pays aussi chaud, la nuit est le temps le plus agréable pour voyager.
Je supplie le lecteur de suspendre encore son jugement sur la futilité de ces détails; il verra bientôt s’ils étaient importants.
En arrivant à Aranjuez, je rendis un compte exact à M. l’ambassadeur, qui eut la bonté de donner plus d’éloges à toutes les parties de ma conduite qu’elles n’en méritaient, mais qui me conseilla de ne rien dire à M. de Grimaldi de ce
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qui s’était passé, de peur de nuire à mon futur j beau-frère.
Je me rendis chez ce ministre; il me reçut avec bonté, lut la lettre de Clavijo, donna son consen- j tement au mariage, et souhaita toute sorte de bonheur à ma sœur, en remarquant seulement que don Joseph Clavijo eût pu m’épargner le ; voyage, la forme usitée en pareil cas étant d’écrire au ministre. Je rejetai tout sur l’empressement que j j’avais montré moi-même de venir lui faire ma cour avant le temps où je le prierais de m honorer de quelques audiences pour l’entretenir d’objets très-importants.
A mon retour à Madrid, je trouvai chez moi la lettre suivante du seigneur Clavijo :