‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 556 sur 803 · Partie avait été employée pour son service, et partie pour le mien · texte numérisé non relu

Partie avait été employée pour son service, et partie pour le mien

Aucun compte, pendant dix ans, n’avait nettoyé des intérêts aussi mêlés.

Une foule de pièces existaient entre ses mains ou dans les miennes.

Un arrêté de compte était devenu indispensable.

Cet arrêté fut signé le 1er avril 1770.

Trois mois après, M. Duverney mourut sans en avoir acquitté le reliquat.

Il se montait à quinze mille francs, que je demandai à son légataire universel.

Sur ma demande, il me fit un procès, qui dure entre nous depuis huit ans.

Je l’ai gagné, avec dépens, aux requêtes de l’hôtel, à Paris, en 1772.

Sur appel à la commission d’alors, je l’ai reperdu, au rapport du sieur Goëzman, en 1773.

En 1775, l’arrêt de Goëzman a été cassé tout d’une voix au conseil du roi; les parties renvoyées au parlement d’Aix, où nous sommes en instance.

En 1776, le comte de la Blache a frappé la Provence du fléau de sa consultation, qui n’est qu’un lourd commentaire de toutes les injures imprimées dont il m’accable depuis que nous plaidons.

De ma part tout est dit, pour l’instruction des juges et du procès, sur l’acte du 1er avril ! 770, attaqué avec tant de fureur et si peu de moyens.

Telles sont mes défenses : un mémoire aux requêtes de l’hôtel, signé Bidault; un autre à la commission, signé Balconnet; un précis sur délibéré (le sieur Goëzman, rapporteur) ; mes quatre grands mémoires contre ce dernier et consorts, où le procès la Blache, auteur de celui-là, revient à chaque instant ; un autre mémoire au conseil du

MEMOIRES

roi, dans lequel la teneur et les motifs de l’acte du 1er avril sont présentés du plus fort de ma plume ; enfin, une dernière consultation, faite et signée par nos premiers jurisconsultes, et le plus ferme résumé que toutes les lumières du barreau rassemblées aient pu donner de mes défenses.

Si nous étions au parlement de Paris, je croirais affaiblir cet excellent travail en y ajoutant un seul mot de moi, surtout dans une ville où mes liaisons avec M. Duverney sont connues de tout le monde.

Mais en Provence, où ces liaisons sont ignorées, où chacun, dit-on, est frappé de l’air d’assurance avec lequel le comte de la Blache atteste que « ja- « mais il n’y eut de liaison particulière entre « M. Duverney et moi ; que toutes les lettres fami- <c lières que j’ai jointes à l’acte du 1er avril sont « autant de pièces fausses et forgées par moi, dans « le cours des procédures, pour répondre à mesure « aux objections qu’on me faisait, et me tirer du a mauvais pas où je m’étais engagé ; » je dois écarter la prévention, les doutes et la défaveur qu’on a voulu verser sur moi dans le parlement et dans le public, et fermer la bouche une bonne fois à mon ennemi t puisque j’en ai de si puissants moyens.

Pour y procéder avec sang-froid et méthode, je diviserai ce discours en deux parties : la première, intitulée Moyens du sieur de Beaumarchais ; et la seconde, Les ruses du comte de la Blache.

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