LES RUSES DU COMTE DE LA BLACHE
L’avantage du noble n’est pas d’être juste, c’est le devoir de tous; mais d’être assez avantageusement placé sur le grand théâtre du monde pour pouvoir s’y montrer généreux et magnanime. Ainsi l’homme de nom qui transporterait la bassesse et l’avidité dans un état dont l’honneur est la base, dans un état qui n’a de défaut que de porter trop loin peut-être les conséquences de ce noble principe, en perdrait bientôt les avanlages; et l’opinion publique, juge le plus rigoureux, le ravalant au-dessous de ceux que le hasard ou la fortune avait mis au-dessous de lui, ne tarderait pas à lui prouver qu’un nom connu n’est qu’un fardeau pour celui qui l’a dégradé par une conduite avilissante.
A quoi tend cet exorde? dira le comte de la Blache.
— C’est qu’on m’a rendu, monsieur, que vous disiez dans Aix, avec ce dégagement dédaigneux d’un grand homme humilié du plus vil adversaire: « Ne suis-je pas bien malheureux? il n’y a qu’un « Beaumarchais au monde : il faut que le sort me « l’adresse ! »
Non, monsieur le comte, non: ce n’est pas le sort qui vous adressa ce Beaumarchais. Les deux
MÉMOIRES
serpents qui vous rongent le cœur, l’avarice et la liaine, vous ont seuls mis sur les bras ce redoutable adversaire.
Quoi ! il n’y aura que deux vilaines passions hors de l’enfer! pendant vingt ans votre cœur s’en sera gorgé ! et vous êtes surpris qu’il en sorte quelque angoisse ! Quand on donne imprudemment asile à de tels hôtes, on mérite au moins d’en être tourmenté. Jugez quand on les encense !
Ce Beaumarchais, que vous ne teignez ici de mépriser que pour masquer la frayeur qu’il vous cause, il ne vous cherchait pas ; et votre sottise est de l’avoir méconnu en vous attaquant à lui ! Mais voyez comme nous sommes loin de compte : pendant que vous êtes assez vain pour croire vous commettre en vous mesurant avec lui, pour ne pas payer quinze mille francs, il a la fierté de gémir de la nécessité de descendre à votre ton pour vous les demander ; et si son honneur n’était pour rien dans le procès que vous lui faites, il y a longtemps que le roturier peu riche, humilié de plaider aussi longtemps contre vous pour un objet si méprisable, aurait jeté sa quittance au noble millionnaire, qui l’aurait ramassée.
Ne vous targuez donc plus d’être homme de condition, dans la crainte que les gens qui ne connaissent pas les vertus distinctives de la noblesse ne viennent à la haïr, à la calomnier, en voyant votre conduite avec moi. Contentez-vous de plaider comme légataire et non comme noble; et ne répandez plus sur le premier état des hommes une flétrissure qui n’est pas due à votre naissance, mais à votre caractère.
Je me suis souvent fait cette question : Le comte de la Blache me hait-il parce que je ne veux pas qu’il me ruine? ou voulait-il me ruiner parce qu’il me haïssait? Voilà tout mon embarras sur vous. Pour décider la question, il faudrait descendre en votre àme. Eh ! qui Poserait ? il faudrait y voir quelle passion y domine le plus, l’amour ou la haine : la haine de ma personne, ou l’amour de mon argent. Essayons.
M. Duverney nous a tous deux aimés, l’un austèrement, l’autre avec faiblesse ; moi comme un homme, et vous comme un enfant : il s’est trompé sur l’un de nous deux. Voyons sur lequel il a fait cette grande faute.
Il ne me connaissait pas : j’errais dans le monde, il m’a rencontré. Fixant sur moi son œil attentif, il a cru me trouver du caractère, une certaine capacité, le coup d’œil assez juste, et les idées assez mâles et grandes; il m’a confié tous ses secrets, ses chagrins et ses affaires. Il m’a plutôt estimé que chéri. Depuis sa mort, éprouvé coup sur coup par tous les genres d’infortunes, jeté dans le grand tourbillon du monde et des affaires, et nageant toujours contre le courant, je ne suis plus assez inconnu pour qu’on ne puisse apercevoir déjà si, dans le trouble ou le travail, dans le bonheur ou
l’adversité, j’ai démenti son opinion et déshonoré son jugement.
Plus faible à votre égard, monsieur, après vous avoir enlevé à vos nobles mais pauvres parents, vous avoir adopté comme un fils, avancé de son crédit et soutenu de tout son or dans le service, il a fini par dépouiller pour vous sa famille entière, sous le vain espoir qu’élevé par ses soins du fond de la médiocrité jusqu’à la plus haute lortune et le grade le plus honorable, cet arrière-neveu respecterait sa mémoire, et deviendrait le père et le soutien de cette même famille qu’il vous a sacrifiée! Grâce à lui, vous voilà maréchal de camp, et je veux croire que vous avez dû l’être, puisqu’en effet vous l’êtes ! Mais comment avez-vous reconnu tant de bienfaits? Quelle conduite avez-vous tenue envers vos parents et les siens? J’ai vu son espoir sur vous de son vivant ; je les ai tous entendus depuis sa mort.
Les pauvres, et ceux qu’il comptait doter par vous, regardant comme la juste punition de votre dureté d’avoir en tête ce fier adversaire qui vous a tant fait avaler le poison de votre injustice, m’ont tous écrit pour me supplier de mettre leurs droits sous l’égide du mien en vous faisant connaître.
Les riches, enchantés de votre sottise, ont cru trouver, dans mes fières répliques, la vengeance de toutes les petites noirceurs et continuelles intrigues qui les ont écartés d’un oncle utile, et vous ont mis à leur place au centre de sa succession.
Mais, éloignant de cet écrit ce qui est étranger à la défense de mon honneur, quand j’aurai montré quel homme vous fûtes en tous les points de nos démêlés, j’en aurai dit assez pour qu’on soit en état de juger laquelle de nos deux âmes est la roturière, lequel de nous deux est l’homme petit et vil, enfin lequel a justifié ou démenti l’estime et l’adoption de notre commun bienfaiteur.
Le 9 mars 1770, au plus fort de la discussion des intérêts qui ont fondé l’acte du 1er avril suivant, j’écrivis à M. Duverney une lettre devenue d’un si grand intérêt par son rapport intime à tout ce que j’ai dit plus haut, et qui jette un si grand jour sur ce qui me reste à dire, que je ne puis m’empêcher de la rapporter presque en entier.
« Ce 9 mars 1770.
« J’ai lu fort attentivement, mon bon ami. (J’es- « père à présent que mon bm ami ne choque plus « personne, et que la grande induction qu on a tirée « contre moi de ces expressions familières est dans « la fange à l’instant qu’on lit ceci.) J’ai lu fortat- « tentivement, mon bon ami, les corrections que « vous avez faites à notre acte sous seing privé. « Mais, quelque chose que vous puissiez dire, je ne « sortirai pas de société pour les bois. Je vousréi- « tère l’offre que je vous ai déjà faite de vous lais- « ser le tiers en entier pour vous seul (voyez à ce « sujet ma lettre du 9 janvier précédent) ; et prenez
MEMOIRES
« le temps qu’il vous plaira pour me rembourser, « ou bien mettez-moi en état de suivre tout seul, « par un fort prêt d’argent, à des conditions qui « me dédommagent. Vous étiez assez de cet avis « l’autre jour ; mais je ne puis soutenir qu’en cas « de mort vous me plantiez vis-à-vis votre M. le « comte de la Blache, que j’honore de tout mon « cœur (ah! mon Dieu, oui, je Vhonore !), mais qui, « depuis que je l’ai vu familièrement chez madame « d’il..., ne m’a jamais fait l’honneur de me saluer. « (N’oubliez pas, lecteur , qu’il y avait alors près de « onze ans que le comte de la Blache ne me saluait « plus : ceci trouvera saplace.)N ous en faites votre « héritier; je n’ai rien à dire à cela. (Je savais donc « fort bien que M. de Falcoz était son héritier : il ne « faut pas l’oublier non plus.) Mais si je dois, en « cas du plus grand malheur que j’aie à craindre, « être son débiteur, je suis votre serviteur pour « l’arrangement ; je ne résilie point. (Je connaissais « donc très-bien dès ce temps-là l’homme avec qui la « fortune m’a mis depuis aux prises, et je m’en expli- « quais assez librement, comme on voit.) Mettez-moi « vis-à-vis mon ami Mézieu, qui est un galant « homme, et à qui vous devez, mon bon ami, des « réparations depuis longtemps. (Depuis longtemps, « lecteur : cela est essentiel à retenir.) Ce n’est pas « des excuses qu’un oncle doit à son neveu, mais « des bontés, et surtout des bienfaits, quand il a « senti qu’il avait eu tort avec lui : je ne vous ai « jamais fardé mon opinion là-dessus. ( Lecteur ,
« vous en aurez la preuve à l'instant.) Mettez-moi vis- « à-vis de lui. Ce souvenir que vous lui laisseriez « de vous, lorsqu’il s’y attend le moins (il y avait « en effet plus d’un an que je n’civais vu M. de « Mézieu), ce souvenir... élèvera son cœur à une « reconnaissance digne du bienfait, etc. »
Voilà les phrases qui, à la vue de ces lettres chez mon notaire, en 1770, avant le procès entamé, ont mis le légataire en fureur, et lui ont fait dire, avec quelques gros jurons: « Que si j’avais jamais cet « argent, dix ans seraient écoulés avant ce terme,
« et que j’aurais été vilipendé de toute manière « auparavant. »
Ah ! monsieur de Beaumarchais, vous vouliez ouvrir son cœur pour un héritier naturel ! Des bienfaits à M. de Mézieu 1 à ce neveu qui avait été si utile à l’établissement de l’École militaire! des bienfaits aux dépens de l’arrière-petit-neveu Falcoz, qui voulait tout envahir! Dix ans de dénigrement public : lecteur, il m’a tenu parole ; en voilà déjà huit de passés.
Tel est donc le grand motif de la haine, le punctum vitœ de toutes les injures qu’on m’a faites et dites dans les deux procès dont le comte de la Blache fut l’auteur ou l’instigateur : il n’y a fils de bonne mère en France qui n’ait appris par mes mémoires dans quel abîme de malheurs ce haineux héritier m’a voulu plonger, et comment il s'entendait avec ses amis Goëzman et Marin pour les
combler, s’il eût été possible, et comment il ne se lasse pas encore d’en boire la honte et le déshonneur public.
Lecteur, examinez, je vous prie, ce que le comte de la Blache répond à ma lettre du 9 mars, après l’avoir rapportée (page 50). Voyez avec quelle force de raisons et de preuves il en détruit la véracité :
« Il est clair, dit-il, que cette lettre a été faite « après la mort de M. Duverney. (Vous allez voir « comment cela est clair : suivez-le bien.) Les lettres « des 8 février, 24 juin et 11 octobre 1769 trou- « vées sous les scellés, la sécheresse des billets de « M. Duverney, l’extrême disproportion d’âge, « d’état, de condition, d’occupations, tout dé-
« MONTRE Qü’lL n’y AVAIT JAMAIS EU LA MOINDRE « FAMILIARITÉ ENTRE M. DüVERNEY ET LE SIEUR DE
« Beaumarchais. D’où aurait-il donc su que M. Du- « verney faisait le comte de la Blache son héritier? « (Les preuves en vont fourmiller.) Gonfie-t-on à des « étrangers le secret de ses dernières dispositions? « (Et de cela aussi.) Aurait-il osé donner des leçons « à M. Duverney et s’initier dans les secrets de la « famille, si même il était vrai qu’il y eût quelque « légère discussion entre l’oncle et le neveu? »
— S’il est vrai qu’il y eût quelque légère discussion? Non, monsieur le comte de la Blache, il n’y en avait plus lorsque j’écrivais cette lettre en 1 770, parce que ce neveu, qui n’avait jamais désiré la fortune, mais les bonnes grâces de son oncle, était content de les avoir recouvrées, et ne désirait rien au delà.
Mais vous qui feignez ici de révoquer ces discussions en doute, vous savez bien que dix ans avant l’époque de 1770 il y en avait eu beaucoup! Vous savez par l’intrigue et les ruses de qui ce neveu, homme du plus grand mérite, chef des études de l’École militaire, et l’auteur de son code tant estimé; vous savez par quelle intrigue il se vit écarté de son oncle, à l’instant où le testament se faisait ou qu’il était prêt à se faire : car cet acte a précédé de dix ans la mort du testateur; et vous n’ignorez pas non plus par le courage et les travaux de qui ces deux hommes si dignes de s’aimer furent raccommodés!
Ce jeune homme si dédaigné, qui n’avait jamais eu, selon vous, aucune familiarité avec M. Duverney, dès 1761 osa seul tenter ce grand ouvrage: car la trame de votre intrigue avait été si bien tissue et tellement serrée, que personne autour de l’oncle n’osait plus lui parler du neveu. Et ce jeune homme tout seul, que M. Duverney avait initié dans les secrets de sa famille, et qui osait déjà lui donner des leçons, suivant vos termes (page 50), mais qui dans les miens ne voulait autre chose que prouver à M. Duverney qu’on lui en imposait sur le compte de son neveu; ce jeune homme, qui savait dès ce temps que M. Duverney faisait le comte de la Blache son héritier, et que cet héritier en herbe écartait tous ceux qui pouvaient avoir droit à
MÉMOIRES
l’héritage du grand-oncle, opposa son courage à l’injuste colère de M. Duverney contre son neveu. Pendant ce temps, à la vérité, le négociateur fut si bien soutenu par les soins que M. de Mézieu se donnait en Bretagne pour les affaires de M. Duverney, qu’au retour du neveu le jeune homme en question parvint à le remettre dans les bras de son oncle.
Et comme les seules réponses du légataire universel sont de toujours nier les faits, jusqu’à ce qu’enfin la preuve et la confusion publique, arrivant à la fois, le fassent tomber dans la rage mue, nn le réduisant au silence, entre dix lettres que M. de Mézieu écrivit de Bretagne en 1761 au négociateur Beaumarchais, je ne rapporterai que ces fragments d’une seule : ils sont suffisants pour convaincre nos juges et le public de la candeur des imputations du comte Alexandre-Joseph Falcoz de la Blache, appelant, contre son adversaire, Pierre- Augustin Caron de Beaumarchais, intimé.
Comme je ne puis de ce pays obtenir assez tôt 4e M. Pàris de Mézieu son aveu pour publier une de ses anciennes lettres, je lui présente mes excuses de l’imprimer sans sa permission, et je le fais avec d’autant moins de scrupule, qu’elle ne contient que des choses infiniment honorables pour lui.
» A Carcé. le 31 décembre 1761.
« Si j’ai eu quelque impatience, monsieur, en ne « recevant point de vos nouvelles, l’objet la rend « excusable, et vous êtes plus fait que personne « pour en juger, puisque personne ne connaît « mieux que vous le but de mon empressement, et « de quel prix il est pour moi. Je crains bien que « l’envie de m’obliger ne vous éblouisse un peu
« sur LES DISPOSITIONS FAVORABLES OU VOUS M’AS- « SUREZ QUE MON ONCLE EST ACTUELLEMENT A MON « ÉGARD...
t( Vous dites, monsieur, que mon oncle a été <( blessé du point de ma lettre où je lui fais entente dre qu'il est livré à ses entours, et qu'il agit par « leurs instigations. Je vous observerai sur cela, « premièrement, qu’en me marquant dans votre « lettre, que vous lui aviez montrée, que vous n'o- « siez lui parler de moi autrement qu'en particulier , « c’était assez me donner à entendre que votre « projet et mes désirs n'étaient pas du goût de tout « le monde. Vous ne redoutez point les chimères ; « et si vos craintes eussent été sans fondement, « vous n’eussiez pas pris des précautions inutiles ; « votre dessein cependant ne pouvait être traversé « par des gens sans crédit auprès de mon oncle. « Vous avez donc pensé qu’il s’en trouvait qui « en avaient, et qui pouvaient en abuser en s’op- « posant à mon bonheur, etc... ( Ici trois pages de « détails.)
« Je vous suis toujours infiniment obligé, mon- « sieur, de tous les soins que vous avez bien voulu « prendre pour contribuer à ma félicité... Pour
« vous, monsieur, qui n’avez que des envieux à « craindre, je ne doute pas que vous n’en triom- « phiez. Us se lasseront de vous poursuivre (ils ne « se sont point lassés 1), et la vérité sera tout en- « tièreen votre faveur.
« J’ai l’honneur d’être, avec les sentiments les « plus sincères et les plus vifs, monsieur, votre, etc.
« Signé Paris de Mézieu. »
Qu’on rapproche maintenant la lettre du neveu, datée de 1761, de celle de l’oncle, datée de i7' 0, que j’ai citée page ^9 ^ de ce mémoire, et qui montre avec quelles considération, estime et reconnaissance il m’écrivait déjà, l’on jugera d’un coup d’œil si dès ce temps M. Duverney accordait ou non la plus grande confiance à ce jeune homme tant dédaigné, nommé Beaumarchais; si ce jeune homme était initié dans tous les secrets de sa famille, et s’il s’employait avec succès à rapprocher deux hommes du plus grand mérite, que l’avidité, la haine et l’intrigue avaient séparés.
A cet examen on reconnaîtra déjà cet alerte et rusé légataire universel, qui n’a bien déployé son caractère injuste et dur qu’après s'être fort assuré que le testateur, que cet oncle Alworti ne pouvait venir le lui reprocher, et l’en punir par l’exhérédation, comme un autre Blifil.
Par l’examen de ces deux lettres, on apprendra pourquoi ce désintéressé comte de la Blache a fait, pendant dix ans, les derniers efforts pour enlever à Beaumarchais le cœur et la confiance de son ami respectable.
On y verra la source de la plus noire intrigue à cet égard, et celle des abominables lettres anonymes qu’on ne cessait d’écrire à ce vieillard sur mon compte, et à moi-même sur le sien.
On y verra pourquoi, cherchant en vain la paix dans sa maison, il m’avait prié de ne plus le voir qu’en particulier, à des heures convenues, où cet homme, entravé dans les liens d’un esclavage domestique, était obligé de sortir en carrosse par sa grande porte, et de rentrer à pied chez lui par la basse-cour donnant sur le boulevard, pour être libre de me voir; circonstance invinciblement prouvée par la réponse même qu’il fait à cette lettre du 9 mars 1770, que j’ai rapportée plus haut.
« Quand voulez-vous que nous nous voyions? lui « demandai je à la fin, car je vous avertis que d’ici « là je ne ferai pas une panse d’A sur vos correc- « tions. »
A quoi il répond de sa main sur le même papier :
« Ce vendredi.
te Demain entre cinq et six heures. Si je n’y étais « pas, il faudra m’attendre, parce que je sortirai