‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 603 sur 803 · VOUS AVEZ RENDUS A LA CAUSE DE LA LIBERTÉ DE · texte numérisé non relu

VOUS AVEZ RENDUS A LA CAUSE DE LA LIBERTÉ DE

u l’amérique. D’après les scènes embarrassantes à « travers lesquelles vous avez eu à passer, vous « devez éprouver le plus grand plaisir de voir en-

boulets dans son corps, sans ceux qui mirent tous ses agrès en pièces J’eus le malheur d’y perdre le plus important, le plus brave de mes capitaLs, coupé eldeux par un boulet ramé; sans h ^ entière de ma flotte de onze navires, dont ce vaisseau était le convoyeur. Quand on en reçut la nouvelle à Versailles, M. de Mauiepas me dit que le roi, très-content du service de mon vaisseau de guerre, voulait savoir ce que je désirais : « De n’être jamais juge sans êUe , entendu, monsieur le comte; et je me croirai trop bien récom- « pensé.» Aussi disait-il fort souvent : «Voila le seul liomme ^qui « travaille et n’a jamais rien demandé. » J’espere bien qu ils vont crier que tout cela est eontrouvé : je les attends avec mes preuves.

MEMOIRES

« fin l’objet de vos travaux rempli, et qu’une « flotte française va mettre à la voile; ce qui con- « vaincra l’Amérique et le monde entier de la sin- « cère amitié de la France, et de l’absolue dé- (c termination où elle est de protéger la liberté, « l’indépendance de l’Amérique. Je vous félicite « de nouveau sur cet événement glorieux, auquel « vous avez contribué PLUS QUE TOUT AUTRE.

« Je suis avec respect, etc.

« Signé Silas Deane. »

Hélas! ce fut la fin de mes succès. Un ministre du département, à qui je montrai cette lettre, et qui m’avait traité jusqu’alors avec la plus grande bonté, changea de ton, de style tout à coup. J’eus beau lui protester que j’entendais ne rien m’approprier de cette gloire, et la lui laisser tout entière ; le coup était porté, il avait lu l’éloge : je fus perdu dans son esprit.

Ce fut pour lui ôter toute idée sur mon ambition, et conjurer l’orage, que je recommençai à m’amuser des frivoles jeux du théâtre, en gardant un profond silence sur mes grands travaux politiques; mais cela n’a rien amené.

Il est bien vrai qu’un an après, le congrès général, ayant reçu mes vives plaintes sur le retard de ses acquittements, me fit écrire la lettre suivante par l’honorable M. John Jay, son président, Je 15 janvier 1779 :

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