SIÉGEANT A PHILADELPHIE
A M. de Beaumarchais.
« Monsieur,
« Le congrès des États-Unis de l’Amérique, reconnaissant DES GRANDS EFFORTS QUE VOUS AVEZ faits en leur faveur, vous présente ses remerciments et l’assurance de son estime.
« Il gémit des contre-temps que vous avez soufferts pour le soutien de ces états. Des circonstances malheureuses ont empêché l’exécution de ses désirs ; mais il va prendre les mesures les plus promptes pour l’acquittement de la dette qu’il a contractée envers vous.
« Les sentiments généreux et les vues étendues qui seuls pouvaient dicter une conduite telle que la vôtre, font bien l’éloge de vos actions et l’ornement de votre caractère. Pendant que, par vos rares talents, vous vous rendiez utile à votre prînce, vous avez gagné l’estime de cette république naissante, ET mérité les applaudissements du nouveau
MONDE, etc.
« Signé John Jay, 'président. »
Si ce n’était pas de l’argent, c’était au moins de la reconnaissance. L’Amérique, plus près alors des grands services que je lui avais rendus, n’en était pas encore à chicaner son créancier, âme fatiguer
d’injustices, pour user, s’il se peut, ma vie, et parvenir à ne me point payer.
Il est encore très-vrai que dans la même année Je respectable M. de Jefferson, leur ministre en France aujourd’hui, et gouverneur alors de Virginie, frappé des pertes affreuses que la dépréciation de leur papier-monnaie me ferait supporter, si l’on avait l’injustice d’y englober mes créances, écrivit à mon agent général en Amérique, M. de Francy, en ces termes, le 17 décembre 1779 :
« Monsieur,
« Je suis bien mortifié que la malheureuse dépréciation du papier-monnaie, dont personne, je pense, n’avait la moindre idée lors du contrat passé entre le subrécargue du Fier Rodrigue 1 et cet état, ait enveloppé dans la perte commune M. de Beaumarchais, qui a si bien mérité de nous, et qui a excité notre plus grande vénération par